Émeutes à Bruxelles : un suspect interpellé puis relâché

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Des bagarres impliquant près de 300 personnes ont eu lieu samedi soir dans le centre-ville de Bruxelles suite à un match de qualification de l'équipe nationale marocaine pour le Mondial 2018. Des policiers et des civils ont été blessés. Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a demandé à l’Inspection générale de la police fédérale d’ouvrir une enquête.

Vingt-deux agents de police ont été blessés lors d'émeutes qui ont éclaté dans le centre-ville de Bruxelles samedi soir, selon un nouveau bilan communiqué dimanche matin par Olivier Slosse, commissaire de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles. Une autre personne a également été emmenée à l'hôpital, sans qu'il soit établi si elle était impliquée dans les échauffourées. Deux voitures ont par ailleurs été incendiées et plusieurs magasins pillés. Personne n'a encore été interpellé mais la police utilisera les images des caméras de surveillance pour identifier les auteurs.

Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a demandé à l'Inspection générale de la police fédérale et de la police locale (AIG) l'ouverture d'une enquête sur les circonstances dans lesquelles s'est déroulée l'intervention policière de samedi soir dans le centre de Bruxelles, à l'issue de la qualification du Maroc pour le championnat du monde de football.

A la suite des émeutes, des questions ont été soulevées sur la rapidité et l'efficacité de l'intervention policière. "Les violences ont eu de lourdes conséquences pour les commerçants et les particuliers. Des personnes ont été blessées, surtout au sein des policiers", a commenté le cabinet du ministre. 

L'enquête doit notamment permettre de déterminer pourquoi aucune arrestation n'a eu lieu. "Cette enquête de l'AIG est aussi importante dans la perspective du prochain championnat du monde de football. Il importe de tout mettre en œuvre pour éviter que ce genre d'incidents ne se répète". Le ministre dit espérer des résultats et des recommandations de l'enquête au plus tôt.

Mise en place d'une taskforce judiciaire

Plus tard dans la soirée, le parquet a indiqué qu'une interpellation avait bien eu lieu mais que le suspect avait été relâché après avoir été entendu. Le parquet de Bruxelles a indiqué qu'il ne disposait pas d'éléments suffisants pour poursuivre cette personne tout de suite ou pour justifier la demande d'un mandat d'arrêt éventuel. 

"Le parquet de Bruxelles s'engage à poursuivre les suspects identifiés qui peuvent être liés aux émeutes ou saccages", indique-t-il dimanche dans un communiqué.  "La police locale de Bruxelles Capitale-Ixelles a mis une taskforce judiciaire en place. Cette initiative a été prise en étroite collaboration avec le parquet, dans le but d'identifier au plus vite les auteurs des faits". 

Les bagarres ont éclaté samedi soir dans le centre-ville de Bruxelles, impliquant environ 300 personnes, quelques minutes après la qualification de l'équipe nationale marocaine de football pour la prochaine Coupe du monde en Russie. Les policiers ont été visés par des jets de projectiles, des voitures ont été incendiées et du mobilier urbain ainsi que certains préparatifs pour Plaisirs d'Hiver ont été endommagés.

Afin de disperser la foule, la police a eu recours par deux fois à un canon à eau, place de la Bourse dans un premier temps et puis à hauteur du carrefour Lemonier.

Le retour au calme a été constaté vers 00h30, les appuis de la police fédérale et d'autres zones de police locale ont alors quitté les lieux.

La police fera appel aux images des caméras de surveillance pour identifier les auteurs.

Réaction rapide selon Close, tardive selon le Cdh

Les émeutes de samedi soir sont "inacceptables", a également estimé dimanche le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close. Ce dernier salue l'intervention rapide des forces de l'ordre, qui ont agi "avec professionnalisme et circonspection".

La police "est extrêmement bien formée et était prête". "Elle a gardé son sang-froid et donc pu réagir rapidement, ce qui a permis de limiter les dégâts, même si ceux-ci sont évidemment de trop pour les personnes qui les subissent", indique le bourgmestre dans un réaction à Belga.

