Quelques chiffres ne manquent pas d’interpeller. L’an dernier, le solde budgétaire belge s’est révélé plus négatif qu’avant le déclenchement de la crise économique et financière de 2007-2008.

Cette semaine, le sentiment d’urgence a subitement grimpé de plusieurs crans. L'agence européenne de notation Scope Ratings a lancé un petit avertissement à la Belgique vu son immobilisme politique et budgétaire. Certains patrons commencent aussi visiblement à s'impatienter et, de son côté, la Commission européenne désire pouvoir dialoguer avec un gouvernement de plein exercice doté d'un vrai projet de budget pour l'avenir. 

Il ne faudrait quand même pas que la Belgique commence à ressembler à de mauvais élèves budgétaires, comme l'Italie.

La Banque nationale de Belgique, gardienne de la stabilité, y va aussi de son petit couplet. À l’occasion de la présentation du rapport annuel, Pierre Wunsch a parfaitement endossé ses habits de gouverneur. Les mots sont précieusement choisis. Bien entendu, il espère que l’on puisse former rapidement un gouvernement. Mais si cela ne devait pas être possible, il faudrait commencer à réfléchir à ce que peut faire un gouvernement en affaires courantes en matière budgétaire

Dans le rapport, quelques chiffres ne manquent pas d’interpeller. L’an dernier, le solde budgétaire s’est révélé plus négatif qu’avant le déclenchement de la crise de 2007-2008. En réalité, notre pays n’a plus connu d’amélioration budgétaire depuis deux ans. Et ceci en dépit du recul quasi constant des charges d’intérêt, avec des taux à 10 ans tombés en territoire négatif.  

Il est donc temps de corriger le tir. Mais comment procéder? La BNB constate que du côté des recettes, il n’y a quasiment plus de marge disponible en raison de la pression fiscale déjà élevée. Une petite phrase qui sera sans doute diversement appréciée dans le monde politique. En matière de dépenses publiques, elle souligne, à juste titre, qu'il s’agit d’accorder la priorité à des catégories de dépenses susceptibles de renforcer la croissance, comme des investissements en infrastructures. Ici aussi, les chiffres sont parfois cinglants: la Belgique fait partie des pays de la zone euro affichant les dépenses publiques primaires les plus élevées. Quant au rythme de désendettement, il s’est essoufflé et a été moins rapide qu’en moyenne dans la zone euro. 

Il ne faudrait quand même pas que la Belgique commence à ressembler à de mauvais élèves budgétaires, comme l'Italie. 

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