ISEA, la petite boîte derrière les stars belges du Tour

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Cette agence de management belge n’est pas du genre à s’étaler. Sept de ses coureurs participent actuellement à la Grande Boucle. Dont Wout Van Aert, vainqueur d’étape, mais contraint à l’abandon vendredi dernier.

Deux victoires belges sur le Tour, le maillot de meilleur grimpeur toujours sur les épaules de Tim Wellens, une flopée de victoires pour les équipes belges… Après deux semaines de course, le Tour de France est déjà largement une réussite pour la Belgique. Cerise sur le gâteau, malgré une chute qui l’a contraint à abandonner lors de l’étape de vendredi, l’une des révélations de la Grande Boucle se nomme Wout Van Aert. Spécialiste du cyclo-cross, le jeune Belge impressionne aussi sur le bitume.

De quoi réjouir tous les fans de la petite reine. Encore plus Yannick Prévost. À seulement 31 ans, il est à la tête d’ISEA, une petite boîte de management de coureurs cyclistes. Petite seulement par la taille. Si elle ne compte que trois travailleurs et un freelance dans ses rangs, l’entreprise est devenue en quelques années l’une des références européennes dans le management des pros de la pédale. "Tout a commencé en 2011. J’étais moi-même cycliste espoir mais je ne suis jamais passé pro. Mon meilleur ami était alors Jurgen Roelandts. Il m’a demandé si je voulais m’occuper de l’extra-sportif pour lui. C’est comme ça que tout a commencé", sourit Yannick Prévost.

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Au total, 7 des 21 coureurs belges qui sont actuellement sur le Tour sont sous contrat avec ISEA.

Depuis, la société a bien évolué avec une écurie qui compte désormais une quarantaine de cyclistes. Des espoirs, de futurs champions mais aussi la crème du cyclisme belge. À côté de Wout Van Aert et Jurgen Roelandts, ISEA peut aussi compter sur Oliver Naesen, Jens Debusschere, Victor Campenaerts, Xandro Meurisse ou encore Toon Aerts, le champion de Belgique du cyclo-cross…

Au total, 7 des 21 coureurs belges qui sont actuellement sur le Tour sont sous contrat avec ISEA. Beaucoup moins connus que dans le football, les managers sont pourtant tout aussi importants pour les sportifs. "Notre activité s’organise autour de trois axes. La gestion des contrats avec les équipes, la communication et enfin l’aspect comptable", explique Yannick Prévost.

Le Tour, rendez-vous des transferts

Parmi les trois piliers, la gestion des contrats est l’activité qui prend le plus de place dans l’agenda du manager. La grande majorité des collaborations entre les cyclistes se font pour une durée de deux ans. Il faut donc régulièrement repartir en négociation. "C’est actuellement le moment le plus important de l’année puisque nous sommes en pleine saison de transferts. Nous sommes d’ailleurs seulement rentrés pour deux jours en Belgique. Nous sommes sinon sur le Tour de France durant les trois semaines de course", explique encore le patron.

5%
L’entreprise tire l’essentiel de ses revenus de la signature des contrats de ses coureurs. ISEA prend 5% de commission sur chaque accord.

Cette année, il doit renégocier les contrats d’une vingtaine de ses coureurs. Un moment essentiel donc, puisqu’il s’agit de l’une des sources principales de revenus de la petite entreprise. "Nous sommes très transparents avec les coureurs. Le deal est simple, nous prenons une commission de 5% à la signature", explique encore Yannick Prévost. Loin des tarifs pratiqués dans le football, les contrats dans le cyclisme se négocient plutôt en centaines de milliers d’euros. "Il y a quelques cyclistes sur le Tour avec des contrats en millions mais c’est l’exception", explique le responsable.

Avec une victoire à son actif dès sa première participation à la Grande Boucle, la cote de son coureur vedette Van Aert monte en flèche. Forcément un bon point, mais qui a peu de chance de se traduire à court terme dans les caisses d’ISEA. "C’est évidemment super, mais il vient de signer pour deux ans. En général, les contrats dans le cyclisme vont jusqu’à leur terme. Il y a assez de respect sur le marché et entre les managers. Il n’y a pas vraiment des cow-boys comme on peut en trouver dans le football", sourit le responsable qui préfère toutefois ne pas s’enthousiasmer à l’excès.

"Les choses vont très vite. Si vous gagnez une étape au Tour, tout le monde parle de vous, mais si vous vous cassez le bras et ne pouvez plus rouler pendant six mois, vous êtes rapidement oublié", explique le responsable. Une phrase prononcée vendredi matin. Quelques heures avant l’abandon de son coureur.

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