"En Bourse, je suis un marathonien"

©Dieter Telemans

La stratégie de Régis Martinage que l’on appelle dans le jargon "buy and hold" n’est a priori pas la plus recommandée pour notre concours. Mais notre participant vedette prouve le contraire.

La mer est agitée sur les marchés financiers. Le retour de la volatilité a pris au dépourvu certains investisseurs. Mais Régis Martinage ne craint pas la houle. Ce membre d’un club d’investisseurs bruxellois a décidé de participer à notre concours à son rythme. En réfléchissant posément à chaque investissement. "En Bourse, je suis un marathonien, non un sprinteur qui doit être à l’affût quotidiennement des opportunités. Ce que j’appelle une sorte de ‘Vogelpik’". Même si le Rallye boursier a plutôt les allures d’une course de rapidité, la stratégie de Régis Martinage paye pour l’instant: il a pris la tête cette semaine parmi nos quatre participants vedettes, et est 615e du classement général.

L'avis du coach

Youri Huygen, analyste à l'investisseur

Une chose est claire, nos participants-vedettes au Rallye Boursier ont tous une approche différente dans la manière de composer leur portefeuille. Là où Maxime Lacrosse (betrader) propose un choix plutôt bon père de famille, le portefeuille de Stéphane Wuille (Krach Boom Hue) peut être qualifié de spéculatif vu la proportion assez importante de valeurs biotechs. Un choix qui, au vu des marchés boursiers actuellement orientés vers le bas, lui vaut provisoirement la dernière place dans le classement. Régis Martinage (RM), qui a une approche de type ‘buy and hold’, n’a effectué aucune vente jusqu’à présent. Contrairement à ses concurrents, Régis mise largement sur les américaines auxquelles s’ajoutent à peine deux valeurs belges (Exmar et Colruyt) au profil de risque totalement différent. Chapeau malgré tout à Régis d’avoir eu la bonne idée de prendre en portefeuille le groupe de distribution de Hal. Un choix audacieux alors que le marché attribue à Colruyt un objectif de cours – un target – d’à peine… 42,6 euros, soit près d’un tiers de moins que le cours actuel. Régis est donc le seul à avoir vu juste. Bravo.

La dernière opération de Régis remonte au 4 décembre dernier avec l’achat de titres Microsoft. Il est vrai qu’on est loin de connaître en Bourse une atmosphère de Noël paisible. Au cours de la semaine écoulée, presque chaque jour, les Bourses (européennes) ont monté ou baissé de plus de 1%. Ce qui est pour le moins volatil! Dans ces conditions, il est difficile de prendre position. Je comprends d’autant plus son importante position de cash.

La seule approche qui me chiffonne un peu, c’est ce poids identique (de 2.500 euros) octroyé à chaque valeur individuelle. Ce qui signifie en quelque sorte que toutes ses valeurs disposeraient du même potentiel de progression? On verra dans quelques semaines si cette approche était la meilleure…

Après quatre semaines de concours, son portefeuille virtuel est pourtant encore loin d’être rempli. Environ 55% restent encore en liquidité. "Ce qui est recommandé en période de volatilité", souligne cet investisseur averti. Et à part répondre au quizz quotidien, il n’a rien fait d’autre cette semaine. "Je préfère garder une partie en cash, en attendant, si possible, que le marché devienne plus stable."

Une préférence pour Wall Street

Entre-temps, il compte bien garder ses positions actuelles jusqu’au bout du Rallye boursier (c’est-à-dire le vendredi 25 janvier), à moins d’une catastrophe. "En période de volatilité, je deviens très sélectif et surtout fondamentaliste. (…) Toutes ces actions ont fait l’objet d’une profonde analyse, j’en veux pour preuve Colruyt. Elle se trouve dans mon portefeuille depuis le départ de votre concours". Le titre est d’ailleurs son premier placement pour le concours, avec un ordre d’environ 2.500 euros. Et grâce à solides résultats semestriels publiés mardi soir, il affiche actuellement le meilleur rendement au sein de son portefeuille virtuel.

On ne peut pas en dire autant pour Exmar, sa seconde action belge, qui pèse sur sa performance. Il y a investi environ 2.500 euros le 29 novembre dernier. Or l’action avait atteint ce jour-là son plus haut annuel après avoir annoncé quelques jours auparavant la conclusion d’un contrat avec la société énergétique argentine YPF pour l’utilisation de son unité flottante de liquéfaction de gaz Caribbean FLNG. Depuis lors, l’action essuie des prises de bénéfices. Mais cela ne semble pas inquiéter notre participant vedette. "Je trouve ces deux sociétés familiales (Colruyt et Exmar) très bien gérées, avec du potentiel à court, moyen et long terme."

Les autres actions qu’il détient dans son portefeuille virtuel sont toutes cotées à la Bourse de New York. Un marché que Régis Martinage maîtrise mieux. "Il me semble que ce marché est plus mature et a un plus grand potentiel". Il s’est d’ailleurs focalisé sur le secteur technologique avec Alibaba et Microsoft. Ainsi que le secteur pharmaceutique avec Abbott Laboratories, Eli Lillyet Walgreens Boots Alliance. À côté, on retrouve enfin le constructeur automobile Tesla (deuxième meilleur rendement dans son portefeuille) et l’assureur UnitedHealth Group. Toutes les positions ne représentent pas plus de 5% de son portefeuille, pour "diversifier les risques". "Il me plairait qu’une grande partie des actions dans mon portefeuille se retrouvent dans le vert. Six sur dix le sont pour le moment, et deux autres sont presque à l’équilibre. Wait and see…"

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