Le gouvernement bruxellois donne son feu vert à la recapitalisation de finance.brussels

L'ancien patron du Salon de l'auto, Pierre Hermant a succédé à Serge Vilain à la direction de l'ex-SRIB, désormais connue sous le nom de finance&invest.brussels. ©Frédéric Pauwels / HUMA

Le principal actionnaire de l'invest bruxellois vient d'autoriser une augmentation de son capital de 160 millions d'euros. Desquels il s'engage à assumer 107 millions. La porte est aussi ouverte aux privés.

C'était le gros dossier pour finance&invest.brussels (ex-SRIB). Qui occupait son CEO, Pierre Hermant, depuis deux ans maintenant. Mais voilà, la recapitalisation de l'invest bruxellois est désormais actée, lui permettant de pouvoir, demain, bénéficier d'un vrai effet de levier dans son action.

En effet, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale s'est accordé ce jeudi sur une augmentation de son capital de l'ordre de 160 millions d’euros, soit le triple des finances actuelles. Desquels 107 environ seront assumés par les pouvoirs publics, "au prorata de 26,4 millions d’euros par an", a fait savoir l'exécutif régional dans la foulée de sa réunion en matinée.

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En s'accordant sur une augmentation de capital de 160 millions, le gouvernement bruxellois va tripler les finances de l'invest bruxellois.

Appel aux privés

Pour le montant restant, finance.brussels se tournera vers le privé. D'abord vers ses actionnaires actuels, à savoir P&V (7,31%), BNP Paribas Fortis (6,96%), ING Belgique (4,81%), Ethias (3,91%), Belfius (3,05%) et KBC Private Equity (0,80%). Mais aussi, et c'est une bonne nouvelle souligne le patron de l'invest, de tout autre acteur intéressé, notamment du côté des family offices. Ce qui est rendu possible du fait que "le capital autorisé va aussi être revu à la hausse", souligne Pierre Hermant.

Bref, les astres s'alignent pour qu'investisseurs, privés ou institutionnels, puissent combiner rentabilité et impact sur l'économie locale bruxelloise, main dans la main avec les pouvoirs publics. Et ce, avec un soutien de la start-up en ascension à la PME mature. Une conjonction de vues à laquelle aura particulièrement œuvré ces dernières semaines la secrétaire d'État chargée de la Transition économique Barbara Trachte (Ecolo)

Côté timing, l'opération devrait être finalisée d'ici la fin d'année, entend-on. "An a assez de liquidité pour tenir jusque-là", rassure le CEO.

De même, l'entreprise pourra compter sur une équipe renouvelée, avec un nouveau président en la personne de Denis Knoops, ex-CEO de Delhaize. Chargé notamment d'un travail sur la notoriété de l'invest. Mais aussi d'un nouveau deputy CEO, en la personne de Franc Bogovic. Pierre Hermant se dit notamment "ravi" de ses deux premiers mois de collaboration avec le libéral néerlandophone, "surtout dans la crise à laquelle nous faisons face", où il ne fait pas mauvais être deux. D'autant que le patron de l'invest est aussi requis par l'Economic Risk Management Group, créé afin d'évaluer les impacts économiques de la crise du coronavirus et de formuler des propositions de remèdes.

"La montagne a accouché d'une souris"

En parallèle, de cette augmentation de capital, le gouvernement bruxellois a aussi décidé ce jeudi de renforcer les mesures économiques pour des secteurs parmi ceux les plus touchés par la crise du coronavirus. Et ce, via la mobilisation de l'épargne privée, un soutien aux coopératives d'activité et à la Smart, un renfort des microcrédits et un soutien à l'action des organismes de microcrédits.

Du côté du MR bruxellois, on n'a pas manqué de faire état d'une "inquiétude" sur le plan de relance de l'exécutif régional. En effet, pour ne parler que des 160 millions évoqués dans la recapitalisation de l'invest par exemple, "ce ne sont que 26,4 millions d'euros qui seront injectés par le gouvernement bruxellois cette année. Le reste du montant sera lui étalé sur les 3 prochaines années ou doit encore être trouvé auprès d'investisseurs privés", s'est exprimée depuis les rangs de l'opposition Alexia Bertrand, cheffe de groupe MR au parlement bruxellois.

Et de s'étonner d'un levée de fonds vraisemblablement rabotée: "depuis plusieurs mois, une recapitalisation à concurrence de 200 millions d'euros était en discussion et ce, avant même d'imaginer une crise d'une ampleur telle que celle du coronavirus. Les besoins de financement ont depuis lors tout simplement explosé!".

En fait, "en comparaison avec la mobilisation des outils économiques Wallons et flamands, la région bruxelloise offre ici une réponse lacunaire et insuffisante à ce stade. L'arsenal d'outils économiques proposé n'est pas à la hauteur des besoins des entreprises et indépendants bruxellois. La montagne a accouché d'une souris", a conclu la libérale.

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