Bruxelles Formation étoffe son offre sur mesure

Conséquence de la mise en place de la garantie jeune: plus de la moitié des stagiaires sont âgés de moins de 30 ans. ©Bruxelles Formation

Le service public de la formation des Bruxellois invite les entreprises qui peinent à trouver des profils qualifiés à faire appel à ses services. Bruxelles Formation mise sur l’innovation pédagogique et une offre sur mesure pour améliorer le taux de remise à l’emploi et devenir le partenaire privilégié des employeurs.

Pour Bruxelles Formation, 2018 fut l’année des innovations pédagogiques, fait valoir sa directrice générale Olivia P’tito qui cite notamment l’organisation de hackathons à destination de futurs développeurs et la mise en service de la première voiture didactisée permettant aux stagiaires en mécanique automobile de faire leurs armes sur du matériel de pointe. Sans oublier la création, dans le centre commercial City 2, de S.Kool, la première boutique-école de Belgique offrant une formation d’excellence en techniques de vente.

16.158
Le nombre de chercheurs d’emploi formés par Bruxelles Formation et ses partenaires en 2018.

Fraîchement bouclé, le rapport annuel indique que Bruxelles Formation et ses partenaires ont formé 16.159 chercheurs d’emploi l’année passée. Parmi eux, 3.572 ont suivi un stage ou une formation en entreprise. Alors que le nombre de personnes formées stagne, on constate en revanche une hausse de près de 400 places de formation par rapport à l’année passée. Un signal positif selon Olivia P’tito qui considère que l’un des enjeux consiste toujours à "sécuriser" les parcours de formation. "Le but est de faire en sorte que les stagiaires qui commencent par de la remise à niveau enchaînent avec une formation qualifiante", explique la patronne de Bruxelles Formation, qui affiche désormais un taux de 79,9% de sortie positive vers l’emploi ou relative à une reprise d’étude après une formation qualifiante.

Pour améliorer encore ce taux, Bruxelles Formation entend coller toujours plus aux attentes des entreprises. Adopté en 2017, le contrat de gestion ambitionne de faire de cet organisme d’intérêt public le partenaire privilégié des employeurs bruxellois grâce à une offre sur mesure. Prenons à titre d’exemple la formation en électromécanique comprenant un volet théorique fourni en interne et un volet pratique dispensé sur le matériel roulant de la Stib, avec l’assurance pour les stagiaires de pouvoir intégrer in fine la société des transports publics. Même principe pour la formation de surveillants de chantier chez Tuc Rail, filiale d’Infrabel.

"Nous n’avons pas la prétention de tout faire en interne. Nous sommes des spécialistes de la formation, mais pas dans tous les domaines."

"Lorsqu’un employeur ne trouve pas les compétences requises chez Actiris, il peut s’adresser à nous. Si nous connaissons les besoins, nous pouvons y répondre. Nous sommes agiles et créatifs", assure Olivia P’tito qui prend en exemple la formation en technique de doublage mise sur pied en quelques mois à la demande du secteur. "Bruxelles compte de nombreux studios de doublage qui manquaient de voix. Une trentaine de personnes ont suivi en 2018 la formation de cinq jours qui a été donnée par une PME du secteur. Nous n’avons pas la prétention de tout faire en interne. Nous sommes des spécialistes de la formation, mais pas dans tous les domaines. Nous avons la capacité de recourir à des tiers pour construire des partenariats et renforcer ainsi notre rôle de régisseur de l’offre de formation professionnelle comme le veut le nouveau contrat de gestion."

Les jeunes ciblés

42,90%
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En Région bruxelloise, 42,90% des chercheurs d’emploi n’ont pas de diplôme reconnu en Belgique.

Dans son rapport annuel, Bruxelles Formation livre aussi des statistiques relatives à son public. Si la proportion d’hommes (50,8%) et de femmes (49,2%) est équilibrée, on observe en revanche de grandes disparités en ce qui concerne les âges et le niveau d’étude. Ainsi, plus de 28% des personnes qui se sont formées en 2018 chez Bruxelles Formation et ses partenaires sont âgées de moins de 25 ans alors que cette catégorie d’âge représente seulement 10% des demandeurs d’emploi inoccupés bruxellois. Cette surreprésentation s’explique notamment par la mise en place, il y a cinq ans, de la garantie jeune qui propose à tous les nouveaux chercheurs d’emploi de moins de 30 ans une formation professionnelle, un stage ou un emploi dans les six mois.

En Région bruxelloise, 42,90% des chercheurs d’emploi n’ont pas de diplôme reconnu en Belgique. Ceux-ci représentent près de la moitié des personnes ayant suivi une formation en 2018. Ce qui démontre que Bruxelles Formation assume sa part de responsabilité vis-à-vis de ce public spécifique, estime Olivia P’tito, qui se fait ainsi l’écho d’une récente étude démontrant qu’il est plus difficile de trouver un emploi à Bruxelles lorsque l’on est d’origine étrangère, même à diplôme égal.

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