Prêt pour le Rallye Boursier?

©Dieter Telemans

Le Rallye Boursier de L'Echo démarre aujourd'hui. Nos quatre participants vedettes dévoilent leur stratégie: secteurs en vue, gestion du portefeuille, ils font le point avant le top départ... Prêt?

Les investisseurs sont dans les starting-blocks. Le coup de feu qui annonce le lancement officiel de l’édition 2018-2019 du Rallye Boursier – le concours boursier organisé par L’Echo/De Tijd – va retentir ce lundi. "Investir est normalement comparable à un marathon, alors que ce concours d’une durée de 10 semaines a plutôt des caractéristiques d’un sprint", prévient tout de go notre coach Youry Huygen, analyste pour le magazine spécialisé L’Investisseur.

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"Le Rallye Boursier, d’une durée de 10 semaines, a plutôt des caractéristiques d’un sprint."
Youry Huygen
L’Investisseur

L’objectif de cette course, qui se déroulera entre ce lundi 19 novembre 2018 et le 25 janvier 2019, est de familiariser les participants avec les placements en ligne en actions et en fonds, sans leur faire courir le moindre risque financier. Ils auront à leur disposition un portefeuille virtuel de 52.000 euros qu’ils pourront investir dans quelque 300 actions cotées sur plusieurs Bourses européennes et à New York, ainsi que 50 fonds différents. L’investisseur qui franchit en premier la ligne d’arrivée au bout des 10 semaines de concours remportera la somme de 10.000 euros (réels cette fois-ci). Pour y arriver, il faudra suivre de près l’actualité financière et économique, mais également "s’intéresser aux valeurs que l’on décide d’acheter", conseille Youry Huygen. Pour lui, il ne faut pas acheter "un chiffre", mais une entreprise. "C’est aussi un peu l’objet du concours."

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Quatre personnalités, déjà habituées des marchés financiers et de leur fonctionnement, participeront également au Rallye Boursier. Leurs noms: Maxime Corteil, président du Dow Jones Club, une association d’étudiants de l’HEC (École de gestion de l’université de Liège); Maxime Lacrosse, co-fondateur de Be Trader, une salle de marchés pour traders indépendants qui propose également des formations; Régis Martinage, membre du club d’investisseurs bruxellois Le Pactole; et enfin, Stéphane Wuille, journaliste à L’Echo.

Ils serviront d’exemples aux autres participants puisque leur portefeuille virtuel et sa performance seront analysés chaque semaine durant le concours. Et alors qu’ils se préparent dans les vestiaires, nous leur avons demandé quelle stratégie ils allaient mettre en place.

Celle de Maxime Corteil sera basée sur la gestion du risque. "Aujourd’hui, la gestion du risque a pris le pas sur la performance, l’alpha des actions. C’est pourquoi je compte investir à la fois dans des fonds et des actions", explique-t-il. Compte tenu de la courte durée du concours, le président du Dow Jones Club prendra toutefois plus de risque que s’il investissait réellement, en réduisant le nombre de lignes dans son portefeuille virtuel. Un bon point selon Youry Huygen. "Evitez d’avoir trop de lignes différentes en portefeuille. Car une ligne de 1.000 ou 2.000 euros ne fera jamais la différence dans votre portefeuille", recommande notre coach.

 

Décisions spéculatives versus vision long terme

De son côté, Maxime Lacrosse a décidé ne pas opter pour une stratégie spéculative, préférant choisir des actions qui présentent un potentiel de rendement intéressant par rapport au risque à moyen/long terme. "Pour gagner ce type de concours sur un court laps de temps, il serait nécessaire de réaliser une performance élevée en prenant des décisions spéculatives. Ce type de stratégie est réalisable mais, dans notre approche, il s’aborde nettement mieux avec d’autres produits que les actions. (...) Nous (les gérants de Be Trader) avons donc pris la décision d’orienter notre stratégie vers une sélection d’actions qui auraient du sens dans le cadre de la construction d’un portefeuille géré à plus long terme. Ceci dans l’optique de montrer la réflexion d’un gérant ‘actions’ derrière chaque sélection".

