"Que l'on s'appelle Carlos, Hitler ou Abdeslam, le droit s'applique autant que si l'on s'appelle Mère Teresa"

Le procès de la fusillade de la rue du Dries à Forest, qui avait débuté lundi s'est achevé ce jeudi, sans le principal prévenu, Salah Abdeslam. Malgré l'absence de son client, Sven Mary a plaidé pour son acquittement, invoquant une erreur de procédure dans l'emploi des langues.
  • Le point sur la deuxième journée du procès

    • Me Sven Mary demande la nullité des poursuites et donc l’acquittement de Salah Abdeslam. L’avocat se base sur l’article 12 de la loi de 1935 sur l’emploi des langues. À l’origine du dossier, le doyen des juges d’instruction antiterroristes de Bruxelles, le néerlandophone Patrick De Coster, a rédigé en français (ce qui n'est pas permis) une ordonnance pour désigner la juge Isabelle Panou en tant que responsable du dossier. Un problème "belgo-belge", selon les termes de Me Mary, qui justifie, selon lui, la mise à bas de toute la procédure, ainsi que l’exprime la loi sur l’emploi des langues. "Autant les parties civiles que le parquet fédéral ont semblé nous prendre pour de piètres juristes, Me Romain Delcoigne et moi", a fanfaronné le pénaliste, qui s’est ensuite adressé au tribunal: "Je vous demande de prendre vos responsabilités". Le parquet fédéral n’a pas dit un mot sur ce point, ni pendant son réquisitoire, ni durant les répliques. Me Tom Bauwens, avocat de policiers membres des Unités spéciales a considéré: "qu’on ne vienne pas écrire ‘Rebondissement au procès Abdeslam’ quand on a une lecture partielle des textes". Le tribunal devra répondre à cette question dans son prononcé.
    • La question du caractère terroriste des faits. La défense de Salah Abdeslam estime que rien dans le dossier ne permet de montrer que la circonstance aggravant de "caractère terroriste" peut être retenue. "Il y a infraction à caractère terroriste quand il y a volonté de nuire gravement aux institutions et au fondement de l’Etat (…) La seule question à se poser est de savoir si, lorsque Mohamed Belkaïd ouvre le feu sur les policiers, son intention est d’intimider gravement la population." Plus loin, il poursuit: "On ne doit regarder que lecadre de la fusillade, qui relève de la spontanéité. Ce n’est pas un acte terroriste."
    • Belkaïd, l’unique tireur? Me Sven Mary dit s’appuyer sur le rapport balistique de l’expert, les déclarations des policiers et l’emplacement des douilles de kalachnikov pour affirmer que Mohamed Belkaïd, le djihadiste tué lors de l’assaut, a été le seul tireur, et qu’il a ouvert le feu avec deux kalachnikovs. "Il ressort des auditions des policiers qu’un seul tireur a été aperçu", précise l’avocat. L’arme retrouvée dans une cour intérieure, rue de l’Eau, a été la première à tirer selon lui – ce qui nie le parquet fédéral, pour qui on n’en sait rien.
    • Un Abdeslam qui fuit. Selon Me Mary, Salah Abdeslam a connu trois épisodes majeurs: les attentats de Paris de novembre 2015, la fusillade de la rue du Dries et son arrestation trois jours plus tard, rue des Quatre-Vents, à Molenbeek. Trois événements durant lesquels il n’a attaqué personne. "Il aurait pu prendre un couteau, à tout le moins, pour devenir ce martyr qu’il souhaite être? Non!"
    • Il fustige la "folie médiatique". Pour Me Mary, s’adressant à la présidente Marie-France Keutgen, le procès a été "pollué par tout ce que vous avez vu, lu, entendu sur Salah Abdeslam, avant même que celui-ci ne soit attrapé." Il fustige "la folie médiatique, sociétale, sécuritaire qui entoure le procès", lui qui a souvent su jouer des médias. "Je vous demande de juger Abdeslam comme vous jugerez Dupont", clame-t-il.
    • Rendez-vous le 29 mars. L’audience a été mise en continuation à dans deux mois pour entendre l’avocat de l’association de victimes des attentats, V-Europe, qui s’était constituée partie civile trop tard pour intervenir dans le dossier. C’est ce jour là que l’on connaîtra la date du prononcé du jugement.

    Julien Balboni

  • L'audience est levée

    → Rendez-vous le 29 mars pour la continuation et la date du prononcé.

  • "Mon avocat a tout dit, je n'ai plus rien à ajouter"

    Sofiane Ayari pour le dernier mot : "Mon avocat a tout dit, je n'ai plus rien à ajouter". La présidente tente de le relancer. Lui: "rien".

  • Les débats sont mis en continuation au 29 mars prochain en ce qui concerne la partie civile V-Europe. Soufiane Ayari ne souhaite pas être présent ce jour-là.

