Les questions qui fâchent après le carton rouge donné au Stade national

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L’UEFA a donc tranché. L’Euro 2020 ne passera pas par la capitale de l’Europe. L’heure est à présent aux questions sur les retombées de cette décision.

Quel avenir pour le stade?

En théorie, la décision de l’UEFA ne sonne en rien le glas du projet de stade national qui fait toujours l’objet d’une demande de permis d’urbanisme pendante au niveau des autorités flamandes. La Ville de Bruxelles a manifesté sa volonté de maintenir le projet et il n’est certainement pas dans les intentions du promoteur Ghelamco de renoncer à un complexe aussi prometteur en bordure du ring.

Par ailleurs, Ghelamco est fort d’avoir remporté une procédure de mise en concurrence qui, naturellement, engage les pouvoirs publics qui l’ont lancée. Rappelons que le terrain du parking C et situé à Grimbergen, certes, mais est initialement propriété de la Ville de Bruxelles et fait l’objet d’une emphytéose conditionnée à la construction d’un stade. Rompre pareil contrat pourrait s’avérer pour le moins hasardeux. Cela dit, l’échec de la candidature de la Belgique à l’organisation de l’Euro 2020 va relancer le débat autour du sort à réserver au stade Roi Baudouin. Si la construction d’un nouveau stade au parking C conduirait à sa destruction, un échec du projet Ghelamco pourrait relancer l’idée d’une rénovation ou d’une démolition-reconstruction.

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C’est, en terme de retombées économiques, le manque à gagner estimé pour la Ville de Bruxelles suite à la décision de l’UEFA.

En attendant, l’Union belge va entamer en janvier des négociations avec la Ville de Bruxelles pour prolonger le bail du stade Roi Baudouin en attendant l’éventuel nouveau stade. Le bail actuel s’achève en mai 2018. Sa prolongations est indispensable car jouer à Bruges ou à Sclessin entraîne un gros manque à gagner pour la fédération vu l’étroitesse de leurs installations.

Quel impact pour Neo?

Le vaste projet de réhabilitation du plateau du Heysel porté par la Ville de Bruxelles, le projet Neo, doit-il craindre les conséquences d’un échec dans le dossier de la construction d’un nouveau stade? Absolument pas, répond-on du côté de Bruxelles. Le projet, initié en 2006 et qui s’articule autour d’un nouveau centre de congrès encore à ériger, n’a pas été conçu en fonction du stade. Aucune affectation pour l’espace éventuellement libéré par la destruction du stade Roi Baudouin n’a encore été arrêtée. Elle ne le sera que dans une phase ultérieure du projet Neo, assure-t-on. Par contre, les conditions d’utilisation d’une nouvelle voie d’accès au Ring pour laquelle la Ville de Bruxelles dispose d’un permis, éventuellement limitée dans le cadre du projet de stade national, pourrait poser des difficultés au déploiement de Neo.

Quelles conséquences financières?

Selon une étude de l’Observatoire français de l’économie du sport publiée en janvier dernier, l’impact économique de l’Euro 2016 organisé en France s’est élevé à 1,222 milliard d’euros. Si l’on rapporte ce montant au nombre de matchs disputés (51), on arrive à près de 24 millions d’euros de retombées économiques moyennes par match (sans tenir compte de l’affiche ni de l’enjeu): logement, transport, horeca, etc. Sur la base de ces chiffres français, la capitale belge pouvait donc théoriquement s’attendre à une petite centaine de millions d’euros de retombées économiques, dont 240.000 nuitées selon la Brussels Hotel Association.

Que va faire Anderlecht?

A priori, la décision de l’UEFA ne change pas grand-chose pour le Sporting d’Anderlecht. Le club a signé une convention d’occupation du stade avec le promoteur Ghelamco, lequel veut poursuivre le projet, Euro 2020 ou non. Le hic c’est qu’en février dernier, le Sporting s’est rebiffé et n’en démord pas: "Dans sa configuration actuelle, ce stade ne répond pas à nos attentes, nous ne ferons pas d’autre commentaire", nous a indiqué David Steegen, porte-parole des Mauve et Blanc.

Reste que le projet pourrait être modifié suite à la décision de l’UEFA. L’Union belge de football dit pouvoir se contenter d’un stade de 45.000 places pour faire jouer les Diables Rouges. 45.000 places au lieu des 60.000 prévues initialement (une capacité démesurée pour un club comme Anderlecht), voilà qui pourrait intéresser le Sporting. Mais apparemment, ce n’est pas la question de la capacité qui dérange le club mais bien son concept, le déficit "d’expérience" pour le supporter, les VIP, etc.

Le dossier de l’agrandissement du stade Constant Vanden Stock est au point mort. La commune d’Anderlecht se prépare d’ailleurs à ce départ et a présenté récemment une étude sur la réaffectation du stade. Il n’y a donc pas vraiment d’alternative. Et encore moins quand on sait que Ghelamco est candidat au rachat du RSC Anderlecht. Et même donné favori par certains. S’il devait l’emporter, la question serait réglée: Anderlecht irait au parking C et le projet serait sans doute revu pour répondre aux besoins à la fois du Sporting et de l’Union belge en termes de capacité, d’infrastructures, de confort…

Problème: à Anderlecht, certains ne veulent pas de Ghelamco comme repreneur. Notamment des actionnaires minoritaires comme Johan Beerlandt, l’homme fort de Besix et grand concurrent de Ghelamco. On en saura plus d’ici la fin de l’année, échéance fixée par le conseil d’administration du RSCA pour entériner la reprise du club.

un fiasco en quatre dates
  • Mai 2013: Le gouvernement bruxellois décide d’implanter un nouveau stade national sur le site du parking C, sur le plateau du Heysel.
  • Septembre 2014  L’UEFA sélectionne Bruxelles parmi les 13 villes qui accueilleront l’Euro 2020.
  • Juin 2015 Ghelamco est retenu pour construire le stade. Un accord est conclu avec le Sporting d’Anderlecht, pour l’occuper.
  • Décembre 2017Faute de garanties, l’UEFA retire à Bruxelles l’organisation de 4 matchs de l’Euro 2020.

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