La crise du Covid pèse sur la motivation au travail

Les résultats de notre sondage réalisé auprès des lecteurs de L'Echo et du Tijd sur le rapport au travail et la fatigue professionnelle sont sortis. Un bon tiers des travailleurs font état de symptômes d'épuisement.

Ces deux dernières semaines, L’Echo et De Tijd vous ont proposé de tester votre rapport au travail et mesurer votre niveau d’épuisement un an après le début de cette crise du Covid-19. Le confinement et la généralisation du télétravail ont en effet impacté nos habitudes professionnelles, menant parfois à de grosses remises en question. Vous avez été 2.896 lecteurs à répondre au questionnaire confectionné par Balencio, une spin-off de l’UCLouvain spécialisée dans la gestion du capital humain.

Que nous enseignent vos ressentis? Les symptômes d’épuisement touchent un tiers des travailleurs (34%), et davantage de femmes que d’hommes (41%) disent éprouver une fatigue moyenne ou élevée. Les francophones se disent aussi globalement plus épuisés que les néerlandophones (41%, contre 28% au nord du pays).

Les symptômes d’épuisement touchent un tiers des travailleurs (34%), et davantage de femmes que d’hommes (41%) disent éprouver une fatigue moyenne ou élevée.

La fatigue,  énormément de personnes peuvent la ressentir à un moment ou l’autre de leur carrière. Se dire simplement "fatigué" ne suffit donc pas à mesurer l’impact réel du travail. Balencio a donc proposé plusieurs critères pour affiner l’analyse. La fatigue dite "professionnelle" vient en tête des résultats, avec 48% de travailleurs disant en souffrir. Que signifie-t-elle? Que ces travailleurs ressentent au travail un désengagement, une baisse de motivation ou une baisse de satisfaction. Viennent ensuite les fatigues cognitives et émotionnelles, qui vont souvent de pair: problèmes de concentration, oublis, ruminations, irritabilité, anxiété, tristesse. Ces symptômes sont aussi ressentis par presque la moitié des répondants.

La fatigue physique arrive rapidement derrière (troubles du sommeil, tensions musculaires, maux de tête ou de ventre). Seule la fatigue dite "comportementale" (isolement, addiction) est peu mentionnée. Ces constats confirment l'analyse réalisée par Balencio il y a deux semaines au départ de sa propre base de données.

Pourquoi ce mal-être?

Voilà donc pointés les symptômes. Mais pourquoi surviennent-ils chez les travailleurs? Les principaux facteurs de risques expliquant ces symptômes d’épuisement semblent provenir de la quantité de travail jugée trop importante, et de l’éloignement avec la culture d’entreprise ou encore le manque de communication sur les mesures liées au Covid et sur la mise en place du télétravail, souligne Balencio dans son analyse des résultats. Les conséquences en sont, chez près d’un travailleur sur quatre, une faible intention de rester au sein de l'entreprise. Ce taux est plus élevé du côté francophone (47%).

Le rythme de travail a-t-il une influence sur le ressenti des  travailleurs? Oui. L’enquête de Balencio pour L'Echo montre en effet que les employés à mi-temps éprouvent plus de difficultés sur certains points: crainte de perte de leur emploi, adéquation avec la culture d’entreprise, gestion du télétravail. Par contre, ce groupe de travailleurs dit éprouver – assez logiquement - une charge de travail moins lourde.

47%
des travailleurs
Le pourcentage de travailleurs dont l'intention de rester dans l'entreprise est basse atteint 47% chez les francophones.

L’âge est aussi un facteur influençant, sur certains aspects, le rapport au travail, particulièrement en ce qui concerne la gestion du télétravail, qui semble davantage peser sur les plus jeunes. Pour Balencio, cela peut s’expliquer par un besoin d’apprendre plus important en début de carrière, ce qui est plus difficile à réaliser à distance. Les jeunes semblent aussi éprouver plus de difficultés avec le manque de contacts sociaux.

Des pistes de solutions

Face à ces constats, Balencio lance quelques pistes à l’adresse des entreprises afin de les aider à surmonter cette crise. "Nous sommes nombreux à devoir travailler à la maison, et cela nécessite des aménagements au niveau organisationnel en vue de limiter les risques de mal-être", dit Balencio. Face aux plaintes concernant la charge de travail, Balencio conseille d’agir à la fois sur le fond (trouver des solutions en cas de sous-effectif, objectiver la charge de travail et mieux la répartir au sein des équipes, limiter le multitâche), et sur la forme (témoigner de la reconnaissance, proposer des formations en gestion du temps, …).

"Nous sommes nombreux à devoir travailler à la maison, et cela nécessite des aménagements au niveau organisationnel en vue de limiter les risques de mal-être."
Balencio

Sur le plan de la communication, pointée aussi par certains travailleurs comme source de mal-être, Balencio conseille de communiquer de manière plus structurée, de mettre des modes de communication efficace à distance (vidéoconférence, lunchs informels, réseaux sociaux d’entreprise, …), et d’encourager la communication entre les travailleurs ainsi qu'avec la hiérarchie. Enfin, pour aider à mieux gérer le travail à distance, Balencio insiste sur la bienveillance, le maintien des réunions à distance (en gardant un juste équilibre entre le besoin d’interaction et la charge de travail, ce qui équivaut à ne pas multiplier les réunions inutilement), et la désignation de personnes de soutien vers lesquelles les collaborateurs en télétravail peuvent se tourner.

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Le résumé

  • Un tiers des travailleurs dit souffrir de symptômes d'épuisement au travail.
  • La motivation et la satisfaction au travail sont les facteurs les plus problématiques.
  • La charge de travail, l'éloignement de la culture de l'entreprise et le télétravail sont pointés comme responsables.
  • Balencio conseille aux entreprises de mettre en place des solutions collectives et organisationnelles.

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