Les marchés du Siamu aux portes de la Justice, Cécile Jodogne sous pression

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Les auditeurs de la Cour des comptes ont confirmé les mauvaises pratiques au service d’incendie bruxellois.

Les précisions des auditeurs de la Cour des comptes en ont estomaqué plus d’un, mardi en commission des Affaires intérieures du Parlement bruxellois. Sujet du jour: les errements du Siamu en matière de marchés publics entre 2012 et 2015. Un dossier qui s’apparente de plus en plus à ce genre de sac de nœuds auquel aucun ministre n’a envie d’être mêlé. Demandez à Cécile Jodogne (DéFI). La secrétaire d’Etat bruxelloise est aujourd’hui accusée de laxisme par l’opposition MR. Elle est même questionnée par son partenaire cdH. Pourquoi n’a-t-elle pas repris les commandes du Siamu plus tôt? Voire, pourquoi n’a-t-elle pas dénoncé plus tôt des pratiques qualifiées de graves? Et son partenaire PS de demander qu’elle transmette elle-même le dossier à la Justice.

Ces questions sont d’autant plus brûlantes que les officiers pompiers en charge des marchés publics (Lire notre article de ce mardi) durant la période étudiée ont tout bonnement refusé de coopérer avec l’organe de contrôle.

Un marché de 7.500 euros en coûte 100.000

"C’est le comptable qui servait d’intermédiaire", a précisé l’un des auditeurs aux commissaires médusés. Entre autres perles entendues mardi, ce marché de décoration intérieure attribué pour une valeur de 7.500 euros et qui aura finalement donné lieu à des travaux estimés à 100.00 euros. "Le Siamu achète son sucre dans une fromagerie, on leur a dit que c’était moins cher en grande surface", a indiqué un auditeur pour souligner l’incurie de la gestion des achats par le Siamu.

"Le Siamu achète son sucre dans une fromagerie, on leur a dit que c’était moins cher en grande surface."
Melih Bolca
Premier auditeur à la Cour des comptes

Les auditeurs ont confirmé les conclusions de leur rapport rendu public en décembre dernier: les responsables du Siamu n’avaient pas les compétences pour passer des marchés publics dans les règles. Y a-t-il pour autant eu intention frauduleuse? La Cour ne va pas jusque-là et rappelle qu’elle a choisi de ne pas transmettre le dossier au parquet. "Au minimum, la secrétaire d’Etat aurait dû lancer une procédure disciplinaire à l’encontre des deux officiers qui ne voulaient pas répondre, estime Julie de Groote, députée cdH. Le mieux était de lancer une enquête judiciaire pour faire la différence entre négligence et éléments intentionnels…"

Selon le député PS Ridouane Chahid, "il faut mettre tout le monde devant ses responsabilités, si les pompiers ne veulent pas répondre à la Cour alors il est temps que l’on transmette le dossier à la Justice… Madame Jodogne a repris la gestion journalière du Siamu, il lui appartient de faire toute la lumière."

"La ministre était au courant au plus tard en septembre 2017 car elle a communiqué ses propres commentaires à la Cour des comptes. Elle savait donc que certains pompiers avaient refusé de collaborer", estime le MR Vincent De Wolf.

Du côté de Cécile Jodogne, on parle de raccourci. "Elle a appris la semaine dernière les officiers n’avaient pas collaboré", réplique son porte-parole. Elle ne souhaite pas réagir au-delà pour le moment.

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