Le canal de Bruxelles sera une zone franche

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Pour attirer les entreprises dans des quartiers défavorisés, la Région bruxelloise va leur accorder des aides. Le projet de "zones franches" est prêt. Il a été déposé au Parlement.

Comment faire venir des entreprises dans des zones difficiles d’un point de vue socio-économique? C’est la question que s’est posée Benoît Cerexhe (cdH) lorsqu’il était à la Région. Céline Fremault (aussi cdH), qui lui a succédé, répond aujourd’hui. Son texte sur les "zones franches" a été déposé au Parlement. Il y sera bientôt débattu. De quoi s’agit-il? Premièrement, il détermine les critères de la zone franche, que les Bruxellois ont décidé d’appeler "Zeus" pour Zone d’économie urbaine stimulée.

  • Qu’est-ce qu’une zone Zeus?

Ces zones sont caractérisées par un taux de chômage supérieur à la moyenne régionale. Dans certains quartiers, il atteint 40%. Les revenus des habitants sont aussi plus faibles que la moyenne régionale. Et dernier symptôme, la proportion de chômeurs qui ont un profil d’ouvriers est aussi plus élevée que dans le reste du territoire régional.

Actuellement, la zone visée s’étend d’Anderlecht à Schaerbeek, le long du canal. Mais l’ordonnance permet d’en créer d’autres à l’avenir.

  • Quels avantages pour les entreprises?

Trois aides sont octroyées aux entreprises qui décident de s’implanter dans ces zones. Il s’agit d’abord d’étendre les aides à l’investissement qui visent des poches de développement dans ces zones. Concrètement, la Région pourrait prendre en charge jusqu’à 35% de ces investissements.

La deuxième aide a trait à l’embauche. L’entreprise qui s’installe dans la zone Zeus pourra recevoir une aide à hauteur de 30% du salaire brut, soit à peu près l’équivalent des cotisations sociales. Cette aide sera octroyée la première année. La deuxième année, elle s’élèvera à 15%. Enfin, la troisième aide est liée à l’implantation. Toute entreprise d’au moins 3 personnes s’installant dans la zone franche est exemptée d’une partie de la taxe bureau.

  • Quelles sont les conditions?

Les autorités bruxelloises tiennent à promouvoir l’emploi local. Dès lors, ces aides ne sont accordées qu’à la condition que 30% au moins du personnel de l’entreprise réside dans la zone Zeus dans laquelle elle s’est implantée. Pour conserver ces aides, l’entreprise doit respecter ces conditions pendant une période de trois années à partir de la fin de la réalisation de l’investissement. 

Du côté des entreprises bruxelloises, l’accueil du projet est globalement positif mais les conditions citées suscitent une certaine perplexité. "C’est intéressant de conditionner l’aide à l’emploi local mais nous espérons qu’il n’y aura pas une lecture stricte", commente Olivier Willocx, administrateur délégué du Beci. Il pense notamment aux entreprises qui déménagent vers une zone Zeus "qui ne va pas demander ni interdire à ses travailleurs de déménager", dit-il.

Il salue donc que la ministre ait choisi de mettre en œuvre un comité qui rendra des avis sur l’octroi des aides. Ces avis ne seront pas contraignants mais les employeurs pourront faire entendre leur voix puisqu’un des huit membres sera issu du conseil économique et social.

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