Les commerçants bruxellois sont favorables au concept du piétonnier

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D’après un sondage de l’UCM, les commerçants ne sont pas contre un piétonnier dans le centre de Bruxelles, mais ils dénoncent massivement sa mise en œuvre actuelle.

Les commerçants bruxellois ne sont pas opposés au piétonnier. C’est ce que révèle une enquête de l’UCM (Union des classes moyennes) menée cet été auprès de 180 commerçants du centre-ville. Bien que le sondage ait une marge d’erreur de 7%, les avis sont très tranchés. 85% des sondés estiment que le piétonnier est une bonne idée. Mais 93% jugent que sa mise en œuvre est mauvaise. "J’ai été très agréablement surpris par ces résultats. Je m’attendais à des réponses très négatives du style: "on ne veut pas entendre parler du piétonnier". En réalité, ce que disent les commerçants, c’est que le piétonnier est en soi une bonne chose mais qu’il a été mal pensé", commente Philippe Godfroid, président de l’UCM.

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60% des commerçants affirment que la fréquentation de leurs établissements est en baisse depuis la mise en œuvre du piétonnier. 23% la jugent stable et 9% indiquent qu’elle est en hausse. "Il faut bien le dire, se promener sur le piétonnier, ça ne donne pas envie de faire du shopping. C’est sale. Ce n’est pas digne de la capitale de l’Europe. Il y a quelque chose qui ne va pas dans l’approche".

"Les commer-çants disent que le piétonnier est une bonne idée mais qu’elle a été mal pensée."
Philippe Godfroid
UCM

Mais à force de crier aux loups, les commerçants ne se tirent-ils pas eux-mêmes une balle dans le pied? "Les commerçants voient leur chiffre d’affaires baisser et les échéances de paiement qui se maintiennent. Ils ont peur. Et la peur est toujours mauvaise conseillère. Je ne cautionne pas quand l’un d’entre eux jette le bourgmestre hors de son établissement. Il y a eu un peu trop d’exaltation de la part de certains. Mais cela démontre un vrai manque de dialogue. Il y a une rupture de confiance avec le bourgmestre, Yvan Mayeur. Cependant, il n’est pas seul aux commandes. Il dirige avec une majorité. Elle doit se réveiller!", déclare Philippe Godfroid lançant subrepticement un appel du pied au MR et en particulier à l’échevine du Commerce, Marion Lemesre. 90% des commerçants affirment qu’ils n’ont pas été consultés par les autorités communales. "Quant aux 10% qui disent l’avoir été, nos enquêteurs nous ont indiqué que c’était parce qu’eux-mêmes avaient demandé un contact avec la Ville de Bruxelles. On ne peut pas vraiment dire que cette dernière a été très proactive pour initier le dialogue avec les commerçants".

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D’après lui, la majorité communale devrait suivre l’exemple de la ville de Lille. "Un travail y a été conjointement mené avec les autorités de la ville et les commerçants pour mettre en œuvre le piétonnier. Un comité d’accompagnement a été créé. La ville de Lille a aussi fait appel à une société spécialisée. Pourquoi Bruxelles n’en ferait pas de même? Jusqu’à présent, tout a été fait à la va-vite. Un jour, j’ai reçu une délégation étrangère qui logeait à l’hôtel Métropole sur la Place De Brouckère. Quand ils m’ont interrogé sur les blocs de béton placés sur le piétonnier, j’ai préféré leur dire qu’ils avaient été placés là à la suite des attentats. Je n’allais quand même pas leur dire que c’était ça qui délimitait le piétonnier".

Trois quarts des commerçants estiment que les modifications qui ont été apportées en juin au plan de circulation n’améliorent pas la situation. Que demandent-ils aujourd’hui? Premièrement, une meilleure signalisation avec un téléjalonnement (panneaux dynamiques indiquant les parcours à suivre vers les parkings). Le ministre de la Mobilité, Pascal Smet (sp.a), a indiqué que le placement débuterait dans le courant de l’automne. Encore un peu de patience donc. "Ce sont des choses simples qui sont réclamées. Pourquoi ne sont-elles pas mises en œuvre plus rapidement?". Les commerçants souhaiteraient également un coup d’accélération pour les travaux d’aménagement.

Réparer les tunnels

Le piétonnier n’est toutefois pas le seul événement qui a plombé le chiffre d’affaires des commerçants. D’après le sondage de l’UCM, le lockdown de novembre 2015 et les attentats terroristes du 22 mars ont eu un impact plus négatif encore (voir infographie). En chiffres, cela donne 88% des commerçants qui affirment qu’ils ont connu une diminution de la fréquentation de leur établissement à la suite des attentats. Le piétonnier est le troisième élément le plus pénalisant. Vient ensuite la crise des tunnels qui aurait engendré une baisse de la fréquentation auprès de 59% des commerçants. C’est sur ce dernier point que leur demande est la plus pressante. Pour eux, réparer les tunnels est la première priorité pour améliorer la fréquentation de leur établissement.

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