Vous êtes indépendant, comment vous en sortir en temps de Covid?

L'incertitude liée au Covid est particulièrement dure à gérer pour les indépendants, qui ont souvent du mal à se projeter. ©Julie Joseph

Les relations de travail ont été affectées par le Covid. Serge Thiebautgeorges est consultant RH et coach en management pour les indépendants. Que conseille-t-il?

Il y a les indépendants qui ont dû mettre leur activité en veilleuse, voire qui ont mis la clé sous le paillasson, et puis il y a les autres, qui turbinent parfois à plein régime pour se maintenir à flot. Pour ces indépendants-là aussi, la crise a pu accentuer un certain malaise au travail, voir provoquer une vraie remise en question.

Prenez quelques minutes pour faire le point

Pas de besoin de créer un compte, il suffit d'entrer un mot de passe et de le confirmer pour accéder au questionnaire. Sachez que toutes les réponses sont anonymisées et qu'elles ne font l’objet d’aucune exploitation commerciale.

Serge Thiebautgeorges, consultant RH et coach pour les indépendants en quête de sens ou en reconversion au sein de l’Union des classes moyennes (UCM), constate qu’un des gros soucis qui revient sur la table, c’est la difficulté qu’ont les indépendants à scinder vie privée et vie professionnelle. "Dans deux tiers des cas, un membre de la famille est présent dans l’entreprise, comme codirigeant ou employé, et très vite, on arrive à parler autant des difficultés du privé que du professionnel, tout se mélange", dit-il.

Flirt avec le burn-out

Beaucoup d’indépendants travaillent 50 à 70 heures par semaine, avec le nez dans le guidon de l’opérationnel. "Ils ne prennent pas le temps de lever la tête et de réfléchir à leur stratégie. Engager du personnel, pour se libérer du temps, pour travailler sur la vision de l’entreprise, leur serait bénéfique pour gagner en bien-être et sortir de l’épuisement psychologique", dit le consultant. Un pas souvent difficile à franchir  pour ces personnes qui ont mis en place un flirt permanent avec le burn-out. "Ils ne s’autorisent pas à craquer, ils reportent à plus tard les possibilités de souffler, et ils ont du mal à lâcher-prise et déléguer."

"Idéalement, il faut arriver à se projeter dans les cinq ans à venir et y voir plus clair sur la stratégie."
Serge Thiebautgeorges
Consultant RH et coach à l'UCM

Faire "monter en grade" la compagne avec le statut de conjointe-aidante ou engager une personne de confiance pour se donner le temps de réfléchir, revoir son organigramme, voire donner un peu plus d’espace à sa vie privée peut être une bonne manière de sortir la tête de l’eau.

Encore faut-il arriver à se projeter dans le contexte d’incertitude généré par la crise du Covid. "Idéalement, il faut arriver à se projeter dans les cinq ans à venir et y voir plus clair sur la stratégie", dit Serge Thiebautgeorges. "Mais tout le monde est dans le ‘day to day’ et les perspectives sont difficiles, tout le monde vit comme si c’était le dernier jour."

"Un indépendant qui postule n’inspire pas toujours confiance au patron en recherche de personnel."
Serge Thiebautgeorges
Consultant RH et coach à l'UCM

Quid de la reconversion éventuelle? "La reconversion est plus compliquée pour l'indépendant, car  il a déjà des engagements avec les banques, mais on peut  y réfléchir." Comment? "Il faut partir de sa planète idéale et l’imaginer transposée à sa situation, son âge, etc. Voir ce qui serait le plus épanouissant. Parfois, la réponse sera de poursuivre son activité, ou lancer un autre business en parallèle de ce que l’on fait déjà."

D'indépendant à salarié?

Quant au passage au statut de salarié, c’est un pas souvent difficile à franchir. "Un indépendant qui postule n’inspire pas toujours confiance au patron en recherche de personnel. Souvent, ils ont du mal à projeter la personne en tant que salarié, ils ont peur qu’elle ne soit pas gérable, voire prenne le lead. Souvent, le passage est aussi vu comme une régression, alors que la transition du salariat vers l’entrepreneuriat est vue comme une ascension."

Serge Thiebautgeorges livre dans ce cadre deux conseils: soit, si l’on dispose d’un bon réseau, postuler comme cadre dans une entreprise où l’on est déjà connu pour son expertise, en faisant jouer l’atout de la capacité d’autonomie, soit se positionner comme expert ou comme manager intermédiaire. À déconseiller: revenir à tout autre chose, que l’on a déjà faite en début de carrière, car on risque de ne pas être crédible.

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