Souriez, Sharingbox collecte vos données

©RV DOC

Une petite photo entre amis ou entre collègues? Un geste bien innocent et plutôt fun mais surtout une vraie mine d’or pour les entreprises en quête de trafic internet, d’e-reputation ou d’ambassadeurs de marques. Portrait de la start-up belge qui a transformé l’expérience photo en un redoutable instrument de marketing.

Sharingbox, c’est une petite boîte qui n’a l’air de rien comme ça mais qui cache en son sein un puissant outil marketing. Durant ces 5 dernières années, il est pratiquement impossible que vous ne vous soyez pas fait tirer l’un ou l’autre portrait par ce photomaton version 2.0 à l’occasion d’un mariage ou lors d’un événement corporate.

La start-up belge a débuté ses activités en 2012 avec un capital de 20.000 euros, apporté par deux amis de longue date. "Sharingbox, ça partait un peu d’une blague avec mon meilleur ami, Marc Elkiner. À l’école, j’étais le cancre, lui c’était le bon élève. Avant de créer la société, j’ai été chasseur de tête pendant 7 ans. Marc était directeur commercial chez Groupon France. Quand je lui ai proposé de monter dans l’aventure, sa mère m’a appelé et m’a dit: qu’est-ce que tu fais à mon fils, il a une belle carrière, ne viens pas tout foutre en l’air!", s’amuse Sidney Valenta.

©sharingbox

À ses débuts, Sharingbox, c’est un appareil et un mécanisme intégré dans un coffret en bois produit par un designer en Belgique. La box prend des clichés, les imprime et les envoie par email mais on comprend vite que ce n’est que le sommet de l’iceberg. La scale-up n’aurait jamais atteint les 15,9 millions de chiffre d’affaires en 2017 si elle s’était limitée à réinventer le photomaton. "Lorsque j’étais recruteur, l’un de nos plus gros clients, c’était Viangro. En les aidant à trouver de grosses pointures IT pour travailler chez eux, l’idée m’est venue que si ces profils pouvaient faire la promotion de leur job chez Viangro, on pourrait créer des "Brand Ambassadors". ING et Deutsche Bank, où je travaillais comme freelance à l’époque, avaient aussi mis en place une politique de recommandation au sein de son personnel. On a voulu faire la même chose avec des photos", résume Sidney Valenta.

Entre la photo et sa livraison, un monde de possibilités

Initialement donc, Sharingbox a été créé pour aider au recrutement en créant des ambassadeurs de marques et ne visait que le marché du BtoB. "On est présent dans le privé pour les mariages, les anniversaires ou les fêtes de famille. Mais d’autres le font aussi et ce n’est clairement pas notre fonds de commerce", commente Sidney Valenta. Assez rapidement, l’engouement suscité par cette petite boîte force les deux amis à miser sur le développement de la technologie en interne. Tout s’accélère après l’installation d’une boîte chez Dior, puis chez Century 21 qui voulait attirer des clients lors de l’ouverture d’une nouvelle agence.

"On s’est rendu compte de la puissance de la box lorsqu’on a vu la file de gens qui attendaient pour faire une photo. Entre le moment où la photo est prise et sa livraison, on peut pratiquement faire ce qu’on veut", explique Sidney Valenta. Le fondateur de Sharingbox identifie quatre besoins des entreprises: collecter des données via les adresses emails, créer des ambassadeurs de marques, générer du trafic et augmenter la visibilité sur les réseaux sociaux.

Success story belge

En février 2013, Sharingbox ouvre un bureau à Paris. Cette année-là, la société enregistre un chiffre d’affaires de 2,4 millions d’euros. L’année suivante, l’ancien CEO de Red Bull, Selim Chidiac, entre au capital de la société. Sharingbox ouvre des bureaux en Allemagne et aux Pays-Bas et dépasse les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mais la box fait parler d’elle bien au-delà des frontières européennes. En 2015, elle s’installe aux Etats-Unis. En seulement trois ans, la box a séduit 18 pays et de nombreuses marques comme Nike, New Balance, ING, Burberry… Autant de partenaires prestigieux qui leur ouvrent les portes du marché global.

Sidney Valenta
  • Né en décembre 1981, Sidney Valenta a étudié le commerce international à l’Ephec à Bruxelles.
  • Il débute comme consultant en recrutement chez Computer Future Solutions, puis chez Volt Europe et iStorm.
  • Père de deux enfants, il fonde Sharingbox en 2012. Cinq ans plus tard, le chiffre d’affaires de la société atteint 15,9 millions d’euros et emploie plus de 260 personnes à travers le monde.
  • Début 2018, Sharingbox est présent dans 22 pays et lance sa propre régie publicitaire.

Aujourd’hui, malgré le succès et l’internationalisation, la box est toujours fabriquée en Belgique. "Tout est absolument belge. Notre siège social est à Bruxelles et détient 100% des parts de nos bureaux aux Etats-Unis, en Allemagne, en France ou encore en Suisse. Dans les pays plus "exotiques" comme le Maroc, le Guatemala ou le Panama, nous avons des distributeurs, ce qui porte le nombre total de personnes dans le projet à 263", se réjouit Sidney Valenta. Depuis le début de l’aventure, Sharingbox se différencie avec succès de la concurrence en développant tout en interne et en se positionnant comme le lien entre le physique et le digital dans le brand marketing.

Et maintenant une régie publicitaire

Forte de son expérience en brand marketing et CRM, Sharingbox va désormais lancer sa propre régie publicitaire "Sharingbox Media" qui combine les avantages de l’affichage "out of home" et du monde du digital. "Le message peut être répété et va directement à la rencontre du public cible, explique Sidney Valenta. Et en aval, Sharingbox Media fournit une analyse très poussée: nombre de personnes ayant vu le message, combien de fois et taux de transformation. Tout en récupérant les adresses email au passage.

Concrètement, les lieux publics comme les bars, les restaurants ou les hôtels, peuvent désormais disposer gratuitement d’une box dans leur établissement à condition d’accepter qu’un annonceur l’utilise périodiquement pour une campagne de marketing. Le consommateur reçoit sa photo à l’effigie de l’annonceur par mail et de façon personnalisée. Comme il a précisément demandé à la recevoir, le taux d’ouverture est maximal.

À l’heure actuelle, plus de 70 bornes sont implantées dans Bruxelles et en Wallonie. Le déploiement de la Flandre débutera en janvier. À plus long terme, Sharingbox ne cache pas son ambition de faire évoluer sa structure vers un holding avec des départements spécifiques et une offre globale pour répondre aux besoins de plus en plus diversifiés de ses clients.

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