Proxyclick, le gestionnaire de visiteurs, lève 3 millions d'euros

©Proxyclick

L’accueil intelligent des visiteurs en entreprise représente un haut potentiel. La scale-up belge, qui compte déjà Airbnb parmi ses clients, ne veut surtout pas rater le coche.

À l’heure où la révolution digitale infiltre à peu près tous les marchés, il reste un irréductible, hérité tout droit de l’ère industrielle, qui résiste encore et toujours à l’envahisseur numérique: le registre des visiteurs à l’accueil des entreprises.

"On estime en moyenne le nombre de réceptions dans le monde à 5 millions. Actuellement, à peine 1 entreprise sur 10 numérise la gestion de leurs visiteurs. Et on parle parfois de grands groupes qui prônent eux-mêmes la digitalisation", s’étonne encore Gregory Blondeau, codirecteur de Proxyclick, depuis Lisbonne.

"Les visiteurs font souvent l’objet de formalités déplaisantes à l’accueil. Il faut montrer patte blanche. Nous voulons changer cette logique, que soit réservé à chaque visiteur légitime un accueil digne d’un VIP."
Gregory Blondeau

Fondée en 2008 à Saint-Gilles, Proxyclick a développé une série de logiciels dédiés à la gestion de clients en entreprise, qui allient convivialité et sécurité. "Les visiteurs font souvent l’objet de formalités déplaisantes à l’accueil. Il faut montrer patte blanche. Nous voulons changer cette logique, que soit réservé à chaque visiteur légitime un accueil digne d’un VIP", explique Gregory Blondeau.

Du côté des entreprises, l’application leur permet de donner une bonne première impression à leurs visiteurs mais également de répondre aux impératifs de sécurité en échangeant en toute confidentialité les données de leurs visiteurs. "Et en cas d’évacuation du bâtiment, par exemple, il est possible d’alerter immédiatement tous les visiteurs enregistrés par SMS", ajoute Gregory Blondeau.

Vers un accueil VIP

Le patron de Proxyclick estime que d’ici 5 à 7 ans, un cinquième des réceptions dans le monde va basculer dans le digital. Et à ce moment-là, la scale-up veut être visible. C’est l’une des raisons pour lesquelles Proxyclick vient de clôturer son premier tour de table en série A, en levant 3 millions d’euros auprès de Join Capital, une société berlinoise de capital-risque.

Gregory Blondeau (Proxyclick) ©Proxyclick

"Le secteur de la PropTech (qui regroupe les acteurs technologiques de l’immobilier et renvoie à un mouvement plus global de création de bâtiments intelligents) est en train d’accélérer et nous avons nous-mêmes de plus en plus de requêtes en ce sens", explique Gregory Blondeau.

Dernièrement, Proxyclick a procédé à la mise à jour de son application homonyme en y ajoutant une fonctionnalité de reconnaissance faciale. "Il sera possible d’authentifier un visiteur en scannant sa carte d’identité et en la comparant avec la photo prise depuis l’iPad au moyen d’un algorithme d’identification", affirme Gregory Blondeau. Mais la stratégie de Proxyclick consiste à aller beaucoup plus loin en proposant aux entreprises une expérience intelligente intégrée.

Aujourd’hui, lorsqu’un visiteur s’inscrit sur l’application via l’iPad à l’accueil, la personne qu’il vient voir est avertie de sa présence par SMS, e-mail ou même par Slack et Skype Entreprises. Le visiteur peut recevoir le code wi-fi ou se faire imprimer un badge d’accès.

Demain, Proxyclick s’inscrira également dans la gestion des salles de réunion et du parking ou le guidage à l’intérieur des locaux. "À l’entrée du parking, l’accès est contrôlé grâce au scan de la plaque d’immatriculation. L’ascenseur vous amène au bon étage, vous avez accès au wi-fi et vous êtes guidé pour trouver la salle de réunion où vous attend votre hôte", imagine Gregory Blondeau.

Testé et approuvé par Airbnb

Depuis son lancement, Proxyclick s’est développée exclusivement en autofinancement. Le chiffre d’affaires de la société double chaque année depuis trois ans. Son modèle économique – et le salaire modéré des managers – lui permet d’afficher un cash positif. "Nos clients payent en général un à deux ans à l’avance, à la manière d’un lecteur qui s’abonne à un journal", explique Gregory Blondeau.

10 millions
Avant la fin de l’année, Proxyclick aura enregistré dix millions de visites.

Le dernier client en date leur a rapporté 24.000 euros d’un coup. Parmi ses clients justement, on trouve notamment le spécialiste de la location temporaire entre particuliers, Airbnb. "Leurs bureaux à San Francisco, ainsi que dix autres dans le monde, sont équipés de notre logiciel", commente Gregory Blondeau. Et plein d’autres grand comptes encore comme L’Oréal, Danone, Bosch…

Présente dans une cinquantaine de pays, Proxyclick, qui a toujours pu compter sur le soutien de la SRIB et d’Innoviris, possède également des bureaux à New York, où elle emploie trois personnes sur la vingtaine qu’elle compte à temps plein. "Les USA sont notre premier marché avant le Royaume-Uni, le Canada et l’Europe du Nord", commente Gregory Blondeau. Avec l’argent levé, Proxyclick prévoit également d’engager 15 personnes en 2018. Avis aux amateurs.

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