Travail et Covid: l'écailler devenu facteur

Moustapha Samary ©Antonin Weber / Hans Lucas

Le Covid a chamboulé la vie de Moustapha Samary, passé de l’Écailler du Palais Royal à bpost.

Moustapha Samary (45 ans) a été écailler toute sa vie, jusqu’à ce que le Covid vienne brutalement chambouler son existence. "J’ai commencé à la Brasserie Georges à Uccle à l’âge de 18 ans. J’étais à la plonge avant de devenir commis de cuisine puis d’être promu écailler. Après 14 ans, je suis allé travailler à la Brasserie Jaloa, place Sainte-Catherine, dirigée par le chef étoilé Gaëtan Colin."

"On gagnait bien notre vie dans l’horeca, on avait des beaux clients."
Moustapha Samary

Il reçoit ensuite une proposition de l’Écailler du Palais Royal, au Sablon. "Je ne pouvais pas refuser ça. À l’époque, on gagnait bien notre vie dans l’horeca, on avait des beaux clients." Il passe ensuite au Toucan sur Mer à Ixelles, le patron Jean-Michel Hamon l’envoie au concours mondial des écaillers à Nice, où il représente le Maroc et termine septième. Mousse l’Écailler, comme on l’appelle, est alors au sommet de son art.

Tout bascule en 2020. "Un ami qui a repris la gérance du clubhouse du golf d’Enghien me propose de travailler avec lui. C’était juste après le premier confinement. Il me propose un CDD de deux mois pour commencer. J’aspirais à un boulot plus relax."

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Nourrir sa famille

C’est alors que survient le deuxième confinement. "Mon CDD était terminé, je n’avais plus d’employeur et sans CDI, je n’avais pas droit aux aides de l’État. Ce fut une période difficile au plan personnel. Je me suis dit que ça ne servait à rien de s’accrocher dans cette branche et qu’il fallait que je trouve autre chose pour nourrir ma famille. J'ai lu dans la presse que bpost engageait des gens de l’horeca pour les livraisons de colis. J’ai passé un mois à l’entrepôt de Schaerbeek et comme j’avais obtenu une évaluation positive, on m’a envoyé à l’école postale où j’ai appris le métier de facteur."

"Mon CDD était terminé, je n’avais plus d’employeur et sans CDI, je n’avais pas droit aux aides de l’État."
Moustapha Samary

Aujourd’hui, Moustapha travaille sous CDI chez bpost et il en est à la fois fier et heureux. "Avec l’uniforme de la poste, on se sent partie d’une grande famille. Et j’ai retrouvé le contact humain que j’avais dans la restauration, on sert les gens, même si c’est d’une autre façon. Les gens sont toujours heureux de voir arriver le facteur avec un colis."

Le salaire est certes différent, mais Moustapha relativise. "Je gagnais bien ma vie dans l’horeca mais quand on vit le soir, on dépense plus aussi. Et puis bpost offre pas mal d’avantages que je ne recevais pas dans l’horeca: 13e mois, prime bénéficiaire, chèques repas, pension correcte, taux préférentiels à la banque de la poste, etc."

Finalement, Moustapha ne regrette rien. "Ce n’est plus la vie d’artiste de l’horeca, mais au moins maintenant, j’ai un emploi stable et je vois ma famille."

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