Ce que disent nos "champions" du Tour de Bruxelles

©doc

Nous avons décerné un maillot du Tour de France à six personnalités impliquées dans le vélo à Bruxelles.

David Stevens | Maillot jaune

Chef de brigade à vélo de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles 

C’est notre maillot jaune. Prononcez le nom de David Stevens à un cycliste bruxellois et vous verrez sans doute des petites étoiles dans ses yeux. Le chef des bikers de la police de Bruxelles-Ixelles est une sorte de héros dans le milieu cycliste. Depuis 2005, il incarne la lutte contre les infractions routières mettant en danger les usagers faibles. Son objectif: restaurer la convivialité. Sa méthode: la tache d’huile. 

©doc

 "Quand on a commencé en 2005, on ne pouvait pas être partout. On a donc commencé par être présent dans une rue, où on verbalisait beaucoup pour restaurer le respect des règles de roulage de base. À Bruxelles, se garer sur les bandes bus ou les pistes cyclables était devenu la norme. On a voulu changer les mentalités", explique David Stevens dont la brigade couvre désormais l’ensemble du Pentagone.

En tant que policier, le vélo permet d’être plus proche des citoyens et en prise directe avec les difficultés rencontrées par les cyclistes. Cette accessibilité est renforcée par une présence permanente sur les réseaux sociaux. Sur son profil Twitter, David Stevens poste régulièrement des comptes rendus des actions policières. Informé cette semaine d’une situation problématique entre Yser et Sainctelette par un citoyen, le biker a mené des actions à cet endroit les jours suivants, ce qui lui a valu des remerciements accolés d’émojis "cœurs" de la part du plaignant.

Pascal Smet | Maillot à pois 

Ministre bruxellois de la Mobilité

Pascal Smet ©Photo News

Pascal Smet est sans conteste le politique bruxellois qui incarne le mieux le combat visant à faire du vélo un mode de déplacement au quotidien. Durant la législature écoulée, il s’est attelé à la création de pistes cyclables séparées du trafic. Le socialiste qui a grandi avec un vélo en Flandre se souvient qu’il n’avait plus trop envie d’enfourcher la petite reine une fois arrivé dans la capitale, il y a 15 ans. 

 "J’avais été marqué par l’accident d’une échevine roulant à vélo. En même temps, j’avais la conviction que Bruxelles pouvait redevenir une ville cycliste, car on se déplace plus vite et mieux à vélo. C’était le cas il y a un siècle, ce qui montre que c’est avant tout une question culturelle", considère le ministre bruxellois sortant.

Tour de Bruxelles | Le parcours du contre-la-montre du Tour testé pour vous

Selon lui, la culture du vélo, comme mode de transport et comme activité de loisirs, se développe à nouveau à Bruxelles. "Auparavant, les cyclistes échangeaient quelques mots aux feux. On connaissait même les prénoms des uns et des autres. Maintenant, ce n’est plus possible car on est parfois une quinzaine au même feu rouge. On voit de plus en plus de cyclistes, de ville. Cela prouve que la politique, avec les citoyens, peut faire évoluer les mentalités!

Maxime Van Santen | Maillot blanc

Responsable communication de la start-up Cowboy

S’il y a bien des spécialistes de la mobilité à Bruxelles, ce sont probablement les dirigeants de la start-up Cowboy, qui propose des vélos électriques ultra-connectés. Forcément, quand on vend des vélos, la voiture, à Bruxelles, on n’est pas trop fan.

Maxime Van Santen ©Cowboy

"Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où la ville a été aménagée autour de la voiture mais où on ne s’y déplace pas plus vite qu’au siècle dernier à cheval", lance Maxime Van Santen. Mais outre l’aménagement, c’est aussi l’intégration du cycliste dans la circulation qu’il faudrait améliorer. "Il faut encore trouver la bonne attitude pour rouler ensemble. Certains automobilistes ne perçoivent pas bien le comportement d’un vélo électrique. Il monte facilement à 25km/h."

Après en avoir écoulé un millier lors de sa première année, la start-up espère en vendre dix fois plus en 2019. Le Tour, une bonne publicité? "A priori, c’est davantage le sport qui est mis en avant mais cela reste intéressant. Et comme toute la ville sera quand même bloquée, les gens réfléchiront peut-être à ce moyen pour se déplacer", sourit Maxime Van Santen, notre "maillot blanc" du meilleur jeune.

©Mediafin


Adeline Dieudonné | Maillot vert

Auteure

Adeline Dieudonné ©l'iconoclaste

Pour ce qui est de se déplacer dans la capitale à vélo, l’écrivaine belge fait sans doute partie des pionnières. Depuis dix ans, elle effectue la majorité de ses déplacements en deux roues. D’abord par conscience écologique, mais aussi car c’est plutôt pratique. Après autant d’années à se faufiler dans la circulation, elle a forcément une vision assez claire de l’évolution de la place du vélo dans la capitale.

