Bruxelles ne veut plus de migrants au parc Maximilien

©Kristof Vadino

Les contrôles de police vont s’intensifier alors qu’une demande de mettre les casernes d’Etterbeek à disposition pour déplacer une population qui empêche les riverains de jouir des installations récréatives du parc a été introduite, précise l’échevin Alain Courtois

Le parc Maximilien n’a pas vocation à demeurer un point de rendez-vous de la migration au cœur de l’Europe. C’est la position du premier échevin MR à la Ville de Bruxelles qui a décidé de mettre fin à une occupation de fait qui suscite des plaintes d’habitants du quartier Nord, déplore-t-il. Alors que le scrutin communal approche et que la pression s’intensifie sur les élus locaux, Alain Courtois a pris son bâton de pèlerin pour déplacer les dizaines de migrants qui passent la journée dans le parc.

"Il faut prendre la situation dans son ensemble, explique-t-il. Il y a d’une part les migrants qui font une demande d’asile et qui sont pris en charge par l’Etat et les autres qui sont en séjour illégal. Pourquoi viennent-ils précisément dans le parc Maximilien? Il faut s’intéresser à cette question. J’ai quelques réponses. Il y a des applications mobiles qui les amènent là. Ils viennent aussi parce qu’il y a des passeurs dans le quartier. Ils viennent parce qu’on leur dit qu’ils vont y recevoir à manger…. la Ville en loge déjà certains mais nous devons commencer à analyser la situation pour les riverains. Ils doivent se réapproprier le parc Maximilien."

Le sujet a donc atterri sur la table du collège échevinal de la Ville de Bruxelles ce jeudi. À la clé, un accord pour agir, annonce Alain Courtois: "Il y a une unanimité pour dire que si on ne fait rien, ce sera encore la même chose dans cinq ans à cet endroit." La veille, il avait rencontré le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) ainsi que le cabinet du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA). L’objectif est clair: conjuguer les moyens pour que les migrants quittent le parc. À la Ville de Bruxelles, on signale que vu qu’une bonne part de ces personnes ne demandent pas l’asile en Belgique mais ne viennent là qu’en transit, la proximité de l’Office des étrangers ne peut plus justifier la présence des migrants dans le parc, argumente-t-on.

"Des applications mobiles guident les migrants vers le parc."
Alain Courtois
Premier échevin de la Ville de Bruxelles

La Ville reçoit des courriers d’habitants se plaignant de problèmes de propreté et d’accès aux "infrastructures récréatives du parc", assure l’échevin Courtois. Il propose un plan en trois axes. Il faut commencer par prendre des mesures anti-passeurs, estime-t-il: "S’il n’y a plus de passeurs, les gars ne viendront plus." L’affaire est du ressort de la police fédérale. "J’ai dit au Fédéral: n’oubliez pas la traite des êtres humains… il y a des interventions mais les passeurs sont très difficiles à débusquer…"

Déplacer les illégaux

Deuxième axe du plan: déplacer les migrants en situation illégale dans "un autre endroit". L’échevin songe avec insistance aux casernes d’Etterbeek mais le ministre Jambon, en charge de la Régie des bâtiments, semble avoir déjà fermé cette porte. Le cabinet de Theo Francken répète par ailleurs qu’il n’est pas question pour lui "de créer un hub pour le Royaume-Uni". D’autres pistes sont envisagées à Bruxelles, comme le local ouvert par la Ville à Haren pour les migrants dont certains reviennent au parc après y avoir passé la nuit. L’ancien siège de l’Otan est également évoqué.

Selon Alain Courtois, les réfugiés se retrouvent au parc Maximilien parce que l'on y distribue à manger, mais aussi parce qu'on on y rencontre plus facilement des passeurs. ©BELGA

Le troisième axe du plan d’Alain Courtois repose sur "des mesures techniques de l’autorité communale pour faire en sorte que ces personnes ne restent pas là". Il s’agira sans doute de contrôles de police supplémentaires. Via la zone de police Nord, la commune de Schaerbeek a mis en œuvre un plan de sécurité spécial pour le quartier de la gare du Nord, confirme le bourgmestre Bernard Clerfayt (DéFI).

Un volet de ce plan s’attaque au phénomène des passeurs, connu de longue date. "Le trafic international relève de la police fédérale, nous lui transmettons toutes les données que nous recueillons. Il est clair que le travail policier est insuffisant à cet égard", déplore-t-il, malgré le fait que le phénomène est connu comme cause de la concentration de migrants dans le centre-ville. "Et quand nous arrêtons un illégal pour un délit, l’Office des étrangers nous dit de le relâcher…"

Alain Courtois veut plus de contrôles de la police fédérale dans le quartier, notamment pour débusquer les passeurs. ©Photo News

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