  • "Que l'on s'appelle Carlos, Hitler ou Abdeslam, le droit s'applique autant que si l'on s'appelle mère Theresa"

    Me Delcoigne, avocat de Salah Abdeslam, relève qu'"il n'y a pas eu un mot du parquet fédéral sur l'emploi des langues."

    "On nous dit qu'il ne faut pas isoler la fusillade? La période infractionnelle (le 15 mars 2016) et la réponse", poursuit-il, avant d'ajouter: "Que l'on s'appelle Carlos, Hitler ou Abdeslam, le droit s'applique autant que si l'on s'appelle mère Theresa"

    "Comment juger l'injugeable, comment juger l'ennemi public numéro 1?", demande-t-il.

  • "C'est la fusillade de Forest qu'il faut juger"

    Isa Gultaslar, avocat de Soufiane Ayari: "On vous jette les autres dossiers à la tête... est-ce qu'on a dit qu'Ayari n'avait pas des idées radicales?"

    "A partir du moment ou l'on extrait la fusillade de Forest de reste, c'est cela qu'il faut juger", explique Me Gultaslar qui persiste sur le caractère qu'il estime non-terroriste des faits de la fusillade de Forest, concernant son client.

  • "Ce n'est pas un drapeau d'Anderlecht, hein, mais un drapeau de Daech"

    "Le drapeau? C'est pas un drapeau d'Anderlecht, hein, mais un drapeau de Daech. Mais il n'y a pas de contexte terroriste", ironise Me Bauwens.

  • "La défense ne veut pas un jugement qui soit en lien avec les autres dossiers, c'est de la tactique"

    Au tour de Me Bauwens qui, lui, va répondre sur la procédure et l'article 12 de la loi sur l'emploi des langues. "Le juge d'instruction en matière de terrorisme sur le territoire d'Eupen est celui de la Cour d'appel de Liège, qui est donc francophone. Qu'on ne vienne pas écrire 'Rebondissement au procès Abdeslam' quand on a une lecture partielle des textes!", dit-il en se prenant à un journal qui a titré ainsi son live sur le procès.

    Sur la volonté de la défense de faire sauter la circonstance aggravante de "contexte terroriste", Tom Bauwens clame que "la défense ne veut pas un jugement qui soit en lien avec les autres dossiers, c'est de la tactique."

    "Quand̀ Krayem et Abrini parlent du contexte terroriste, il ne faut pas les croire, sur la défense. Il ne faut pas non plus tenir compte des courriers d'Abdeslam. C'est facile. Si je pouvais plaider comme ça dans tous mes dossiers..."

  • "Faut pas jouer au djihadiste quand on est pas capable"

    Me Alié cite Jacques Brel: "Faut pas jouer au djihadiste quand on n'est pas capable"

  • La procureure fédérale en a fini

    Kathleen Grosjean n'a pas répondu sur la nullité soulevée par Sven Mary.

    Ce sont les parties civiles qui répliquent maintenant. Me Alié prend la parole en premier.

  • "Ils avaient d'autres projets, ce n'est pas dans la presse qu'on le lit, c'est dans le dossier"

    ©BELGA

    "Ils étaient en train de réunir des armes et explosifs. Ils avaient d'autres projets, ce n'est pas dans la presse qu'on le lit, c'est dans le dossier", commence Kathleen Grosjean, la procureure fédérale.

    Elle conteste le fait que Mohamed Belkaïd ait utilisé les deux armes. "On va attendre qu'il ait tiré avec les deux armes pour prendre son arme, son chargeur et partir?"

    Grosjean revient sur les réquisitions de son confrère Bernard Michel lors du procès de la cellule terroriste de Verviers et admet que El Bali n'avait pas tiré en direction des policiers.

  • Fin de la plaidoirie de Sven Mary

    La procureure fédérale prend la parole pour les répliques.

  • "Comment aurait-il pu participer?"

    "Il n'a pas posé d'acte de participation. Sur la première phase de tir, c'était Belkaïd. Sur la deuxième, il n'était plus là. Comment aurait-il pu participer? Il faut une preuve et c'est la partie civile et le parquet fédéral qui ont la charge de la preuve", conclut Sven Mary.

  • "Son ADN, il ne figure pas sur les armes retrouvées"

    ©BELGA

    On en vient à la détention d'armes. "Qu'il en ait possédé une, de cache en cache, c'est une possibilité."

    "Le fait qu'il ne se soit pas levé devant vous, j'ai trouvé ça grave. J'étais gêné. Mais quand il parle de preuves scientifiques, je peux dire que son ADN, il ne figure pas sur les armes retrouvées."

  • Me Mary montre que lors des trois événements connus impliquant Abdeslam (le 13 novembre 2015, la rue du Dries et son arrestation du 18 mars, rue des Quatre-Vents), il n'a rien tenté. "Il aurait pu prendre un couteau à tout le moins pour être ce martyr qu'il souhaite être? Non!"

  • "C'est la dernière fois que vous m'interrompez"

    Moment de tension alors que la procureure fédérale Kathleen Grosjean tentait d'intervenir, se prenant un revers du pénaliste: "C'est la dernière fois que vous m'interrompez".

