La disette continue chez Telenet, les actionnaires boudent

John Porter, CEO de Telenet. ©BELGA

Après quatre exercices de vaches maigres, les actionnaires de Telenet espéraient, enfin, recevoir un beau dividende. La chute de l'action fut à la hauteur de la déception.

Début de séance calamiteux pour Telenet ce matin en Bourse de Bruxelles. Le titre chutait de 13% à l'ouverture pour toucher un plus bas de 53,35 euros dans la foulée de la publication de ses résultats 2017 avant de se reprendre quelque peu. Ce ne sont pas ceux-ci qui sont en cause. Globalement, ils ne dévient pas trop des attentes des analystes sauf, peut-être, le bénéfice net qui s’affiche bien en deçà du consensus.

Le bon temps des réductions de capital

C’est au niveau du coupon que le bât blesse. Après quatre années d’abstinence, les actionnaires du câblo-opérateur flamand espéraient enfin qu’une partie du bénéfice soit distribué. Certains évoquaient même le scénario d’un super-dividende comme celui attribué en mai 2013-le dernier en date- de 7,90 euros brut par action. Par le passé, Telenet a démontré qu’il pouvait déployer son imagination financière pour contenter ses actionnaires et même leur éviter de payer un précompte mobilier par le biais de réductions de capital.

Et donc ce matin, le déception fut au rendez-vous. Pas de dividende annoncé. Les administrateurs du groupe contrôlé par l’Américain Liberty Global (qui publie, à son tour, ses résultats ce mercredi) ont décidé de ne pas décider. Mais cela ne veut pas dire que l’idée de récompenser à nouveau les détenteurs de titres est abandonnée. Dans son communiqué, Telenet précise bien qu’il n’a "pas décidé sur une ou autre forme de distribution (…). Il continuera d’étudier des distributions aux actionnaires potentielles dans le cours de l’année". Partie remise ou annulée ? Il faudra encore patienter pour le savoir.

Objectif de cours moyen à 65,76 euros

Ruben Devos, analyste chez KBC Securities estime que le programme d’investissement étonnement élevé et la redéfinition du cadre de l’endettement "pourraient avoir conduit à la décision de ne pas distribuer de dividende en cash pour l’exercice 2017 alors qu’il était hautement anticipé par le marché." Il reste à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 55 euros.

Stefaan Genoe de Degroof Petercam s’attendait, par exemple, à un dividende de 5,5 euros. "La distribution aux actionnaires semble postposée à plus tard cette année", écrit-il. Il n’en reste pas moins à "acheter" sur la valeur avec un objectif de cours de 68 euros. " Malgré les prévisions plus basses que prévu, nous maintenons notre avis à acheter. La baisse confirmée des investissements en 2019 est l’un des éléments clés de la forte croissance que nous attendons au niveau du cash-flow libre en 2019-2020 qui est le moteur principal de notre vision positive."

Parmi les analystes recensés par Bloomberg qui suivent la valeur, 13 conseillent un achat, 7 recommandent de la conserver et un seul de la vendre. L’objectif de cours moyen atteint 65,76 euros avec un plus haut de 79 euros (Goldman Sachs) et un plus bas de 50 euros (Raymond James).

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