Didier Gosuin va tester la semaine de quatre jours à Bruxelles

©Kristof Vadino

Une expérience pilote va être menée au sein de Bruxelles- Propreté: la semaine de quatre jours. Cette réorganisation du travail doit permettre de créer des emplois supplémentaires.

500 emplois
La semaine de quatre jours devrait permettre de créer entre 400 et 500 emplois au sein de Bruxelles-Propreté, soit environ un cinquième de plus que les 2.400 emplois actuels.

Même si le nombre de jeunes demandeurs d’emploi est en baisse à Bruxelles (voir infographie), un problème d’adéquation entre le profil du demandeur d’emploi et le marché du travail persiste. Plus de la moitié des jeunes demandeurs d’emploi bruxellois n’ont pas leur diplôme d’enseignement secondaire. Or, les emplois faiblement qualifiés ont tendance à se restreindre. "Que ce soit au supermarché ou dans d’autres entreprises, les emplois faiblement qualifiés sont de plus en plus souvent remplacés par des systèmes informatiques", observe Didier Gosuin, ministre bruxellois de l’Économie et de l’Emploi (Défi, ex-FDF). Dès lors, il pose cette question: "Y a-t-il encore suffisamment d’emplois pour celles et ceux qui sont faiblement qualifiés?".

Une façon de créer de nouveaux postes serait, d’après lui, de partager le temps de travail. Il propose une semaine de quatre jours "mais pas à la sauce Goblet ou Aubry", dit-il. Son maître à penser en la matière, c’est Pierre Larrouturou, l’initiateur de la réflexion sur la réduction du temps de travail en France. Ce dernier prône une adhésion volontaire des entreprises à ce système.

©MEDIAFIN

Des entreprises françaises telles que Fleury Michon ou Mamie Nova, actives dans l’agro-alimentaire ou encore Macif (banque et assurance) ont opté pour la semaine de quatre jours. À elles trois, elles ont créé plus de 1.000 emplois (800 pour Macif, 125 pour Fleury Michon et 120 pour Mamie Nova). En Suède, des initiatives locales sont aussi menées pour tester la semaine des 30 heures. C’est le cas dans une maison de repos ou encore chez un concessionnaire Toyota.

Didier Gosuin, avec le soutien de sa collègue Fadila Laanan (PS), secrétaire d’État en charge de la Propreté, va lancer une telle expérience au sein de Bruxelles-Propreté où 95% des emplois sont peu qualifiés. La semaine de 4 jours va donc d’abord être testée dans un organisme public pour tenter de convaincre par la suite les employeurs du secteur privé.

"Je ne vois pas comment les employeurs vont faire pour accepter de payer 100% du salaire alors que les employés ne travailleront plus que 80% du temps. Mais je ne ferme pas la porte aux discussions. J’attends de voir ce que les pouvoirs publics proposeront", réagit Thierry Willemarck, le président de Beci (Chambre de commerce et Union des entreprises de Bruxelles). Pour inciter les employeurs, Didier Gosuin propose une baisse des cotisations patronales. Mais cette matière n’est pas dans son domaine de compétences. Il s’agit d’une mesure que seul le Fédéral peut prendre.

Opération neutre

Le ministre bruxellois est cependant convaincu que l’opération est neutre budgétairement grâce au gain engendré par la mise à l’emploi et le non-paiement des allocations de chômage et d’insertion. Il va lancer une étude dans le courant du premier semestre 2016, parallèlement à l’expérience-pilote menée au sein de Bruxelles-Propreté, afin d’analyser l’impact macro et micro économique.

Du côté syndical, Philippe Van Muylder (FGTB) affirme ne pas encore avoir consulté ses homologues syndicaux de Bruxelles-Propreté mais à titre personnel, il ne rejette pas d’emblée la mesure. "Je préférerais cependant qu’on recycle toute une série de réductions de cotisations patronales existantes plutôt que de pomper encore dans la sécu."

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