La priorité des forces de l'ordre dans ce genre de situation est de "rétablir l'ordre", rappelle-t-il, après que plusieurs critiques ont circulé dans les médias sur le manque de rapidité d'intervention des policiers dans les magasins pillés.

Philippe Close a la ferme intention de demander au parquet de poursuivre les fauteurs de trouble. "Le football doit rester une fête, et je suis toujours ouvert à des fêtes à la Bourse. Or ce qui s'est passé n'est pas une fête, mais de la casse."

Pour sa part, Le cdH, dans l'opposition au conseil communal de la Ville de Bruxelles, a pointé du doigt dimanche la réaction tardive à ses yeux du bourgmestre Philippe Close à la suite des émeutes de samedi soir dans le centre-ville.

Le cdH "tient à féliciter le travail des policiers pour faire rétablir l'ordre et déplore la réaction tardive du bourgmestre", indique-t-il dans un communiqué. 

La cheffe de file cdH Joëlle Milquet demandera à M. Close (PS) des explications officielles sur le déroulement des évènements de la nuit, un plan d'indemnisation des victimes policières et civiles, une collaboration de tous les services de la Ville pour aider le parquet à identifier et condamner les auteurs des faits, ainsi que des mesures claires pour ce type de rassemblement à l'avenir, notamment pour la Coupe du monde de football 2018.

Un quartier en proie à des gangs de rue

De son côté, la secrétaire d'État régionale Bianca Debaets (CD&V) a vivement dénoncé dimanche, sous sa casquette de conseillère communale d'opposition, l'inaction de la majorité communale bruxelloise pour la sécurité des quartiers centraux de la capitale, à la suite des émeutes survenues samedi soir.

"Une action urgente est nécessaire dans ces quartiers. A seulement deux rues de la Grand Place, le quartier est en proie à des gangs de rue. Présence de dealers, scènes de harcèlement de rue, vols et cambriolages sont monnaie courante.Pourquoi le Collège de la Ville a-t-il laissé la situation dégénérer", demande Mme Debaets.

Y avait-il suffisamment de policiers disponibles? La coopération avec les autres zones a-t-elle été harmonieuse? Pourquoi n'étaient-ils pas plus rapidement sur place? Pourquoi n'a-t-on procédé à aucune arrestation? A défaut d'arrestation, ne sera-t-il pas très difficile de traduire en justice les coupables et de les punir sévèrement?", questionne la conseillère d'opposition, qui se dit par ailleurs "heureuse que ces faits ont aussi été fortement dénoncés au sein de la communauté marocaine".  

La police lance un appel pour recevoir des images

La zone de police Bruxelles-capitale/Ixelles lance un appel à la population pour identifier les auteurs des violences perpétrées samedi soir au centre de Bruxelles.

"Toutes les images concernant les émeutes et saccages peuvent être transférées via l'adresse suivante zpz.polbru.info@police.belgium.eu à la task force judiciaire créé afin d'identifier les auteurs de hier soir", a-t-elle indiqué dimanche sur le réseau social Twitter.

Les rixes qui ont éclaté samedi soir à Bruxelles après la qualification de l'équipe nationale marocaine à la prochaine Coupe du monde de football ont impliqué quelque 300 personnes et fait 23 blessés, dont 22 policiers. Deux voitures ont été incendiées, plusieurs magasins ont été pillés, tandis que des installations prévues pour les Plaisirs d'hiver ont été saccagées.

Aucune interpellation n'a eu lieu, mais la Ville de Bruxelles a promis des sanctions. "L'identification des auteurs doit être une priorité. Il faut sanctionner fermement les fauteurs de trouble", a ainsi tweeté le bourgmestre de Bruxelles-Ville, Philippe Close.

Pour y parvenir, les autorités demandent l'aide de personnes qui disposeraient d'images des émeutes et saccages. "Les victimes ou autres personnes avec des questions peuvent téléphoner 24h/24 et 7j/7 au numéro de téléphone 02/279.79.09", ajoute la police locale. 

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