  • Un seul tireur, Belkaïd, selon Mary

    Comme ses confrères, Me Mary estime que, si deux kalachnikovs ont tiré le 15 mars 2016, toutes deux ont été utilisées par Mohamed Belkaïd. Il se base pour cela sur les déclarations des policiers qui n'ont vu qu'un seul tireur.

    "Quand on croise le rapport balistique et les déclarations des policiers, on peut affirmer à coup sûr que c'est Belkaïd qui utilise les deux armes, en deux phases de tirs. La première arme est celle qu'on retrouve rue de l'Eau, la seconde est retrouvée à ses côtés", poursuit-il.

  • Reprise des débats

  • L'audience est suspendue une vingtaine de minutes

  • Mary plaide pour l'absence d'infraction terroriste

    "La seule question à se poser, Mme la présidente, est de savoir si, lorsque Mohamed Belkaïd ouvre le feu sur les policiers, son intention est 'd'intimider gravement la population'", déclare Sven Mary.

    Sven Mary évoque maintenant le dossier Hicham Diop, dans lequel la 70e chambre, en train de juger le dossier Abdeslam/Ayari, avait conclu à l'absence d'infraction terroriste. Une affaire qui n'a toutefois strictement rien à voir avec celle qui nous occupe aujourd'hui.

    "Rien que dans ce dossier et le droit, aucun élément ne permet de condamner Salah Abdeslam pour terrorisme, ni élément matériel, ni élément moral ne sont convoqués. On ne doit regarder que le cadre de la fusillade, qui relève de la spontanéité. Ce n'est pas un acte terroriste", poursuit Sven Mary.

  • "Je vous demande de juger Abdeslam comme vous jugerez Dupont"

    "Je vous demande de juger Abdeslam comme vous jugerez Dupont. Vous devez vous extraire de tout ce qui ne sort pas des cartons", dit Sven Mary qui embraye sur la qualification terroriste des faits, elle aussi contestée, comme ce fut le cas avec les avocats de Sofiane Ayari.

    Selon la défense de Salah Abdeslam, il y a infraction à caractère terroriste quand il y a volonté de "nuire gravement" aux institutions et aux fondements de l'Etat

    "Est-ce qu'une fusillade contre des policiers porte gravement atteinte à la Belgique?", a-t-il interrogé, ajoutant que la volonté dans le chef d'un auteur ne suffisait pas pour qualifier ses actes de terrorisme. Le pénaliste a cité plusieurs cas en exemple, comme ceux d'Amrani, auteur de la fusillade sur la place Saint-Lambert à Liège en décembre 2011, ainsi que les actes ayant mené à la mort des policiers Marc Munten et Kitty Van Nieuwenhuysen en 2001, et rappelé que ces faits n'avaient pas été qualifiés de terrorisme. "Je ne cautionne évidemment pas qu'on tire sur des policiers, c'est très grave, mais on est loin de l'élément de contexte terroriste", a martelé Me Mary.

  • Mary en remet une couche sur la responsabilité des médias

    Sven Mary s'adresse à la présidente: "Le dossier que vous avez à juger est pollué par tout ce qui a été vu, lu, ou entendu, avant même qu'il ait été attrapé. Une semaine avant le procès, on apprend que la ceinture (explosive, ndlr) était défectueuse. Qu'on ne dise pas que c'est un hasard"

    Me Mary en remet une couche sur la responsabilité des médias, ces "quotidiens de qualité, ces quotidiens de moins bonne qualité". Il fustige la "folie médiatique, sociétale, sécuritaire qui entoure le procès"

  • Sven Mary achève de plaider sur la nullité pour "aborder les faits".

  • La procédure réduite à néant?

    En considérant qu'il y a violation de l'article 12 sur l'emploi des langues, les avocats de Salah Abdeslam entendent demander au tribunal de mettre à bas toute la procédure.

    "Je demande au tribunal de prendre ses responsabilités. J'ai tenté durant des semaines, dans tous les livres de droit, dans toute la doctrine, de trouver la problématique soulevée devant le tribunal: vous ne la trouverez pas", a indiqué Sven Mary.

  • Pendant ce temps, Salah Abdeslam a été ramené dans sa prison près de Paris après son refus de comparaître.

  • Sven Mary demande l'acquittement de Salah Abdeslam

    Mes Mary et Delcoigne soulèvent ce qu'ils considèrent être un problème de procédure dans l'emploi des langues dans le dossiers: "C'est un véritable problème qui doit vous faire déclarer les poursuites irrecevables", indique Sven Mary.

    Me Mary fait du droit: "Autant les parties civiles que le parquet fédéral ont semblé nous prendre pour de piètres juristes, Me Delcoigne et moi".

    → Le dossier, d'abord néerlandophone, se trouvait au cabinet du doyen des juges d'instruction bruxellois Patrick De Coster, avant d'être transmis à celui d'Isabelle Panou, magistrate antiterroriste qui instruit, notamment, le volet bruxellois de l'enquête sur les attentats de Paris.

