Travail et Covid: "Sans le coronavirus, j'aurais poursuivi comme freelance"

Informaticien freelance pendant trente ans, Françoise devenu employé pour affronter l'angoisse née du Covid. ©AFP

Après être passé par la maladie, François, indépendant depuis toujours, a choisi la sécurité de l'emploi salarié.

François (prénom d’emprunt), 52 ans, travaille depuis près de 30 ans dans le service informatique d’une grande banque belge en tant que consultant externe. Fin janvier 2021, la banque lui indique que sa mission en tant qu’indépendant est outsourcée en Inde, dans un objectif de réduction des coûts. Il quittera son poste fin juillet, le temps de transférer ses connaissances à ses nouveaux collègues en Inde.

"Sans le Covid, j'aurais probablement refusé et j’aurais poursuivi ma carrière comme freelance ailleurs."
François
Consultant en informatique

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Entre-temps, un poste d’architecte/solutionniste (qui s’occupe du design d’architectures informatiques) était vacant depuis six mois au sein de la banque, sous le statut d’employé. François décide de saisir l’opportunité, chose qu’il n’aurait pas faite il y a un an."Sans le Covid, j'aurais probablement refusé et j’aurais poursuivi ma carrière comme freelance ailleurs", nous confie-t-il.

"Je me réveillais tous les matins en me demandant si ça allait s’aggraver ou pas."
François
Consultant en informatique

François a en effet contracté le Covid en avril 2020, au début de la pandémie. "Sans être passé par la case hospitalisation, j’ai été sérieusement malade et il m’a fallu six mois pour être complètement rétabli. Pour quelqu’un qui a toujours été en bonne santé, c’est une expérience flippante, je me réveillais tous les matins en me demandant si ça allait s’aggraver ou pas."

Une énorme angoisse

La maladie a frappé tant le physique que le mental. "Pendant des mois, je me suis retrouvé essoufflé en haut des escaliers alors que j’ai pratiqué du sport de haut niveau pendant dix ans. J’ai aussi eu des problèmes de mémoire et éprouvé des difficultés à apprendre des nouveautés. Tout d’un coup, on prend conscience des fragilités de la vie. J’ai ressenti une énorme angoisse pour mon avenir professionnel."

Voilà pourquoi François a accepté de devenir salarié au sein de l’entreprise pour laquelle il travaillait comme freelance depuis trente ans. "J’ai opté pour plus de sécurité et pour certains avantages extralégaux au niveau de la pension notamment. J’ai également pu négocier mon ancienneté."

Sans ce coup du sort, François n’aurait pas abandonné son statut d’indépendant. "J’aurais continué, c’est sûr. J’avais fait des investissements, je pouvais choisir mes projets et j’avais une liberté financière que je n’aurai plus. Toucher un bonus en tant que salarié ou indépendant, ce n’est pas vraiment la même chose au niveau des prélèvements fiscaux…"

"Par contre, les banques sont aux petits soins pour leurs employés, quand je vois tout ce qu’elles proposent en matière de santé mentale. Et trente-six jours de congé par an au lieu de vingt, ce n’est pas vraiment la même chose non plus", admet-il.

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