Bruxelles craint d'être l'otage de Ghelamco avec le stade national

©ghelamco

Le gouvernement flamand refuse d’accorder les permis du stade national demandés par le promoteur. Une bataille juridique commence.

C’était attendu, le gouvernement flamand s’est aligné mardi sur l’avis défavorable rendu au début du mois de janvier par son administration concernant le projet de stade national introduit par Ghelamco. Il refuse en toute logique de délivrer les permis nécessaires au promoteur pour mettre en œuvre et exploiter son projet. L’incidence de celui-ci sur son environnement, en termes de mobilité notamment’, est jugée trop importante, a confirmé la ministre flamande Joke Slauviege (CD&V). Elle précise que Ghelamco est toujours libre de présenter un autre projet mais celui-ci devra satisfaire aux prescrits urbanistiques qui encadrent le lotissement du parking C du Heysel, situé à Grimbergen, a-t-elle prévenu.

Ghelamco n’a, de fait, pas du tout l’intention de renoncer à l’opération et ne manquera pas de repenser son projet. On évoque un stade de moindres dimensions. "Nous voulons et nous allons construire un nouveau stade pour les Diables Rouges. C’est le plus bel endroit du pays pour cela", a confirmé son CEO Paul Gheysens à VTM. Rappelons que son projet prévoit des espaces de bureaux et des commerces autour du stade

Prisonnière d’un bail

"Je doute que Ghelamco renonce à une si belle affaire."
Marie Nagy
conseillère communale Défi

Pour continuer, Ghelamco devra batailler avec la Ville de Bruxelles. Selon plusieurs sources, celle-ci n’a plus qu’une envie: se défaire du promoteur flamand. Sa crainte? Devoir attendre des années que Ghelamco goupille un projet suffisamment crédible pour les autorités flamandes alors que la N-VA est radicalement opposée à l’implantation d’un stade à Grimbergen. C’est dans l’appréhension d’un long combat juridique que la Ville de Bruxelles a fait plancher un nouveau cabinet d’avocats sur les conditions du bail emphytéotique passé avec Ghelamco en 2015 pour la jouissance des 10 hectares du parking C. Si elle veut récupérer la maîtrise du terrain, la Ville n’a d’autre choix que de casser ce bail de 99 ans signé pour un euro symbolique. Ce contrat prévoit également une rente payée par la ville de plus de 4 millions d’euros par an pendant 30 ans. "Je doute que Ghelamco renonce à une si belle affaire", commente Marie Nagy (Défi), depuis l’opposition au conseil communal bruxellois.

Pour casser le bail, la Ville de Bruxelles pourra s’appuyer sur les échecs successifs de ce dossier. A commencer par les arguments développés par la Flandre pour refuser le permis. Le contrat était en outre axé sur l’organisation de l’Euro2020 à Bruxelles (abandonnée par l’UEFA) et la venue d’un club résident dans les nouvelles installations (les intentions du Sporting d’Anderlecht à cet égard sont toujours floues). L’enjeu est d’autant plus important pour la Ville que le destin du parking C est intimement lié au projet Neo de redéploiement urbanistique du plateau du Heysel.

Lundi, le conseil communal se penchera d’ailleurs sur un projet de voirie de liaison entre le parking C et le Ring porté par Brussels Expo, l’exploitant des palais du Heysel. Une voirie qui doit assurer la desserte de Neo, côté chaussée Romaine.

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