  • "Au contraire de Salah Abdeslam, je reconnais votre légitimité"

    "Au contraire de Salah Abdeslam, je reconnais votre légitimité qui est le rempart contre l'abus de pouvoir et la barbarie", dit Sven Mary.

    "Le plus beau pied de nez, le plus beau doigt d'honneur à faire face aux barbares, c'est de montrer que, quoi qu'ils fassent, l'Etat de droit est respecté", lance Me Mary qui tente alors de faire appliquer une première nullité, sur un souci de traduction du dossier.

  • "Pourquoi encore plaider, madame le président?"

    ©AFP

    "Pourquoi encore plaider, madame le président?", déclare d'emblée l'avocat. "Pourquoi? Pour subvenir à mon ego que certains disent surdimensionné? Pour ne pas mettre à la poubelle ces dizaines d'heures de travail? Pour faire la une des journaux et des JT, se rendre intéressant? Cela, je le laisse à d'autres", poursuit-il.

    "Abdeslam Salah est un stoïcien, d'une manière différente de celle imaginée par Zénon. Il accepte la fatalité qui est, pour lui, le fait de son dieu Allah, pour Zénon, le fait d'autres divinités. Peu importe. S'il avait évoqué être stoïcien, cela n'aurait ému personne", ajoute-t-il.

  • L'audience reprend avec un léger retard

    Me Sven Mary prend la parole pour Salah Abdeslam.

  • Le point à la mi-journée

    • Sven Mary défendra bien Salah Abdeslam. C’était la grande question des derniers jours: le célèbre pénaliste allait-il pouvoir assurer la défense de l’ex-ennemi public numéro 1. Quand Salah Abdeslam a refusé de répondre aux questions et dénié la légitimité du tribunal, il s’est placé en situation de rupture, ce que ses avocats ne pouvaient accepter, selon leur point de vue. En début d’audience, la présidente Marie-France Keutgen a demandé à Me Mary s’il acceptait de défendre son client. Celui-ci a répondu simplement: "oui madame". Il plaidera dans l’après-midi, en l’absence de son client, qui a souhaité rester dans sa cellule.
    • Des policiers traumatisés. Les avocats des parties civiles ayant plaidé ce matin sont longuement revenus sur les conséquences de la fusillade du 15 mars 2016, dans l’appartement conspiratif de la rue du Dries. Pour Me Toomi, avocate d’un policier membre de l’équipe commune d’enquête francobelge ayant mené la perquisition, celui-ci a subi "un choc psychologique violent" et un "stress post-traumatique sérieux" diagnostiqué par le neuropsychiatre qui l’a ausculté. "Un gilet pare-balles arrête les projectiles, mais ne protège pas des conséquences psychologiques", a pointé l’avocate. Me Bauwens, avocat de deux membres des Forces Spéciales, a enfoncé le clou: "Le policier n°9 était en première ligne à Verviers (en janvier 2015), il était en première ligne rue du Dries. Il a servi son pays pendant 22 ans dans les Forces spéciales. Il est en incapacité permanente à 55%. Pour lui, c'est terminé. C'est ça la réalité de ce procès." C’est la première fois dans l’histoire du pays que des membres des Unités spéciales de la police fédérale sont parties civiles à un procès.
    • Des piques à l’encontre d’Abdeslam. Me Tom Bauwens a ironisé sur le grand absent du jour: "Je suis content que cet homme fatigué soit resté dans son lit: son comportement et son opportunisme me fatiguent. Tous deux sont musulmans quand ça les arrange, djihadistes quand ça les arrange, victimes de notre société : ça me fatigue (…) Il (Abdeslam) ne reconnaît pas nos lois ni votre tribunal, mais il prend un avocat…" Sa consoeur Valérie Lefèvre a enchaîné en se gaussant des déclarations d’Abdeslam, lundi, devant le tribunal: "J'aurai aimé qu’il soit présent aujourd'hui pour apaiser ses craintes: les preuves scientifiques sont bel et bien présentes".
    • La défense de Sofiane Ayari demande la "clémence". Me Laura Séverin a lu une lettre écrite par les parents du jeune Tunisien, dans laquelle ils demandent de la "compassion" pour leur fils. "L'islam est une religion de paix et de compassion. Nous détestons tout type d'extrémisme. Notre plus grand rêve était que notre fils grandisse, travaille, fonde une famille. Nous vous supplions de montrer de la compassion et de la pitié envers notre fils", ont-ils écrit.
    • Me Gultaslar nie le caractère terroriste des faits reprochés à Sofiane Ayari. Il fait le parallèle avec les cas de Khaled Kelkal, Mohamed Merah, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi, tous morts "les armes à la main, comme des combattants Pas question de fuir". Alors que, selon lui, Sofiane Ayari et Salah Abdeslam "ne voulaient pas mourir ni faire un carnage encore plus effroyable."
    • L’avocat d’Ayari attaque le "brouillage des repères" et la "pornographie médiatique". Me Isa Gultaslar dit assister à "une mutation du droit pénal" et à la multiplication des "régimes dérogatoires" dans les dossiers de terrorisme, tout cela car "nous sommes en guerre". Il s’adresse au tribunal: "Mme la présidente, ne jugez pas de façon dérogatoire". Il lance une pique aux "300 journalistes présents" pour suivre le procès: "Je ne vous parle pas de pression médiatique mais d'opression. C'est de la pornographie médiatique. Comment juger dans des conditions ordinaires?"

