Recruter massivement et qualitativement, le défi de la Stib

©Eric de Mildt/ID

Plus de 900 postes sont à pourvoir en 2020 au sein de la Stib qui veut maintenir son niveau d'exigence. Pour les postes de conduite de véhicule, seul un candidat sur quarante obtiendra un contrat.

La Stib effectue des recrutements massifs depuis plusieurs années. En 2019, ce sont pas moins de 965 nouveaux collaborateurs qui ont ainsi rejoint l'entreprise. En 2020, rebelote: plus de 900 postes sont à pourvoir. Environ la moitié servira à remplacer des collaborateurs sur le départ. En raison de l'extension du réseau, la Stib est surtout à la recherche de personnel de conduite: 528 chauffeurs de bus, 126 conducteurs de tram et 41 de métro.

Dans une moindre mesure, du personnel administratif et d'encadrement est recherché, sans oublier les profils plus techniques parmi lesquels des travailleurs formés en électromécanique, électricité ou encore en construction.

Même s'il s'agit d'un métier peu qualifié en termes de formation, le niveau de rigueur est élevé. On ne peut pas mettre entre les mains de n'importe qui un véhicule coûteux avec des voyageurs à bord.
Françoise Ledune
Porte-parole de la Stib

Recruter massivement sans abaisser son niveau d'exigence, c'est un sacré défi. En théorie, les postes de conduite sont ouverts à quiconque ayant 21 ans et le permis B. Dans la pratique, ne devient pas chauffeur à la Stib qui veut. Les candidats dont le CV a été retenu sont soumis à des tests psychotechniques, un questionnaire de personnalité et finalement conviés à un entretien de sélection. Démarre ensuite pour les candidats sélectionnés une formation rémunérée et des épreuves finales dont le taux de réussite atteint 90%.

40 candidats, 1 engagé

"Les gens sont souvent surpris de ne pas être pris. Même s'il s'agit d'un métier peu qualifié en termes de formation, le niveau de rigueur est élevé. On ne peut pas mettre entre les mains de n'importe qui un véhicule coûteux avec des voyageurs à bord. On est aussi exigeant sur la ponctualité, car on ne peut pas arriver 5 minutes en retard quand un bus doit sortir", explique la porte-parole de la Stib Françoise Ledune.

Depuis des années, le ratio est d'environ une personne engagée pour une quarantaine de candidatures. "Il nous est donc nécessaire d'atteindre un maximum de candidats pour pouvoir en sélectionner le nombre voulu."

11,18%
de femmes
Fin 2019, la Stib comptait 1.053 collaboratrices, soit 11,18% du personnel.

Le recrutement de techniciens n'est pas forcément plus aisé, mais pour des raisons différentes. Il s'agit d'un marché très concurrentiel, les autres sociétés de transports (Tec, De Lijn, SNCB) et les entreprises industrielles recherchant aussi ces profils qualifiés. Campagnes de recrutement et de marketing et jobdays permettent à la Stib de faire valoir ses atouts auprès de cette cible tandis que les formations en entreprise sont l'occasion pour elle de mettre le grappin sur des jeunes talents et à ces derniers de se découvrir une passion.

"Nous avons eu plusieurs jeunes qui ne rêvaient que du secteur automobile mais qui ont changé d'avis après avoir eu l'opportunité de se plonger dans le moteur d'un tram, d'un bus ou d'un métro, rapporte Françoise Ledune, qui souligne encore la stabilité de ces emplois non délocalisables.

Bientôt 10.000 Stibiens

Si le rythme accru d'engagements se poursuit, la Stib pourrait bien franchir la barre des 10.000 collaborateurs d'ici 2021. Au 31 décembre 2019, l'entreprise dénombrait 9.420 collaborateurs, ce qui représente une hausse de 4,2% par rapport au 1er janvier 2019.

La féminisation de l'entreprise reste un enjeu. Sur les 965 personnes engagées l'an passé, 167 étaient des femmes (17,3%). Une attention accrue à cette problématique a permis d'augmenter progressivement la proportion de femmes au sein de la Stib: de 9,8% en 2016 à 11,18% fin 2019. Avec une hausse plus sensible du côté de la conduite où les femmes représentent désormais 8,41% du personnel contre 6,53% en 2015. "Leur visibilité va très certainement engendrer encore plus de candidatures à l'avenir, ce dont je me réjouis", commente le CEO Brieuc de Meeûs.

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