Et contrairement aux critiques faciles, tout n’est pas forcément à jeter. "En ce qui concerne l’aménagement, il y a une véritable évolution. On ressent une volonté de changement. Quand j’ai commencé à rouler, c’était vraiment dangereux. Aujourd’hui, il y a bien encore certains râleurs et même des jaloux de voir qu’on les dépasse. Mais globalement, je trouve que les automobilistes sont assez attentifs", assure-t-elle avant de nuancer. "Mais il ne faut pas faire d’angélisme non plus. Il y a encore beaucoup à faire et cela pourrait aller certainement bien plus vite", explique l’auteure, à qui nous décernons un maillot vert.

Piet Vandendriessche | Meilleure équipe

Directeur de Deloitte Belgique

Pour Piet Vandendriessche, le départ de Bruxelles du Tour sera une petite déception. Le patron de Deloitte Belgique n’est pourtant pas du genre à détester la petite reine. Au contraire, l’homme est un véritable passionné. Et s’il regrette ce grand départ, c’est justement car il ne pourra pas le voir en direct. A la place, il sera sur son vélo à grimper des cols dans les Alpes. "Je suis un peu déçu mais ce voyage est vraiment celui que j’attends depuis longtemps donc je n’aurai pas de regrets", sourit-il.

Piet Vandendriessche ©BELGA

Chaque semaine, il avale les kilomètres sur son vélo de route et essaye de venir au moins une fois par semaine au bureau à bicyclette. "Même en hiver, pour donner l’exemple", glisse-t-il. Une image un peu à l’opposé de celle de l’entreprise de consultance, connue pour distribuer des voitures de société à la pelle. Mais le directeur le promet, il veut que la mobilité change. "Depuis l’an dernier, nous avons entamé un plan dont l’objectif est de réduire nos émissions de CO2 de 25% pour 2021. On essaye donc vraiment de favoriser les autres moyens, dont le vélo."

Les premiers résultats seraient encourageants. "Le nombre de kilomètres parcourus à vélo par les collaborateurs s’élève à 315.051 aujourd’hui. L’année dernière, ce nombre n’était que de 75.980. Le chiffre a donc quadruplé en un an."

Frédéric Rousseau | Prix de la combativité

 Patron des Cycles Devos 

Frédéric Rousseau ©doc

Frédéric Rousseau dirige les Cycles Devos à Ixelles, le plus vieux marchand de vélos de la capitale, la maison ayant été fondée par son arrière-grand-père en 1910. Chaque année, il vend environ 1.500 vélos. Pour lui, le Tour ne change pas grand-chose: "Ma clientèle est axée sur le loisir et l’utilitaire, pas sur l’élitisme; le Tour, c’est une belle propagande pour la bicyclette, c’est vrai, mais rien ne vaut le soleil pour vendre des vélos", dit-il.

Alors qu’on n’a jamais vu autant de vélos à Bruxelles, Frédéric Rousseau constate, paradoxalement, que le marché stagne. "Le vrai boom a eu lieu il y a quelques années, aujourd’hui on assiste à un marché de remplacement, essentiellement en faveur du vélo électrique, qui constitue plus de 60% de nos ventes." Ce qui profite donc à son chiffre d’affaires. Par contre le nombre de vendeurs a explosé. "Jadis il y avait 10 marchands de vélo à Bruxelles, il y en a 56 aujourd’hui.Il se doit donc d’être combatif... 

 Autre constat: de plus en plus de clients roulent à vélo pour aller travailler. Reste aux infrastructures à suivre. "Il n’y a que cinq artères dotées de vraies pistes cyclables à Bruxelles, le reste n’est pas vraiment aménagé. Je pense que le Bruxellois moyen pas le militant est relativement tolérant par rapport à la situation actuelle." Mais ce qui a surtout changé, se réjouit-il, c’est le comportement des automobilistes vis-à-vis des cyclistes: "Je trouve qu’il évolue dans le bon sens."


David Stevens
 Chef de brigade à vélo de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles

 

 C’est notre maillot jaune. Prononcez le nom de David Stevens à un cycliste bruxellois et vous verrez sans doute des petites étoiles dans ses yeux. Le chef des bikers de la police de Bruxelles-Ixelles est une sorte de héros dans le milieu cycliste. Depuis 2005, il incarne la lutte contre les infractions routières mettant en danger les usagers faibles. Son objectif: restaurer la convivialité. Sa méthode: la tache d’huile. "Quand on a commencé en 2005, on ne pouvait pas être partout. On a donc commencé par être présent dans une rue, où on verbalisait beaucoup pour restaurer le respect des règles de roulage de base. À Bruxelles, se garer sur les bandes bus ou les pistes cyclables était devenu la norme. On a voulu changer les mentalités", explique David Stevens dont la brigade couvre désormais l’ensemble du Pentagone. En tant que policier, le vélo permet d’être plus proche des citoyens et en prise directe avec les difficultés rencontrées par les cyclistes. Cette accessibilité est renforcée par une présence permanente sur les réseaux sociaux. Sur son profil Twitter, David Stevens poste régulièrement des comptes rendus des actions policières. Informé cette semaine d’une situation problématique entre Yser et Sainctelette par un citoyen, le biker a mené des actions à cet endroit les jours suivants, ce qui lui a valu des remerciements accolés d’émojis "cœurs" de la part du plaignant. PAD

Publicité
Publicité