    Julien Balboni

  • Fin des plaidoiries pour la défense de Sofiane Ayari

    L'audience est suspendue et reprendra à 13h30 avec les plaidoiries des avocats de Salah Abdeslam.

  • Me Gultaslar évoque l'audition de Sofiane Ayari devant la juge d'instruction Isabelle Panou qui se serait "extraordinairement bien déroulé".

    Il tente en fait, depuis 10 minutes, de montrer que son client est un homme ouvert et pas agressif.

  • L'avocat d'Ayari s'en prend à la presse: "C'est de la pornographie médiatique"

    "Dans cette guerre contre le terrorisme, on assiste à une mutation du droit pénal. On n'a plus que des régimes dérogatoires. Et vous, Mme la présidente, on vous demande de raisonner de façon dérogatoire. Non, madame. Il n'y a pas de procès exceptionnel", poursuit l'avocat.

    Me Gultaslar évoque les centaines de journalistes présents, et va loin: "Je ne vous parle pas de pression médiatique mais d'oppression. C'est de la pornographie médiatique. Comment juger dans des conditions ordinaires?"

    "Vous éternuez dans la salle, vous avez un communiqué de l'AFP", clame-t-il avec ironie.

  • "Le droit pénal ne connaît pas la guerre"

    "On vous demande la norme, Mme la présidente. Ce n'est pas facile car il y a un contexte, une opinion publique, un brouillage des repères. C'est risqué de l'évoquer dans le climat actuel, mais nous sommes en guerre, dans les discours et les faits: nos F16 vont en Irak et Syrie", indique l'avocat.

    "Le droit pénal ne connaît pas la guerre, il connaît les infractions pénales", ajoute l'avocat.

  • Ecarter la prévention de "caractère terroriste"

    Me Gultaslar, à travers cette démonstration, tente d'écarter la prévention de "caractère terroriste". Ce qui semble, à première vue, plutôt difficile...

  • "Dans tous ces cas, on recherche le martyre. Idéologiquement, c'est ce qui ouvre les portes du paradis"

    "Dans tous ces cas, on recherche le martyre. Idéologiquement, c'est ce qui ouvre les portes du paradis. Ça fait plus d'impact, l'effet psychologique est plus dévastateur. Et qu'est-ce qu'on a ici? Des gens qui voient leur compagnon blessé et disent 'on s'en fout'", a continué l'avocat.

  • L'avocat fait le parallèle avec Mohamed Merah ou les frères Kouachi

    L'avocat fait le parallèle avec Khaled Kelkal, Mohamed Merah, les frères Kouachi, Amedy Coulibaly. "Ils meurent les armes à la main, comme des combattants. Pas question de fuir. C'est le même processus: vouloir mourir sur ce qu'ils considèrent comme un champ de bataille"

    "Et Abaaoud et Chakib Akrouh? Après le Bataclan, ils trouvent un logement. Et qu'est-ce qu'ils font? Fort Chabrol, en essayant de tuer le plus de policiers possible. Surtout, ne pas être pris vivants"

  • "On vient de tuer un de nos frères? On n'a plus rien à perdre, on va place Saint-Denis et on mitraille!"

    L'avocat d'Ayari, maître Isa Gultaslar. ©BELGA

    "On vient de tuer un de nos frères? On n'a plus rien à perdre, on va place Saint-Denis et on mitraille!", lance maître Gultaslar, l'avocat d'Ayari, comme s'il était dans la tête de ses clients. "Trois jours plus tard, ils sont arrêtés sans armes. Vous croyez que c'est dur de trouver une arme à Molenbeek?"

     "Une chose est sûre: ils ne voulaient pas mourir. Ni faire un carnage encore plus effroyable."

  • "La mort du terroriste n'est pas une possibilité, elle est au coeur de son projet"

    Laura Séverin, conseil de Sofiane Ayari, laisse la parole à son confrère Me Isa Gultaslar, qui plaidera notamment sur le caractère terroriste des faits reprochés à son client.

    Me Isa Gultaslar prend la parole en citant son grand-père. Il s'arrête quelques secondes, étreint par l'émotion, avant de se reprendre.

    Il cite le politologue Olivier Roy: "Les djihadistes savent qu'ils vont mourir, ils veulent mourir. La mort du terroriste n'est pas une possibilité, elle est au coeur de son projet. L'attentat suicide est la finalité par excellence (...) le suicide est messianique."