Maxime Corteil, Président du Dow Jones club "Au vu du contexte économique et politique actuel, nous risquons d’avoir un concours relativement mouvementé. Il faudra donc être attentif à pas mal de facteurs pour profiter au mieux des tendances des marchés." ©Dieter Telemans
Stéphane Wuille, journaliste à L’Echo "Je compte majoritairement me concentrer sur le marché bruxellois, qui est celui que je connais le mieux. Et puis je laisserai un peu de cash de côté pour saisir les opportunités." ©Dieter Telemans
Maxime Lacrosse, cofondateur de Be Trader "Dans le type de climat actuel, il faut manœuvrer très prudemment en faisant du stock picking et ne surtout pas être gourmand sur les gains. Ne pas hésiter à revenir liquide quelques jours pour mieux revenir ensuite." ©Dieter Telemans
Régis Martinage, membre d’un club d’investisseurs "Je surveille également la cyclologie boursière", discipline qui étudie et tente de prévoir les répétitions d’événements boursiers. "Comme le dit l’adage, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel." ©Dieter Telemans

Pour ce faire, il va orienter sa stratégie autour de plusieurs axes: construire un portefeuille relativement équilibré et diversifié, choisir des valeurs qui ont sous-performé ou surperformé par rapport à leur indice de référence et qui présentent un potentiel rendement/risque intéressant à long terme, acheter aussi des actions présentant un rendement dividendaire élevé par rapport à un potentiel de volatilité faible, s’aider de l’analyse fondamentale en examinant les états financiers des entreprises sélectionnées, mais également de l’analyse technique en se basant sur des graphiques de cours.

Une approche partagée par Régis Martinage, qui privilégie dans la vie réelle les actions "bon père de famille", c’est-à-dire les actions d’entreprises bien dirigées. "La gouvernance est très importante pour moi", explique-il. "En tant qu’investisseur privé, j’opte pour une stratégie ‘buy and hold’ (qui consiste à acheter des actions et les garder en portefeuille pendant une durée relativement longue, NDLR), à l’image de grands investisseurs comme Warren Buffett ou Martin Zweig. Leur slogan: ‘investir judicieusement est une question de timing’. Il faut prendre le temps de bien analyser les actions dans lesquelles on souhaite investir". Une approche toutefois difficile à mettre en place sur seulement dix semaine. "Le ‘buy and hold’ est une belle technique à exploiter dans la vraie vie. Mais dans le cas de ce concours, il sera peut-être préférable de prendre de temps en temps son bénéfice… ou de couper sa perte", confirme Youry Huygen.

D’ailleurs, comment nos participants vedettes comptent-ils gérer leurs bénéfices et leurs pertes? Maxime Corteil ne s’est pas encore fixé de limite, de seuil à la hausse ou la baisse qui l’incitera à vendre ses actions. "L’important sera d’analyser la raison de l’envolée d’un titre et voir si celle-ci est vouée à continuer ou ralentir." Régis Martinage s’aidera lui de l’analyse graphique. "Si je sens que l’action est dans une tendance haussière, je vais la garder en portefeuille." De son côté, Stéphane Wuille compte laisser filer au maximum la tendance positive qui pourrait soutenir une action.

Mais il reconnaît que ce ne sera pas facile car il lui arrive de vouloir engranger trop tôt ses bénéfices. "L’an dernier, une prise de bénéfice beaucoup trop rapide sur une biotech m’a fait passer à côté d’une plus-value très conséquente", se souvient-il. Par contre, pour les pertes, pas question de se montrer trop optimiste et espérer un rebond. Notre journaliste ne va pas hésiter à "trancher dans le vif".

Les biotechs feront-elles encore la différence?

©Ardena

Cette année, il compte privilégier, à ce stade, une approche agressive et donc assez risquée. "Je vais, à nouveau, tenter ma chance avec quelques biotechs belges qu’il faudra trier sur le volet. Mais prudence tout de même car les bouillons ne sont pas rares dans ce compartiment." On se souviendra que Mia Gevers, la grande gagnante de la précédente édition du Rallye Boursier, avait investi à fond dans les titres biotechnologiques comme argenx , Ablynx   ou encore TiGenix  . Ces deux dernières sociétés avaient d’ailleurs fait l’objet d’une offre publique d’achat (OPA) en plein concours! Ce qui avait fait s’envoler leur action en Bourse, et la performance de nombreux participants.

