L'année du dollar, contre toute attente

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Seul le yen parvient à dégager une performance supérieure à celle du dollar cette année. L’euro a perdu plus de 5% face au billet vert, qui a servi de refuge aux investisseurs.

Le dollar s’est avéré cette année la devise qui a profité le mieux de la tendance sur les marchés. Il a progressé face à toutes les autres devises depuis le début de l’année, à l’exception du yen, qui progresse de 1,91% face au billet vert. L’euro a lui lâché plus de 5% face au dollar. La monnaie américaine a en outre déjoué les prévisions du consensus des analystes, qui estimaient qu’elle allait reculer face aux autres monnaies en 2018. Mais depuis quelques années déjà, la direction du dollar a contredit les attentes du marché. En 2017, le billet vert avait chuté de 10% face à un panier de devises de référence, contre toute attente.

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La progression du dollar s’est accentuée à la fin de l’année. Comme l’a montré le dernier sondage de Bank of America/Merrill Lynch auprès des gestionnaires de fonds, le billet vert a été massivement recherché à la fin de l’année, alors que durant les dix premiers mois de 2018, les Faang (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google) ont été les titres les plus prisés par les investisseurs.

Contrairement à ce qui était attendu, la politique de resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine, qui a relevé quatre fois ses taux d’intérêt en 2018, a profité au billet vert. Ceci a provoqué les critiques du président américain Donald Trump, qui estime que la politique monétaire de la Fed entrave la croissance économique américaine.

Mais derrière la remontée du billet vert se trouve surtout l’aversion au risque des investisseurs. Dans un tel contexte, les actifs refuges sont recherchés. Le dollar a servi de refuge, plus que l’or, cette année. Le yen, et le franc suisse ont également profité de leur statut de refuge, même si face au dollar, le franc suisse a perdu 1,53% depuis le début de l’année.

Des vents défavorables

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Les autres devises ont elles pâti des conditions de marché défavorables. Le dollar canadien et le dollar australien, liés à l’évolution du cours des matières premières, ont reculé face au dollar alors que le cours des matières premières s’est replié, sur fond de ralentissement de la croissance économique mondiale, et des craintes liées aux tensions commerciales. La livre turque et le peso argentin ont eux particulièrement souffert des problèmes de financement externe de la Turquie et de l’Argentine. Les autres devises des pays émergents accusent aussi un fort recul face au dollar cette année. Le peso mexicain recule lui moins fort que les autres devises des pays d’Amérique latine face au billet vert. La banque centrale mexicaine a été contrainte, parallèlement, de relever ses taux d’intérêt à 8,25%, leur plus haut historique, pour combattre l’inflation.

L’euro a lui souffert des tensions politiques dans la zone euro. Le bras de fer entre le nouveau gouvernement italien et l’Union européenne à propos du budget italien a refroidi les investisseurs. À cela sont venues s’ajouter les mesures du gouvernement français, prises pour calmer le mouvement des gilets jaunes. Ces mesures vont alourdir le déficit budgétaire du pays. Les récentes données économiques de la zone euro n’ont pas non plus rassuré les investisseurs. Toutefois, les stratégistes estiment que l’euro pourrait être la devise de 2019. Morgan Stanley prédit un euro à 1,31 USD d’ici la fin de l’année, mais la banque figure parmi les plus optimistes du consensus. Tous n’approuvent pas. Chez Allianz, Neil Dwane souligne que l’euro peut encore baisser car la Banque centrale européenne pourrait ne pas relever ses taux d’intérêt en 2019.

Placements
Lourde chute des cryptomonnaies

Un placement de 10.000 dollars en bitcoin à la fin de l’année 2017 vaudrait aujourd’hui un peu plus de 2.500 dollars (2.192 euros). La chute a été vertigineuse pour le bitcoin et les autres cryptomonnaies cette année, piégeant de nombreux particuliers qui y avaient parfois investi toutes leurs économies en espérant rapidement doubler, ou plus, leur mise. Fin 2017, le bitcoin avait touché un sommet historique à près de 20.000 dollars (19.511 dollars). Il a chuté de 80% depuis ce sommet. Non seulement la valeur du bitcoin a chuté, mais sa hausse en 2017 avait conduit des particuliers à placer leur argent dans des plateformes qui se sont avérées des fraudes. La FSMA, autorité belge des marchés financiers, publie régulièrement une liste des arnaques aux cryptomonnaies, et constate que celle-ci s’allonge.

Toutefois, à 3.797 dollars actuellement, le bitcoin se trouve toujours 290% plus haut qu’au début de l’année 2017. Dans l’histoire de la cryptomonnaie, celle-ci a déjà connu plusieurs bulles qui ont éclaté, et elle s’en est remise.

L’année 2018 a été marquée par des tentatives de régulation à travers le monde. Des pays ont interdit l’utilisation des cryptomonnaies. La Chine a interdit les initial coin offerings, levées de fonds en cryptomonnaie, et a fermé des plateformes de transactions en devises virtuelles. 2018 a surtout été marquée par des ventes massives.

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