Rentable, Dott emploie plus de 20 personnes à Bruxelles

Dott essaye de rentabiliser ses trottinettes en les réparant un maximum dans ses ateliers. ©Tim Dirven

Alors que de nombreux concurrents ont arrêté leur service, les trottinettes Dott affirment être rentables à Bruxelles. La société ne travaille qu’avec ses propres employés et veut se différencier par son approche responsable. Dott va étendre sa zone d’activité et offrir des vélos partagés rapidement.

Les trottinettes partagées en ont vu de toutes les couleurs depuis leurs arrivées dans nos villes il y a un peu plus d’un an. On leur reproche notamment de ne pas être durables ou d’occuper l’espace public de manière sauvage. D’un autre côté, elles s’avèrent être une solution de mobilité pour un nombre croissant de citoyens alors que la ville supporte de moins en moins la voiture personnelle. Au cœur de ce débat sur la (micro) mobilité, de nombreuses entreprises de trottinettes partagées ont quitté le champ de bataille bruxellois. Ce n’est pas le cas de Dott, qui comme Lime, y est toujours bel et bien active.

Les équipes de Dott estiment que leur modèle est plus durable que celui de ses concurrents un peu cow-boys. C’est du moins ce que la société tentait d’expliquer à la presse ce mardi. Pour la première fois, un opérateur ouvrait ses entrepôts à la presse, aux caméras et aux photographes à Bruxelles. "Ce n’est pas juste du show, ce que l’on montre aujourd’hui sera encore là demain, dans trois semaines ou dans plusieurs mois", assure-t-on chez Dott.

Grandir par étapes

Fondée par des anciens de Decathlon, Uber, Tesla et de société de vélos partagés, Dott veut marquer sa différence. Il ne s’agit pas d’un mastodonte américain comme Lime ou Bird (qui vient d’annoncer le rachat de l’opérateur allemand Circ) mais d’une société européenne active dans seulement 6 villes. "Il y a deux types de stratégies, soit se lancer le plus vite possible dans le plus de villes possibles en signant des chèques à des acteurs locaux, soit une stratégie comme la nôtre: grandir par étapes. Quand on se lance dans une ville, on y restera toujours. Nous n’avons pas un focus sur les touristes, mais d’abord sur les trajets des locaux pour aller au travail par exemple. Ils représentent 75% des trajets à Bruxelles. Nous ne nous sommes jamais implantés quelque part sans l’accord de la mairie", détaille Henri Moissinac, le CEO et cofondateur de Dott. Il estime que "certains acteurs ont abusé du fait qu’ils avaient carte blanche."

Benjamin Barnathan, le patron de Lime au Benelux et en Italie rappelle que son service aussi est en continu sur la ville depuis 15 mois.

"Nous n’avons pas un focus sur les touristes, mais d’abord sur les trajets des locaux pour aller au travail par exemple. Ils représentent 75% des trajets à Bruxelles."
Henri Moissinac
CEO et cofondateur de Dott

À Bruxelles, Dott veut prouver son caractère responsable et fait donc tout dans son entrepôt le long du canal où elle emploie plus de 20 personnes, dont un tiers en CDI. 500 trottinettes, soit un quart de la flotte, sont récupérées chaque jour. Elles sont vérifiées et réparées dans l’atelier si nécessaire. Dott ne travaille pas avec des auto-entrepreneurs, un modèle auquel la société "ne croit pas"

Lime indique qu’elle travaille bien chez nous avec des entreprises locales mais pas avec des auto-entrepreneurs."Nous avons 20 employés à Zaventem et un vandalisme maîtrisé", dit Barnathan.

Le vandalisme reste raisonnable chez Dott qui dit au revoir à 2% de ses trottinettes tous les mois.

Les trottinettes irrécupérables sont entièrement recyclées et les pièces récupérées. On est donc loin "de taux de 30% de pertes chaque mois comme chez d’autres concurrents". 

Chez Lime, Benjamin Barnathan nous explique que le taux de perte est sous 1%."Toutes nos trottinettes sont réparées et notre durée de vie ne cesse d’augmenter et se situe au-delà de 12 mois", dit-il.

Marien Jomier, en charge des opérations à Bruxelles explique que Dott a rendu ses trottinettes quasi inutilisables pour les voleurs ce qui finit par les décourager. Pour Dott, la clé a aussi été d’acheter les trottinettes en même temps que les pièces en Chine. Par contre, la société souffre d’une dégradation systématique de ses QR code, 200 par semaine, soit 10% de sa flotte.

La société créée par des Français mais basée à Amsterdam a décidé de maintenir ses prix, affirmant être opérationnellement rentable. "C’était le cas en novembre et en décembre", assure le CEO.

Rentabilisée en 120 jours

La trottinette lui coûte 500 euros à l’achat. Même dans un scénario d’à peine 4,5 euros de revenu par jour par trottinette, cette dernière est déjà rentabilisée en 120 jours.

Dott qui a lancé ses trottinettes il y a un an a encore en service de nombreuses premières versions. La société a totalisé 700.000 trajets de trois km en moyenne, ce qui tend à casser l’idée que la trottinette partagée remplace la marche à pied.

Lime nous dévoile de son côté avoir enregistré 2,3 millions de trajets depuis le lancement à Bruxelles."Lime est l’opérateur qui arrive en premier sur la ville. Elle n’emploie que des entreprises dans la récupération de trottinettes, et recycle 100% de ses pièces détachées", réagit Barnathan.

700.000 trajets
trajets
En un an, Dott revendique 700.000 trajets à Bruxelles de 3 kilomètres en moyenne.

Henri Moissinac nous confie avoir quelques familles belges dans ses actionnaires, même si l’essentiel vient surtout de fonds d’investissements. La société a levé 50 millions d’euros (20 millions en 2018, puis 30 millions en juillet 2019).

La compagnie va innover avec ses nouvelles trottinettes à batteries amovibles qui lui éviteront de devoir systématiquement ramener les trottinettes dans son entrepôt. Elle devrait aussi arriver avec des vélos électriques partagés d’ici l’été. Présente dans 12 des 19 communes bruxelloises, Dott aimerait aussi opérer à Anvers, lorsque la ville lancera une nouvelle licence.

Lime qui lorgne Anvers depuis un an également couvre déjà tout Bruxelles et revendique 300.000 utilisateurs.

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