La Stib veut desservir l'hôpital Brugmann avec ses navettes autonomes

©BELGA

Le premier test de navettes autonomes effectué par la Stib durant l’été s’achève sans incident. Prochaine étape sur le site Solvay où les navettes côtoieront des voitures avec une plus grande flexibilité dans les parcours. La Stib attend les autorisations nécessaires pour un premier test dans l’espace public, planifié en mars 2020.

Durant les mois de juillet et août, pas moins de 3.144 usagers, soit en moyenne 165 par après-midi d’exploitation, sont montés à bord des navettes autonomes mises à disposition par la Stib dans le parc de la Woluwe. Les deux véhicules full électriques du constructeur français EasyMile sont programmés pour parcourir sans pilote un trajet d’environ 1,5 km à travers ce poumon vert de la Région bruxelloise.

Pour ce premier test avec une navette autonome, qui s’achèvera le 22 septembre, la société des transports publics bruxellois a opté pour des véhicules équipés de lidars capables de détecter et de réagir à la présence d’obstacles fixes ou en mouvement. L’autre technologie existante qui permet aux navettes autonomes de se déplacer à l’aide de balises implantées dans le sol n’avait pas été retenue, notamment en raison de son manque de flexibilité.

De très bons retours 

Le premier bilan de cette expérience dressé par la Stib est positif. Selon des comptages provisoires réalisés fin août, un total de 1.108 km ont été parcourus en conduite autonome avec des voyageurs à bord, sans qu’aucun accident ni incident n’ait été relevé. Les retours recueillis par le personnel chargé d’accompagner les usagers et de récolter leurs avis étaient aussi positifs: les raisons principales évoquées pour participer au test des navettes autonomes sont la curiosité et l’envie de découverte. Il ressort des coups de sonde que 93% des voyageurs ont donné un avis favorable sur la navette, dont 32% un avis très favorable.

"Ce qu’on ambitionne de proposer à Brugmann, c’est une solution de mobilité à vocation sociale."
Françoise ledune Porte-parole de la Stib

Déterminée à ne pas rester à quai pour voir le train des nouvelles technologies défiler sous son nez, la Stib poursuivra des tests du genre, avec une complexité croissante. Le prochain rendez-vous est déjà fixé après les vacances de Toussaint sur le site de Solvay à Neder-over-Heembeek. Ce site de 22 hectares permettra de tester les navettes dans un environnement contrôlé où l’on ne trouvera pas uniquement des piétons et des cyclistes, comme c’est le cas dans le parc de la Woluwe, mais également des voitures, de vrais carrefours et des zones de stationnement.

Le tout en passant d’une vitesse de 10 km/h à 15 km/h. "Il s’agit à la fois d’un site industriel et d’un campus avec de multiples bâtiments pour les 1.300 travailleurs, des parkings, une crèche, un restaurant d’entreprise… Le parcours des navettes sera adapté en fonction des chantiers en cours sur le site mais aussi des différents besoins au cours de la journée. Desservie le matin et le soir, la crèche ne le sera pas forcément à midi, par exemple, explique la porte-parole de la Stib, Françoise Ledune. Nous voudrions aussi profiter de cette opportunité pour tester la navette autonome à la demande. Par exemple, l’accueil pourrait demander à la navette de venir chercher un visiteur et de l’amener à un point spécifique, sans arrêts intermédiaires et en choisissant le tracé le plus direct. Cette flexibilité dans le parcours sera la différence principale avec le test de Woluwe, où les tracés et les arrêts étaient fixes."

Dans le trafic en 2020

Après l’épisode Solvay, censé s’achever en février 2020, la Stib projette de s’atteler à un troisième test nettement plus ambitieux. Celui-ci prendrait place sur le site du CHU Brugmann avec une partie du parcours au sein du site fermé et l’autre sur la voie publique. La volonté est de permettre aux personnes se rendant à l’hôpital en métro d’emprunter une navette autonome entre la station Houba-Brugmann et le centre hospitalier, ce qui implique de savoir gérer des interactions avec des feux de circulation et des trams de la Stib. "Cela correspond à une distance d’environ 600 mètres hors du site, dans le trafic automobile, soit un trajet d’environ sept minutes à pied, précise Françoise Ledune. Le test dans le parc de la Woluwe ne représentait pas de véritable utilité pour l’usager tandis qu’à Solvay il y aura un intérêt en termes de mobilité. Mais ce qu’on ambitionne de proposer à Brugmann, c’est une solution de mobilité à vocation sociale."

La société des transports publics bruxellois s’exprime encore au conditionnel. La Ville de Bruxelles devra notamment accorder son feu vert ainsi que le SPF Mobilité, car il est encore interdit à l’heure actuelle de faire rouler des navettes autonomes sur la voie publique. Les résultats du test Solvay auront sans doute une influence sur l’octroi de cette autorisation et les timings. La Stib espère mener ce test à partir du mois de mars 2020 jusqu’à la fin juin 2020 pour la phase 1, durant laquelle les navettes ne quitteront pas le site de l’hôpital. La phase 2, qui prévoit la circulation sur la voirie, se déroulerait ensuite à partir de septembre 2020.

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