Davantage de chantiers dans votre GPS

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Pour Els Ampe, échevine de la Mobilité à la Ville de Bruxelles, les autorités publiques doivent mieux communiquer leurs interventions en voiries aux quatre principaux opérateurs de navigation, Here, Apple, TomTom et Google (Waze).

Les problèmes de mobilité ne sont pas une fatalité. "Le souci, c’est qu’on a perdu confiance en notre capacité à les résoudre." Els Ampe est échevine de la Mobilité à la Ville de Bruxelles et profitait, jeudi, de la trêve des confiseurs pour faire le point sur quelques chantiers importants que la commune-capitale doit mettre en œuvre à partir de 2018. Une nouvelle zone 30 de grande envergure, un nouvel axe de pénétration cyclable jusqu’au cœur du centre-ville figurent au programme de l’échevine libérale néerlandophone. Mais au cours d’une discussion à bâtons rompus, l’échevine entendait aussi faire valoir quelques arguments et positions officielles de la Ville de Bruxelles en matière de mobilité. Et quelques considérations personnelles.

Nous souhaitons que le trafic de transit ne vienne plus perturber les zones résidentielles, c’est en partie pour cela que notre administration a noué des contacts avec ces opérateurs des systèmes de navigation.
Els Ampe
Echevine de la Mobilité à Bruxelles

Les systèmes de navigation informés

En 2018, la vitesse autorisée sera limitée à 30 km/h dans trois nouveaux quartiers de Laeken, en bordure du plateau du Heysel. Un gros changement qui sera communiqué aux quatre principaux acteurs de la navigation que sont Here, Apple, TomTom et Google (Waze), précise Els Ampe. "À la demande des habitants, nous souhaitons que le trafic de transit ne vienne plus perturber les zones résidentielles, c’est en partie pour cela que notre administration a noué des contacts avec ces opérateurs des systèmes de navigation, explique-t-elle. Cela permet d’informer rapidement les automobilistes des changements qui interviennent en voiries et d’encourager le trafic sur les grands axes. Nous le faisons également pour les grands événements comme Plaisir d’hiver (le marché de Noël du centre de Bruxelles, NDLR) mais il me semble que ça devrait être élargi aux plus petits événements. Je pense notamment aux 800 manifestations qui se déroulent sur le territoire de la Ville chaque année."

©Aude Vanlathem

Pour Els Ampe, qui est également chef de groupe Open Vld au Parlement bruxellois, ces bonnes pratiques devraient inspirer les autorités régionales. La Région dispose d’une plateforme où s’enregistrent l’ensemble des travaux de voiries baptisée Osiris pour une meilleure coordination des chantiers.

"C’est un système global utile et intéressant mais il devrait être connecté aux systèmes de navigation, le problème c’est qu’Osiris n’est pas encore en open data. Bien sûr, le traitement de toutes ces informations demande beaucoup de travail mais on devrait y arriver un jour." Et de citer l’exemple de la plateforme FixMyStreet qui, après de débuts difficiles, commence à se monter efficace. Celle-ci permet le signalement rapide des problèmes de voiries et de propreté. En matière de travaux, elle a contribué à la réduction des délais d’intervention à quatre ou cinq jours, estime Els Ampe.

Un élargissement utile à la Ville

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La pensée positive de l’échevine se penche vite vers le projet d’élargissement du ring porté par les autorités flamandes (rappelons que l’Open Vld est partenaire de la N-VA et du CD&V au gouvernement flamand). À l’inverse de la commune voisine de Jette qui s’oppose au projet, "la Ville de Bruxelles est pour", tient à rappeler la libérale.

Pour plusieurs raisons:
• pour délester la chaussée Romaine du trafic de transit et des navetteurs
• pour favoriser l’accès aux zones industrielles du nord de Bruxelles
• pour garantir l’accès au futur site de Neo qui doit développer le plateau du Heysel.

Pour rappel, une nouvelle prison doit être construite sur l’ancien site de l’Otan à Haren.

On a perdu confiance en notre capacité à résoudre les problèmes de mobilité.
Els Ampe
Echevine bruxelloise de la mobilité

Els Ampe dit par ailleurs ne pas comprendre la volonté de rétrécir les axes autoroutiers à l’entrée de Bruxelles (une réduction est prévue pour la E40 à Schaerbeek et la destruction du viaduc Herrmann-Debroux est parfois évoquée).

"A Amsterdam, ils font exactement l’inverse et cela réduit les embouteillages", dit-elle, en assurant que ce n’est pas parce qu’on élargit les axes routiers qu’on encourage l’usage de la voiture.

"Vous savez, en 2006 il y avait autant de voitures qu’aujourd’hui mais on sent beaucoup plus les embouteillages, d’après mes calculs, 90 kilomètres de voiries ont disparu ces dernières années à Bruxelles…"

Els Ampe: "90 kilomètres de voiries ont disparu ces dernières années à Bruxelles…" ©Dieter Telemans

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