4.000 euros pour les chômeurs qui se lancent comme indépendants

Sarah Lenoir, qui a décidé de "créer son job", est une jeune entrepreneuse qui a fondé en mai "Knock Knock Prod". Ici, en conversation avec Didier Gosuin, ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi. ©Frédéric Pauwels / HUMA

À partir de janvier, les demandeurs d’emploi bruxellois qui se lancent en tant qu’indépendants pourront bénéficier d’une prime de 4.000 euros.

À Bruxelles, 94.046 personnes cherchent un emploi. Mais combien rêvent de devenir chef d’entreprise sans oser passer le pas? Créer son emploi est aussi une solution. Pour soutenir les demandeurs d’emploi dans leurs projets d’entreprise, le ministre de l’Économie et de l’Emploi, Didier Gosuin (DéFI), leur propose une prime de 4.000 euros. Cette aide est dégressive sur six mois: 1.250 euros le premier mois, 1.000 euros le deuxième mois, 750 euros le troisième mois, 500 euros le quatrième mois, 250 euros le cinquième et encore 250 euros le sixième mois. "Avec cette prime, les demandeurs d’emploi pourront mettre le pied à l’étrier sans craindre des difficultés financières. On leur donne 6 mois de plus pour aller vers leur break even", affirme-t-il.

6,2 %
6,2 % des 18-64 ans choisissent la voie de l’entrepreneuriat, contre 7,9 % en Europe et 11,9% aux Etats-Unis.

Aucune condition d’âge n’est fixée. Tout demandeur d’emploi qui choisit de se lancer peut donc en bénéficier. Mais l’idée est de stimuler l’esprit d’entreprise, surtout auprès des jeunes. Peu d’entre eux osent se lancer. Seulement 3,4% des 18-34 ans choisissent cette voie. C’est l’un des taux les plus faibles d’Europe (7,5% en moyenne dans l’Union européenne). Si on élargit la fourchette aux 18-64 ans, ce taux monte à 6,2%, ce qui est plus proche de la moyenne européenne de 7,9% mais encore loin du taux des Etats-Unis qui grimpe à 11,9%.

Pourtant, un Belge sur trois se verrait bien lancer son entreprise. Mais la peur de l’échec freine les initiatives. La moitié des entrepreneurs belges (49,4%) craignent d’échouer. Aux Etats-Unis, ce sentiment d’inquiétude est moins fort (29,7%).

Une prime de 4.000 euros va-t-elle pousser les demandeurs d’emploi à affronter leur frousse? "Je suis contre le fait de donner des primes pour tout et n’importe quoi. Une prime pour l’achat d’un vélo, une prime pour l’achat d’une chaudière… Je déplore ces primes généralisées qui profitent à tout le monde même à ceux qui n’en ont pas besoin. Ce sont des primes électorales. Ici, on ne parle pas d’une prime Didier Gosuin. Ici, on cible un public particulier qui est dans un statut fragilisé de demandeur d’emploi. On lui propose une solution pour en sortir", justifie-t-il.

La prime entrera en vigueur en janvier. Un budget de 2,5 millions d’euros est prévu. 625 demandeurs d’emploi pourraient donc en profiter. "Mais si la mesure a du succès, il est évident que nous réajusterons le budget", assure Didier Gosuin.

École pour entrepreneurs

"Stimuler l’esprit d’entreprendre, c’est la base de tout."
Didier Gosuin
Ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi

D’autres mesures ont également été prises pour stimuler l’esprit d’entreprise. Ainsi depuis la rentrée académique, une école pour entrepreneur a ouvert ses portes à Bruxelles. Be starter propose un programme de 6 semaines pour les jeunes qui souhaitent tester leur projet d’entreprise. La formation est entièrement gratuite. Depuis l’année dernière, des programmes de sensibilisation ont également été menés dans les écoles qualifiantes et en formation en alternance. Plus de 4.000 jeunes ont été touchés, se félicite Didier Gosuin et 42% d’entre eux ont déclaré envisager l’entrepreneuriat comme option de carrière. "C’est important de permettre aux jeunes de développer des compétences entrepreneuriales. Stimuler l’esprit d’entreprendre, c’est la base de tout. Sans cet esprit entrepreneurial, il n’y a pas d’entreprises, pas de stimulation de l’économie bruxelloise et donc pas de création d’emploi.", conclut-il.

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