    Me Gultaslar déroule longuement une liste d'hypothèses, dans lesquelles Ayari et Abdeslam auraient pu faire plus de victimes au lieu de prendre la fuite. Depuis les tirs sur les policiers en fuite dans la rue jusqu'à une prise d'otage.

  • "Notre plus grand rêve était que notre fils grandisse, travaille, fonde une famille"

    Ayari est décrit par son avocate comme "un ado modèle, un étudiant brillant, un grand amoureux de football (l'Espérance Tunis est son club de coeur). A 21 ans, il rejoint la Syrie pour faire tomber Bachar el Assad. Ce destin-là, nous aurions tous pu l'avoir", lance Me Séverin.

    Pour finir sa plaidoirie, elle lit à l'audience une lettre des parents de Sofiane Ayari, adressée à la présidente du tribunal. "Madame la juge, je vous demande de regarder le cas de mon fils qui a été manipulé comme beaucoup d'autres jeunes de Tunisie(...) L'islam est une religion de paix et de compassion. Nous détestons tout type d'extrémisme. Notre plus grand rêve était que notre fils grandisse, travaille, fonde une famille. Nous vous supplions de montrer de la compassion et de la pitié envers notre fils."

  • Requalification de la tentative d'assassinat en tentative de meurtre?

    Maître Séverin, l'avocate d'Ayari, fait un parallèle avec le procès de l'assaut de Verviers. Dans ce dossier, Marouan El Bali, accusé d'avoir tiré sur les policiers, avait finalement été acquitté de cette prévention. Elle demande la requalification de la tentative d'assassinat en tentative de meurtre et sollicite "la clémence du tribunal".

    "Notre client n'a pas beaucoup parlé mais il comparaissait pour la première fois devant un tribunal et se retrouver devant une salle pleine de journalistes n'a pas aidé à lui donner confiance."

    "Il a précisé qu'il n'était pas d'accord avec tout ce que fait l'Etat islamique. Sa motivation était d'aider les populations civiles, c'est pour ça qu'il a quitté sa famille en Tunisie."

    Elle fait le portrait de l'adolescence d'Ayari, marqué par le suicide par immolation d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, en décembre 2010, événement connu pour avoir posé les premières pierres du Printemps arabe.

  • La défense d'Ayari

    La défense d'Ayari cherche à démontrer qu'il n'a pas ouvert le feu sur les policiers, contrairement à ce qu'affirme le parquet fédéral. Me Laura Séverin, avocate de Sofiane Ayari:

    Laura Severin et Isa Gultaslar, les avocats de Sofiane Ayari. ©BELGA

    "J'ai une pensée pour les victimes des attentats de Paris et Bruxelles. Je comprends leurs attentes, j'espère sincèrement qu'elles seront rencontrées lorsque les attentats seront jugés. Ici, nous avons à parler des faits du 15 mars 2016."

    Dans le rapport de la DR6 (division homicide de la police judiciaire fédérale), les policiers présents ont affirmé avoir été pris sous le feu d'un seul auteur, soulève l'avocate.

    Me Séverin observe que les policiers des Unités spéciale n°9 et 10 ont précisé que le tireur (Mohamed Belkaïd) avait ouvert le feu depuis trois endroits de l'appartement: l'entrée, la pièce centrale et la pièce côté rue.

  • L'audience reprend

    L'audience a repris. La présidente évoque le fax d'un avocat représentant des victimes des attentats qui dit "hésiter encore" à se constituer partie civile. Mieux vaut tard que jamais. Mais bon parfois c'est quand même trop tard...

    Devant le Palais de Justice ce matin ©REUTERS

  • Suspension d'audience

    Suspension d'audience avant les plaidoiries de la défense, probablement de Sofiane Ayari (Mes Isa Gultaslar et Laura Séverin). Mes Mary et Delcoigne devraient plaider cet après-midi.

  • Maître Bauwens: "Les faits sont directement provoqués par les trois auteurs: un qui n'est plus, l'autre qui est dans son lit, un 3e qui est ici mais qui a des pertes de mémoire." L'avocat s'applique à déminer les arguments de la défense: pour lui, même si Abdeslam et Ayari ont pris la fuite par les toits, ils l'ont fait dans un contexte terroriste.

    "Je ne vais pas entrer dans les détails des dommages de mes clients, par respect. Mais l'agent n°9 a des chocs épileptiques. Il a des pertes de vue, d'équilibre, il ne peut plus se promener sans risquer de tomber..."

    "Mais il ne se voit pas comme victime. Il a fait son boulot. La seule chose qu'il demande, c'est que vous, tribunal, poursuiviez le travail qu'il a accompli."

  • "Le projet criminel était prévu de longue date et mûrement réfléchi"

    Me Valérie Lefèvre, collaboratrice de Me Bauwens, évoque les déclarations de Sofiane Ayari, qui affirme "n'avoir rien à voir avec la perpétration d'attentats sur le sol européen":

    "Son arrivée sur le sol européen n'était pas fortuite, elle était attendue et minutieusement préparée."

