200 milliards d'euros pour la transition énergétique

Entre 2010 et 2018, le coût de l'éolien onshore a baissé de 34%.

Réussir la transition énergétique suppose un cadre réglementaire stable et prévisible, ainsi qu’une approche cohérente en matière de fiscalité, de subsides et de normes.

C’est une première qui est appelée à se répéter tous les ans: le rapport annuel de la Banque nationale comporte un chapitre sur le climat. À cet égard, le gouverneur Pierre Wunsch lance un avertissement: "Le green deal va coûter de l’argent." Il renvoie à l’engagement pris par l’Union européenne pour atteindre la neutralité climatique en 2050. "La BNB y souscrit totalement, mais c’est une ambition très importante. Cela nécessite une adaptation majeure des modes de production et de consommation."

Nous ne sommes pas loin d’une production compétitive d’énergie verte.
Pierre Wunsch
Gouverneur de la Banque nationale

Le charbon et le pétrole seront à terme bannis. Le gaz aussi, alors que, jusqu’il y a peu, il était encore encouragé en tant qu’énergie relativement propre. Ceci étant, le gouverneur se déclare "assez optimiste au sujet des technologies". Il observe que les filières de production d’énergie verte sont de plus en plus compétitives. Ainsi, entre 2010 et 2018, le coût de production de solaire photovoltaïque a chuté de 77%, l’éolien offshore de 20% et l’éolien onshore de 34%. "Nous ne sommes pas loin d’une production compétitive d’énergie verte", se félicite Pierre Wunsch.

Subsiste cependant le problème de l’intermittence de la production, là où les centrales nucléaires, qui en 2019 assuraient encore 48% de notre production totale d’électricité, fonctionnent en 24/7. Pour répondre au défi de l’intermittence de la production, il faudra optimiser l’interconnexion du réseau belge avec les pays voisins.

"Qui va supporter les coûts?"

L’argent est là, les taux sont bas, mais qui va supporter les coûts?
Pierre Wunsch
Gouverneur de la Banque nationale

La transition énergétique nécessitera du temps et de l’argent. Beaucoup d’argent. À l’échelle du pays, il faut compter 200 milliards d’euros pour réaliser la transition énergétique"L’argent est là, les taux sont bas, mais qui va supporter les coûts?" demande Pierre Wunsch. C’est là qu’intervient la dimension sociale. Le gouverneur cite l’exemple de l’isolation des habitations. "Pour rendre une maison neutre en carbone, il faut compter 40.000 à 60.000 euros d’investissement. Tout le monde n’a pas les moyens de mettre un tel montant sur la table."

L’important à ses yeux est d’envoyer des signaux ou des incitants aux agents économiques pour mobiliser ces 200 milliards d’euros et que les investissements soient réalisés. Cela suppose que les pouvoirs publics assument un rôle de pilotage dans un contexte technologique incertain. Cela suppose aussi un cadre réglementaire stable et prévisible, ainsi qu’une approche cohérente en matière de fiscalité, de subsides et de normes. Or l’éclatement des compétences énergétiques et environnementales entre les différents niveaux de pouvoir ne facilite pas les choses.

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