interview

"Je ne fais pas de folie mais je ne boude pas mon plaisir pour un bon menu ou un bon vin" (Olivier de Wasseige)

©BELGA

L'administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises répond à nos "Questions d'argent". "Le manque d’argent est souvent source de mal-être, mais on rencontre régulièrement des gens aisés qui ne sont pas heureux!"

Aimeriez-vous continuer à travailler au-delà de l’âge légal de la pension?

Je ne m’imagine pas arrêter de travailler, le travail est une drogue pour moi. Mais je lèverai évidemment le pied, pour voyager et/ou m’installer "part time" en Provence, une région coup de cœur!

Investissez-vous?

Oui, en équilibrant les niveaux de risque, que ce soit dans l’immobilier, les actions "traditionnelles", et bien sûr le capital à risque. Dans ce cas, rarement en direct, mais surtout via mon fonds Internet Attitude, qui permet de mutualiser le risque sur plusieurs dossiers, en bénéficiant de l’appui d’une belle équipe d’experts!

Olivier de Wasseige, qui êtes-vous?

55 ans/Administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises (UWE)/ Licencié et Maître en Informatique (UNamur)/ Il a fondé sa première société en 1999, l’agence web Defimedia, et a créé en 2010 le fonds Internet Attitude, qui investit dans des start-ups du secteur internet/Il a enseigné à l’UCL et dans plusieurs hautes écoles/Il a aussi été coach au Venturelab, l’incubateur étudiant-entrepreneur de HEC Liège/Il se détend grâce au tennis, au vélo, à la marche à pied et au bridge.

En parlant d’actions, avez-vous déjà fait une bonne affaire?

Oui, comme beaucoup de gens! Et on parle souvent des bonnes, alors qu’on tait toutes les mauvaises!

Si vous deviez réduire votre train de vie, quelles dépenses sacrifieriez-vous?

Aucune, je réduirais tout proportionnellement, sauf évidemment les frais pour les études de mes enfants. En outre, n’ayant pas de passion ou hobby coûteux, le sacrifice ne serait pas énorme, à l’exception des beaux voyages!

Avez-vous une collection?

Je possède plusieurs centaines de voitures de course, mais modèles réduits "1: 43", dont une soixantaine qui correspondent à des voitures pilotées par mon meilleur ami (Eric van de Poele, ndlr). Pour certaines, il s’agit de modèles quasi uniques, que je commande chez un artisan, et pour lesquels je regarde peu le prix.

Pensez-vous que le droit successoral doit être modifié?

En 5 chiffres
  • 16,4%: "En Wallonie, un jeune de 18 à 24 ans sur six est un ‘Neet’ (not in education, employment or training). C’est un nombre effrayant. Nous avons tous un devoir civique de contribuer à remédier à cette situation!"
  • 1986: "Annus horribilis malgré l’obtention de mon diplôme universitaire: il y a eu le service militaire, le décès de mon parrain (grand-père paternel) et surtout celui de ma marraine (grand-mère maternelle), que j’adorais, et chez qui je passais énormément de temps."
  • 90’: "La décennie marquante: je me suis marié, j’ai eu mes deux enfants et je suis devenu entrepreneur en 1999."
  • 10.000: "Environ le nombre de personnes que j’ai formées ou conscientisées aux impacts sociétaux et professionnels d’internet, comme professeur ou comme conférencier. C’est un plaisir de donner cours."
  • 3.482: "Le nombre de jours entre mon entrée en fonction comme administrateur-délégué de l’UWE, et l’âge de ma retraite! Je consacrerai toute mon énergie à contribuer au développement économique wallon et à promouvoir l’entrepreneuriat."

Il faudrait pousser la technique du saut de génération, qui permet aux petits-enfants d’hériter directement de leurs grands-parents car les enfants héritent de plus en plus tard de leurs parents, à un âge où ils en ont souvent moins besoin que quelques décennies auparavant. Évidemment il faut prévoir des règles, telles que l’accord des parents, et le respect de la réserve par parent "bypassé".

Quel est l’objet qu’il vous serait impossible de revendre?

Aucun, je ne suis pas du tout matérialiste. Cela dit, je tiens à une petite borne qui contient de la terre de l’Yser. Elle appartenait à mon grand-père. C’est un souvenir qu’ont reçu tous les soldats qui se sont battus là-bas. J’ai toujours été frappé que mon grand-père ait été volontaire à 16 ans et qu’il soit parti au front pour défendre son pays.

L’argent, source d’aliénation ou de libération?

Ni l’un, ni l’autre! Le manque d’argent est souvent source de mal-être, mais on rencontre régulièrement des gens aisés qui ne sont pas heureux! Pour moi, l’argent n’est pas une fin en soi, et l’"avoir" ne génère pas l’"être" ou le "paraître". Je ne comprends pas le style des personnes pour lesquelles le niveau et le mode de vie doivent refléter l’avoir. Ils passent d’ailleurs une bonne partie de leur temps à chercher à gagner toujours plus d’argent et à être malheureux de ne pas y arriver! Ce n’est pas mon cas!

"L’argent se gagne, ce qui lui donne sa valeur. Il faut éduquer nos jeunes à ce principe de vie, et leur apprendre à travailler pour gagner tout ou partie de l’argent dont ils ont besoin."
Le conseil

Lorsque vous avez commencé à gagner votre vie, quelle a été votre plus grande satisfaction?

Outre le plaisir d’acheter ce dont on a envie, la "source de libération", ce fut la satisfaction de ne plus vivre aux crochets de mes parents. Non parce qu’ils ne me donnaient pas assez, mais parce qu’ils m’avaient déjà beaucoup donné, que ce soit en matière d’éducation, de valeurs, du sens de la famille et du travail.

Que payons-nous encore trop cher à l’heure actuelle ou l’inverse?

En termes économiques, la réponse doit être nuancée: en 30 ans, en comparaison du salaire moyen, les prix des biens alimentaires ont peu augmenté, ceux du logement ont explosé et ceux des équipements électroménagers ont diminué et ce alors que le passage à l’euro ne donne pas cette impression, surtout pour les achats alimentaires. Personnellement, je considère que bon nombre de vêtements sont trop bon marché et non "fairtrade".

Acheteur averti ou impulsif?

Entre les deux. Je déteste perdre mon temps à tout et trop comparer, mais je ne suis pas non plus impulsif. En outre, j’achète peu de choses personnelles, et c’est en général toujours d’un bon rapport qualité/prix! Je ne fais pas de folie mais j’essaie juste ne pas bouder mon plaisir — mais toujours modérément — pour un beau menu et/ou du bon vin!

Dans son portefeuille: "Il n’y a pas plus classique que mon portefeuille. En dehors des documents basiques, comme la carte d’identité ou des cartes de banque, on y trouve une volée de souches. Mais aussi du liquide même si j’essaie de le consommer le moins possible pour ne pas devoir aller en rechercher. Je privilégie le paiement par carte." ©doc

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