Connaîtrons-nous la même situation pendant cette nouvelle édition? Qui sait. Notre coach Youry Huygen se montre cependant sceptique. "Certaines de ces valeurs offrent certes encore du potentiel, mais faire mieux que l’année passée relève du défi." Dans tous les cas, Stéphane Wuille a l’intention de se concentrer majoritairement sur le marché bruxellois. "C’est celui que je connais le mieux", dit-il. "Mais des positions dans quelques poids lourds américains ou européens ne sont pas à exclure. Et puis je laisserai un peu de cash de côté pour saisir les opportunités."

Si Maxime Corteil va également s’intéresser au secteur de la biotechnologie, il aimerait par ailleurs axer son portefeuille sur le thème de l’évolution technologique en investissant soit dans des entreprises qui sont épargnées par ces bouleversements – il cite Burberry  ou LMVH  comme exemples – soit dans des sociétés qui en profitent comme les géants de la technologie que sont Amazon , Alibaba , Facebook  , etc. "Mais encore une fois, mes choix se feront d’abord dans une optique de gestion optimale du risque", précise-t-il.

"On pourra sans doute profiter du fameux ‘rally de janvier’, pour autant qu’aucun cygne noir ne vienne tendre son cou."
Stéphane Wuille
L’Echo

Côté fonds, il souhaite s’orienter vers les fonds ISR (pour "investissement socialement responsable"). "On remarque aujourd’hui un certain engouement pour ce genre de fonds qui, qui plus est, performent très bien ces derniers temps." Et d’ajouter: "Une part importante de mes investissements se fera en fonction de probables événements relatifs à certaines sociétés, qui pourraient impacter positivement certains titres. Le lancement de nouveaux produits, un brevet, une fusion ou acquistion… Il reste toutefois une part d’imprévisible car il n’y a aucune certitude que ces événements vont réellement arriver et qu’ils vont impacter positivement le titre."

À l’heure d’écrire ces lignes, Maxime Lacrosse et Régis Martinage ne savaient pas encore précisément dans quelles actions ils investiront durant le concours. "Nous pourrions éventuellement envisager l’une ou l’autre prise de risque à plus court terme, avec des décisions d’ordre plutôt technique ou en rapport avec une annonce attendue (résultats d’une étude biotech ou décision des autorités sanitaires, etc.) ou des rumeurs d'OPA par exemple, mais ceci avec un pourcentage mesuré du capital", indique Maxime Lacrosse.

Le climat géopoliltique actuel – avec le Brexit ou encore le budget italien – rend difficile la préparation optimale d’une stratégie. Si les participants de la précédente édition du Rallye Boursier ont profité d’une belle hausse des marchés, nous pourrions connaître cette année une tendance plus volatile. Pour Stéphane Wuille, trois choix s’offrent donc aux coureurs 2018-2019. "Soit on s’attend à des mois difficiles sur les marchés et il faut donc se positionner sur des secteurs défensifs. Dans cette optique, Euronext Bruxelles regorge de valeurs immobilières, les fameuses SIR, ou de holdings diversifiés (GBL , Ackermans & van Haaren , Brederode  …). Les plus pessimistes peuvent aussi rester 100% en cash... mais il leur sera difficile de gagner le concours comme ça, je pense. Soit, on table plutôt sur une période favorable et on mise sur des actions de croissance."

Notre coach Youry Huygen estime cependant que plusieurs périodes pendant le concours seront propices aux actions. Il rappelle que les mois de novembre et décembre sont riches en "Journées de l’Investisseur". "Lors de ces ‘Capital Markets Days’, les entreprises dévoilent leur stratégie pour les mois/années à venir. Ces journées sont des potentiels catalyseurs de cours." Stéphane Wuille ajoute de son côté que l’on pourra sans doute profiter du fameux "rally de janvier". "Pour autant qu’aucun cygne noir ne vienne tendre son cou", précise-t-il.

Une gestion très active du portefeuille

©Dieter Telemans

Nos quatre participants vedettes comptent bien se rendre tous les jours sur la plateforme du Rallye Boursier (www.rallyeboursier.be), pour surveiller l’évolution des marchés financiers et de leur portefeuille virtuel, et potentiellement adapter certaines positions. Il n’est toutefois pas question d’y effectuer des opérations à chaque fois. Ce que conseille d’ailleurs Youry Huygen. "Il faut limiter les transactions, vu les frais à payer pour chaque achat et vente." Il signale également que répondre au quizz journalier peut augmenter sa réserve de cash, 4.700 euros au total. Cela permet parfois de faire la différence à la ligne d’arrivée...

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