    "J'aurai aimé que M. Abdeslam soit présent aujourd'hui pour apaiser ses craintes: les preuves scientifiques sont bel et bien présentes."

    Elle reprend les différentes lettres de Salah Abdeslam adressées à ses proches comme sa mère ou sa soeur, prônant le djihad et la haine contre les "kouffars. Me Lefèvre cite les auditions d'Osama Krayem, interpellé après les attentats de Bruxelles. Celui-ci a expliqué aux enquêteurs que les armes prévues dans les nombreuses caches du groupe terroriste étaient là pour se défendre contre d'éventuels assauts de la police.

    "Egalement, dans certaines des caches où Sofiane Ayari a séjourné, à Auvelais, Charleroi, Laeken... Des explosifs étaient entreposés, ce qu'il ne pouvait ignorer. Le rôle de Sofiane Ayari est plus important qu'il ne veut l'admettre. Son système de défense, qui consiste à ne pas se souvenir, est aussi lâche que les actes qu'il a commis et que le groupe auquel il appartient", a soutenu l'avocate.

    Après avoir longuement décrit les faits du 15 mars 2016, Me Lefèvre demande la désignation d'expert pour les "policiers n°9 et n°10".

    "Même si, le 15 mars, tout a été exécuté dans la précipitation, le projet criminel était prévu de longue date et mûrement réfléchi", achève Me Lefèvre avant que son confère Bauwens ne reprenne la parole.

  • Sur le volet de l'anonymat, Me Bauwens, avocat des forces spéciales, explique en détail pourquoi le nom de ses clients n'apparaît pas dans la procédure.

  • "C'est ça la réalité de ce procès" (maître Bauwens)

    "C'est la première fois dans leur histoire qu'un membre des Unités spéciales se constitue partie civile."

    "Le policier n°9 était en première ligne à Verviers (en janvier 2015), il était en première ligne rue du Dries. Il a servi son pays pendant 22 ans dans les Forces spéciales. Il est en incapacité permanente à 55%. Pour lui, c'est terminé. C'est ça la réalité de ce procès."

    Me Bauwens plaide sur les nullités soulevées dans leurs conclusions par Mes Sven Mary et Romain Delcoigne sur l'anonymat des policiers et les soucis de traduction du dossier.

  • "Il (Abdeslam, NDLR) ne reconnaît pas nos lois ni votre tribunal, mais il prend un avocat. Sur ce point, c'est un procès hors norme" (Tom Bauwens, avocat des forces spéciales)

  • Me Tom Bauwens, avocat des forces spéciales, entame sa plaidoirie

    ©AFP

    "Je suis content que cet homme fatigué (Salah Abdeslam, ndlr) soit resté dans son lit: son comportement et son opportunisme me fatiguent. Tous deux sont musulmans quand ça les arrange, djihadistes quand ça les arrange, victimes de notre société: ça me fatigue."

  • Lecture de l'audition d'un policier

    "Quand la porte a cédé, le collègue avec le bélier a reculé. Deux collègues se sont présentés à la porte. J'ai entendu un grand nombre de coups de feu, des flammes. Un collègue a crié: 'On se casse! On se barre!' On s'est retournés, on a dévalé les escaliers."

    "Dans l'escalier, la collègue française a fait une chute et m'a entraîné avec elle. Dans la chute, j'ai perdu mon arme, que je n'ai pas retrouvée. La collègue française s'est blessée en tombant (à la cheville, ndlr). Nous l'avons emmenée à l'abri, à 30 ou 40 mètres du bâtiment."

    Le policier continue dans son audition: "J'ai annoncé à la radio: 'FLASH ! FLASH ! FUSILLADE! Collègue à l'intérieur, envoyez du renfort!'"

    Le neuropsychiatre qui a ausculté le policier constitué partie civile l'a placé en incapacité totale de travail. Il décrit un "choc psychologique violent", un "stress post-traumatique sérieux".

  • L'audience est ouverte

    La présidente Keutgen à Me Sven Mary: "Acceptez-vous de représenter votre client?"
    La réponse: "Oui madame."

     

    Me Toomi, qui défend un policier constitué partie civile, prend la parole:

    "Salah Abdeslam a brillé par son silence, il brille aujourd'hui par son absence. On dit souvent que le silence est d'or, mais les absents ont toujours tort."

    Elle lit l'audition de son client, prise le lendemain des faits : "Normalement, l'appartement était inoccupé. Nous étions 'full équipés', on avait emprunté un bélier et un pied de biche à la zone de police Midi. Les deux serruriers appelés n'étaient pas disponibles."

    "Un gilet pare-balles arrête les projectiles mais ne protège pas des conséquences psychologiques."

  • Sofiane Ayari est arrivé

  • L'audience pourrait se terminer dès ce soir

  • Sven Mary devrait s'exprimer en tout début d'audience sur l'absence de son client.

