Bruxelles aura son Musée d'Art moderne

©Saskia Vanderstichele

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) détaille le projet de Musée d’Art moderne et contemporain, qui prendra place dans les bâtiments de Citroën, le long du canal de Bruxelles.

Plus d’une année que le staff du ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (PS), négocie en toute confidentialité avec les Français de PSA-Peugeot-Citroën pour décrocher un emplacement dans le bâtiment Citroën et en faire un grand musée dédié à l’art moderne et contemporain. Rudi Vervoort (PS) livre les détails de cet ambitieux projet.

Comment est né ce projet d’installer un tel musée dans les bâtiments de Citroën?

L’idée est sur la table depuis un certain temps mais il y avait un projet qui visait à installer le musée du côté du Cinquantenaire. Cela ne nous convenait pas. Parce que je considère que les musées doivent être un facteur d’urbanité, que les Bruxellois doivent pouvoir se les approprier. La culture, c’est une manière de réconcilier les Bruxellois avec eux-mêmes, de réconcilier cette zone clivante qu’est le canal. Il y a un potentiel extraordinaire autour du canal et on veut le développer. On a donc cherché dans cette zone-là et immédiatement le fantastique bâtiment d’André Citroën s’est imposé. Amener le musée d’art moderne autour de cette voie d’eau, cela avait du sens. C’est un choix fort pour Bruxelles. Bruxelles va avoir son Guggenheim, son MoMa.

En quoi est-ce important que Bruxelles ait un grand musée d’art moderne?

Mais parce qu’on a de l’ambition et on veut le montrer! L’offre culturelle dans une grande ville est indispensable: ce sont des milliers d’emplois non délocalisables, c’est de l’attractivité touristique. On dope l’activité économique. Mais au-delà de ça, Bruxelles est une place culturelle qui s’ignore encore trop souvent. Et pour inverser cela, on a besoin de projets et de musées qui portent cette ambition. Je vais le dire platement: on ne doit pas jouer petit bras, jouons dans la cour des grands…

Comment avez-vous pu convaincre Citroën de vous céder cet endroit?

Le bâtiment Citroën est splendide, il est emblématique de l’architecture des années 1930. C’est un bâtiment connu, que tout le monde veut préserver. C’est tout un symbole. Le groupe voulait se relocaliser car ce bâtiment qu’ils ont fait construire en 1936 est démesuré. Il fait 30.000 mètres carrés mais le potentiel du site est encore plus vaste. On a donc trouvé un site de relocalisation plus adapté pour Citroën entre le centre TIR et le site de Tour et Taxis.

Quelle sera la taille de ce musée?

L’idée est d’exploiter entre 15 et 16.000 mètres carrés pour le musée. Citroën pourra développer un autre projet immobilier un nouveau quartier avec du logement. On avance sur ces pistes-là.

Citroën est vraiment très attentif au projet puisque ce bâtiment est pour eux aussi très emblématique, c’est André Citroën lui-même qui l’avait fait construire, et ils ont déjà travaillé sur le même genre de reconfiguration avec le parc André Citroën à Paris. C’est important pour eux que l’aspect image reste hyper qualitatif.

Est-ce que le groupe va être partenaire du musée?

Non, nous serons partenaires sur le plan du développement du site. Mais on sera deux entités juridiques complètement différentes pour ce qui est du musée. Le Musée et son acquisition, c’est la Région bruxelloise.

Combien la Région met-elle sur la table?

Il n’y a pas encore de chiffre tout dépend de la relocalisation de Citroën, mais il n’y a pas encore de chiffrage des 16.000 m² du musée. L’idée, c’est aussi de ne pas grever le budget de la Région bruxelloise. Ce sera financièrement supportable.

Alors, sur le contenu de ce musée d’art moderne et contemporain: qu’y retrouvera-t-on?

On a travaillé avec les musées royaux dont Michel Draguet est le directeur général, et on leur a demandé de nous définir ce dont ils avaient besoin. Le musée va s’insérer parfaitement dans le site et les musées royaux ont déjà identifié toute une série de collections. L’idée est d’avoir un musée qui puisse valoriser les collections existantes, c’est essentiellement du XXe et du XXIe. On va avoir du postmoderne surtout. Les collections se composent, entre autres, de Picasso, Dali, Matisse, Miro, Bacon, etc. On a une idée assez précise de ce qui sera développé. Ce sera aussi grand public car l’objectif est de ne pas se cantonner à quelque chose d’élitiste.

L’aspect contemporain sera-t-il uniquement composé des collections existantes?

Ce point devra encore être développé.

Parce que ces collections-là ne sont pas très fournies…

C’est exact, mais l’objectif est bien d’avoir du moderne et du contemporain.

Avez-vous l’intention d’associer d’autres organismes parafédéraux, comme Belgacom, Belfius, etc?

Nous sommes évidemment ouverts. La Région a choisi un endroit, on joue le rôle de moteur mais l’objectif est évidemment de mettre par la suite tous les acteurs intéressés ensemble, pour avancer dans la même direction.

Quand ce musée va-t-il ouvrir ses portes?

Il faut le temps que Citroën déménage, il faut ensuite entamer les travaux, etc. Nous tablons, pour rester raisonnables, sur une ouverture en 2017, à la fin de la prochaine législature.

Laurette Onkelinx veut maintenir les libéraux dans l’opposition si l’électeur lui en donne l’opportunité et poursuivre avec une coalition de type Olivier (PS, cdH, Ecolo), voire avec le FDF. Qu’en pensez-vous?

Qu’elle a tout à fait raison. Que notre gouvernement a très bien travaillé et que l’Olivier est une coalition qui fonctionne particulièrement bien. Mais je le dis: si les Bruxellois veulent que ça continue, ils doivent voter en conséquence le 25 mai prochain. J’ajoute aussi qu’on ne doit certainement pas oublier le FDF dans les futurs noms de partenaires possibles…

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