Bert Leysen:"J’ai crié sur tous les toits que mon entreprise florissante était à vendre"

Le maintien en place du personnel s’est révélé un atout et une valeur ajoutée pour le repreneur de l’entreprise de Bert Leysen. ©Diego Franssens

"Les entrepreneurs qui ne trouvent pas de successeur ont tendance à paniquer, car ils craignent que les gens pensent, lorsque vient le moment de la revente, qu’il y a un problème avec leur mais société."

Au début des années 1980, Bert Leysen n’imaginait pas rejoindre l’entreprise de placage de bois de son père, Gaston Leysen. "Je venais de terminer mes études et j’avais trouvé un travail en tant qu’acheteur non-food chez Makro", se souvient-il. "Mais mon père est tombé malade et il était très ferme sur le fait qu’en tant qu’unique fils d’une famille de cinq enfants, je devais reprendre l’entreprise."

L’histoire de l’entreprise remonte à 1959. Gaston Leysen, le père de Bert, travaillait comme représentant d’une entreprise de placage de bois lorsque cette dernière est tombée en faillite. Le principal créancier a repris la société et a nommé Gaston à sa tête. Il avait été convenu qu’il recevrait un bonus en actions s’il parvenait à remettre l’entreprise sur pied.

Bert Leysen: "J’ai eu la chance de bénéficier de la confiance du repreneur, qui m’a donné carte blanche" ©Diego Franssens

En 1982, l’année où Bert Leysen a repris la direction de l’entreprise, son père détenait une participation de 49% dans la société. Son père estimait qu’il devait racheter cette participation. "Ayant quatre sœurs, j’ai également dû racheter leurs parts."

Après avoir repris les autres parts, Bert en détenait 100%. Dans les années qui ont suivi, il a développé l’entreprise de manière spectaculaire et s’est lancé sur les marchés d’exportation.

Au milieu des années 2000, il s’est avéré qu’aucun de ses trois enfants n’était intéressé à suivre ses traces. "Ils ont tous trois un beau diplôme et souhaitent suivre leur propre voie. Pour être honnête, cela n’a pas été facile pour moi. Mais j’ai un excellent comptable qui m’a dit que je devais crier sur tous les toits que je n’avais pas de successeur pour mon entreprise florissante et qu’elle était donc à vendre."

Sauter dans le train

"Il y a 14 ans, il était encore surprenant de voir quelqu’un vendre l’entreprise familiale. On croyait parfois qu’il devait y avoir un problème avec la société. Ma mère m’a informé qu’une rumeur circulait selon laquelle l’entreprise était en faillite. J’ai constaté qu’aux Pays-Bas, la mentalité était totalement différente. J’ai même reçu des félicitations pour la vente de la société. Là-bas, on pense qu’il faut sauter dans le train lorsqu’il passe, car l’occasion ne se présente qu’une seule fois."

"Il y a 14 ans, il était encore surprenant de voir quelqu’un vendre l’entreprise familiale."
Bert leysen
Vendeur de Gaston Leysen Fineer

Pour Bert Leysen, l’une des principales conditions assorties à la vente était que l’ensemble du personnel soit repris. Il a reçu plusieurs offres en ce sens. Mais en 2007, il est arrivé à un accord avec Bulo, le célèbre fabricant de mobilier de bureau qui est également une entreprise familiale.

"Nous étions un fournisseur apprécié de Bulo et ils nous connaissaient. À ce moment-là, Bulo disposait d’un entrepôt vide et n’avait donc pas besoin de mes locaux. Je leur ai donc uniquement vendu le fonds de commerce. N’étant pas de ceux qui veulent obtenir immédiatement leur argent sur leur compte bancaire, j’ai donné les bâtiments en location avant de les vendre au locataire 18 mois plus tard."

Know-how

"En outre, nous nous sommes mis d’accord avec Bulo sur le fait que je resterais CEO et que je partagerais tout mon know-how.

"La transaction s’est avérée très positive pour les deux parties."
Bert Leysen

Au final, la transaction s’est avérée très positive pour les deux parties. Mon comptable m’a dit que nous aurions peut-être pu obtenir 10% de plus, mais je trouvais que c’était une bonne chose que l’ensemble du personnel soit repris. Il ne faut pas sous-estimer l’importance du passif social sur le prix de vente d’une entreprise. Mais dans ce cas, la reprise du personnel s’est révélée un atout et une valeur ajoutée. Le savoir-faire spécifique de mon entreprise a en effet ainsi été transmis au repreneur."

Après la transaction, la société a été rebaptisée Bosq et, pour la première fois de sa vie, Bert Leysen a travaillé pour un "patron". "Pour moi, ce fut très difficile au début, car je devais chaque fois consulter d’autres personnes concernant de nouvelles idées et des investissements. C’était un grand bouleversement. Mais j’ai eu la chance de bénéficier de la confiance du repreneur, qui m’a donné carte blanche."

Depuis peu, la nouvelle génération a repris la barre de Bulo. Bert Leysen a fait un pas de côté et l’un des descendants des actionnaires de Bulo est aujourd’hui CEO de Bosq. "Je n’interviens plus que dans le cadre de projets spéciaux. Mais nous continuons à nous appeler tous les jours."

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