analyse

La course à la micromobilité bruxelloise se resserre

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Il ne reste plus que cinq opérateurs de trottinettes électriques dans la capitale après les départs impromptus de Tier, Wind et Hive. Doucement mais sûrement, le marché de la micromobilité se stabilise.

Après Paris, et les départs brusques de 6 opérateurs de trottinettes électriques en juillet dernier, Bruxelles devient, à son tour, le théâtre de la concurrence sanglante qui anime le secteur de la micromobilité. Sans l’annoncer, les e-scooters floqués Tier, Wind et Hive ont disparu des rues de la capitale cette semaine, marquant une sortie de piste pour ces poursuivants alors que la course pour la suprématie sur la micromobilité bruxelloise fait rage.

"On arrive à la fin de la ruée vers l’or. Les usages se modèrent et les concurrents moins concentrés disparaissent."
Valentin Haarscher
CEO de Poppy

"Nous n’avons pas de nouvelles, nous avons simplement constaté que les applications ne fonctionnaient plus et que les trottinettes n’étaient plus en circulation", explique, Inge Paemen, porte-parole de Bruxelles Mobilité, au sujet des trois opérateurs. "On se demande s’ils ne sont pas en pause", ajoute-t-elle. Il n’est en effet pas clair si ces départs sont voués à être définitifs où s’ils témoignent d’une phase de réorganisation.

Contactés par nos soins, Hive, un projet financé par Daimler-BMW, ayant déployé 800 trottinettes à Bruxelles depuis son arrivée en juin, et les allemandes Wind (500 appareils) et Tier (moins de 100) n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Test de résistance

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Depuis juin 2018 et l’arrivée fracassante des trottinettes électriques dans les rues bruxelloises, d’abord par l’intermédiaire du belge Troty, puis de l’américain Bird – tous deux disparus depuis –, le chassé-croisé des acteurs du secteur n’a pas cessé. En cause, un marché très attractif, certes, mais une grande difficulté pour les entreprises qui s’y frottent à atteindre le seuil de rentabilité. Selon une étude du marché parisien publiée par le Boston Consulting Group en mai 2019, il faut 4 mois à un opérateur pour rentabiliser ses trottinettes. Problème, celles-ci ont une durée de vie estimée à 3 mois en moyenne, du fait de l’âpreté de l’utilisation en libre-service, des actes de vandalisme et du fonctionnement en surrégime de leurs batteries.

En attendant que les trottinettes se fondent dans le moule rugueux des grandes villes et génèrent les inhérentes réductions de coûts, les opérateurs saignent du cash. La question tient donc plus de la résistance financière et l’accessibilité de la flotte que de la différenciation des produits, les offres des différents opérateurs étant toutes relativement similaires en termes de prix, types d’engins et d’utilisation.

Vers une stabilisation du marché

Au sujet de l’intensité concurrentielle du secteur, Valentin Haarscher, CEO du belge Poppy, préfère parler de marathon plutôt que de sprint. Selon lui, "se faire une place dans une ville comme Bruxelles est un combat de longue haleine. Tier, Wind et Hive ont fait le choix de multiplier leur présence à travers le monde, avec des flottes et des effectifs réduits, sans réellement s’adapter aux marchés ciblés. Chez Poppy, notre stratégie est de se concentrer sur certaines villes (Anvers et Bruxelles) plutôt que de se disperser."

Bruxelles, plus permissive qu’Anvers en termes de licences octroyées, voit peu à peu la loi du marché faire son effet. Avec cinq opérateurs actifs (Lime, Circ, Dott, Jump et Poppy), le marché approche de la stabilisation. Valentin Haarsher est de cet avis et observe: "On arrive à la fin de la ruée vers l’or. Les usages se modèrent et les concurrents moins concentrés disparaissent peu à peu."

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