    Durant les trois jours de suspension, il a été question de la possibilité - ou pas - de défendre un homme placé en situation de rupture, déniant toute légitimité au tribunal qui le juge

  • L'entrée au palais de justice de Bruxelles se déroule tout à fait normalement, loin du chaos qui prévalait lundi pour la première journée du procès.

  • Sven Mary est arrivé

    ©BELGA

    Sven Mary est déjà au palais de justice. Il a brièvement répondu aux journalistes qui se sont précipités sur lui, laissant entendre qu'il n'avait pas tenté de convaincre Salah Abdeslam de se présenter devant le tribunal. 

    Interrogé sur l'absence de son client Salah Abdeslam à l'audience de jeudi, il a indiqué que la réponse à cette question se trouvait dans celle donnée par Salah Abdeslam lundi matin devant le tribunal. Celui-ci avait indiqué qu'il ferait usage de son droit au silence et qu'il ne plaçait sa confiance qu'en Allah.

    "Non", a ensuite laconiquement répondu l'avocat à un journaliste lui demandant s'il avait tenté de convaincre son client de se présenter devant le tribunal.
          

  • A retenir de la première journée du procès d'Abdeslam

    "Ils étaient tous prêts à mourir en martyrs"
    ♦ La substitute du procureur fédéral, Kathleen Grosjean, a requis la peine maximale à l’encontre de Sofiane Ayari et Salah Abdeslam, soit 20 ans de prison avec 13 ans de sûreté pour tentative d’assassinat à caractère terroriste sur des policiers belges de la DR3 (antiterrorisme), des policiers français membres de l’équipe commune franco-belge et des agents des forces spéciales. Et ce au terme d’un réquisitoire long de moins de deux heures.
    ♦ L’un des enjeux du procès, celui de l’identité de l’autre tireur, le jour du 15 mars 2016, a été simplement dépassé par la magistrate fédérale. "Ma conviction est que c’est Ayari qui a tiré. Son ADN est sur l’arme ainsi qu’un chargeur. Osama Krayem (suspect des attentats de Bruxelles, ndlr) le dit: c’est un combattant de l’Etat islamique. Il sait manier les armes", a-t-elle expliqué.
    ♦ Pour autant, elle a demandé la même peine contre les deux prévenus, en tant que coauteurs. Pourquoi? "Abdeslam a montré, dans ses courriers à sa mère, qu’il avait bien l’idéologie de l’Etat islamique. Son intention et celle d’Ayari était bien de semer la terreur et déstabiliser le pays. L’un et l’autre adhèrent aux idées, projets et instructions de l’Etat islamique. Ils s’auto-influencent", précise-t-elle.
    ♦ "En entendant le mot 'police' lors de l’intervention, ils sont restés sur place. Leur intention n’était pas que de rester: leur volonté était d’attaquer et combattre l’ennemi."
    ♦La substitute veut établir la préméditation car, selon elle, "ils ont décidé à trois du plan d’attaque contre les policiers", le jour des faits. "Ayari, Abdeslam et Belkaïd étaient prêts à mourir en martyrs. Mais c’est Belkaïd qui est resté car il était blessé. S’ils avaient paniqué, ils se seraient enfui immédiatement."
    ♦ Elle a justifié la peine maximale par l'importante radicalisation des deux hommes, et le fait qu'ils s'apprêtaient à commettre des actes proches de la guerre dans un pays en alerte terroriste maximale (au niveau 4, en mars 2016). Le procès se poursuit avec les plaidoiries des avocats des parties civiles. Il devrait s’achever en avance et même prendre fin dès demain, voire jeudi.

  • Pour rappel, au cours de la première journée d'audience, le tribunal avait procédé à l'interrogatoire des deux prévenus.

    → Salah Abdeslam a refusé de répondre aux questions que la présidente Marie-France Keutgen voulait lui poser, précisant qu'il ne reconnaissait pas la légitimité et l'autorité du tribunal.       

    "Je témoigne qu'il n'y a pas de divinité à part Allah et que Mohamed est son serviteur et son messager", a-t-il déclaré. "Mon silence ne fait pas de moi un coupable ou un criminel, maintenant jugez-moi, faites ce que vous voulez de moi, moi c'est en mon Seigneur que je place ma confiance, je n'ai pas peur de vous, de vos alliés et de vos associés. Je place ma confiance en Allah, je n'ai rien à ajouter", a-t-il déblatéré.

    Retrouvez ici notre live traitant la première journée de ce procès.

    On vous rappelle ici in extenso les faits qui ont mené à ce procès, qui est le premier du suspect clef des attentats de Paris.

    ©BELGA

  • Chères lectrices, chers lecteurs, bonjour à toutes et à tous!

    Le procès de Salah Abdeslam et de Sofiane Ayari se poursuit ce jeudi toute la journée, après avoir été entamé lundi. Suivez-le en LIVE avec nous ici.

    ©Photo News

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