Fadila Laanan rêve de créer une Cité des sciences

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Fadila Laanan, la secrétaire d’État bruxelloise en charge de la Recherche scientifique, propose de créer une Cité des sciences à Bruxelles, qui serait nommée "Explore". L’objectif est d’ouvrir un espace qui sensibilise les jeunes aux sciences. L’idée est de leur proposer des activités scientifiques ludiques. Aucun lieu n’a encore été choisi. Le gouvernement n’a pas encore donné son accord pour ce projet qui lui est présenté ce matin. À l’heure du conclave budgétaire, "Explore" ne suscite pas l’enthousiasme de tous les partis.

Trente ans après Paris, Bruxelles imagine ouvrir sa propre Cité des sciences. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un rêve de la secrétaire d’État bruxelloise à la Recherche scientifique, Fadila Laanan (PS), qu’elle va présenter ce matin à ses collègues de gouvernement. Son rêve a déjà un petit nom: "Explore", parce que "Musée" ou "centre" peuvent être des termes rebutants pour des jeunes à qui on souhaite donner le goût des sciences.

Pourquoi ouvrir cette Cité des sciences alors que Bruxelles dispose déjà du Musée des sciences naturelles et du Planétarium? Car ces deux institutions sont dédiées à des domaines bien spécifiques. L’idée serait de créer une infrastructure qui abordera les sciences de manière plus large. Le Scientastic, qui avait cette vocation, est fermé depuis plusieurs années.

L’objectif d’"Explore" est de sensibiliser les jeunes aux sciences.

Quelles activités pourront être proposées? La question a été posée le 16 janvier à un panel d’experts du secteur lors d’une journée de réflexion à laquelle 80 personnes ont participé. Parmi elles, des représentants d’universités, de Hautes Écoles et d’écoles bruxelloises, mais aussi des associations de sensibilisation aux sciences et des entreprises. D’après le rapport publié après ce grand brainstorming, "l’idée est de sortir du format classique d’un musée des sciences et de construire le projet autour de la communauté scientifique en faisant d’Explore un espace d’expérimentation, une plateforme des acteurs bruxellois, un lieu ouvert sur le monde pour développer des projets".

Ce sont des beaux mots mais concrètement, que vont faire les jeunes? Le rapport évoque des spectacles, des jeux, des concours scientifiques, des conceptions de mini-entreprises, des présentations concrètes de métiers scientifiques (ex: police scientifique). Des ateliers nomades, par exemple des camions de sciences, des festivals, des animations dans les écoles sont également prévus.

Quelles tranches d’âge sont visées? Le projet ne prévoit aucune segmentation par tranches d’âge mais les adolescents sont des cibles privilégiées. Explore va leur proposer des activités autour de leurs centres d’intérêt: smartphones, musique, nouvelles technologies, jeux vidéo,… Des activités connexes sont aussi envisagées pour attirer un public large et assurer des horaires d’ouverture étendus: un espace de restauration, un fablab (un laboratoire de fabrication ouvert au grand public), un repair café, des espaces de co-working,…

Quels seront les tarifs? Aucune proposition de politique tarifaire n’est évoquée mais il est question de formules de gratuité.

Un budget de 9 millions

Où se situera cette Cité des sciences? Aucun endroit n’est encore mentionné. Seul le budget pour l’investissement immobilier est fixé, à 9 millions d’euros. Mais encore faut-il que l’ensemble du gouvernement accepte de lâcher cette somme à l’heure où débute un conclave budgétaire qui s’annonce particulièrement difficile en raison de prévisions de recettes pessimistes. Dans ce contexte, la Région bruxelloise peut-elle se permettre de dépenser de l’argent pour créer une Cité des sciences? Certains s’interrogent aussi sur le moment choisi par Fadila Laanan pour proposer ce projet. "On parle budget à tous les étages. On comprend qu’elle ait ses propres demandes. Mais la sienne est chère. Et pourquoi lancer un nouveau projet qui ne figure même pas dans l’accord de gouvernement en fin de législature? Pour recycler des camarades?", suspecte cette source.

Une autre se montre plus tendre, quoique…: "Pour l’instant, il y a trop d’incertitudes, principalement financières et de localisation. Des études permettront peut-être de clarifier les choses. Mais si c’est pour nommer le chef de cabinet de Fadila Laanan, cela ne passera pas". Encore une autre: "On ne peut pas encore créer un bidule alors qu’on nous reproche d’en avoir déjà trop créé".

Bref, ce n’est pas encore gagné.

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