Seuls 18 dossiers ouverts en 2019 pour discrimination à l'embauche

©PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN

Actiris lance son numéro vert pour les chercheurs d’emploi victimes de discrimination à l’embauche. La hausse de signalements pourrait déboucher sur une multiplication de tests de situation et appels mystères.

"Une centaine de signalements pour des cas de discrimination à l’embauche ont été recensés en 2018. Mais ces chiffres ne sont pas crédibles, ils ne sont pas le reflet réel de cette problématique. Cela démontre qu’il n’y a pas assez d’occasions pour venir en parler, bénéficier d’une écoute et d’un accompagnement", a déclaré le ministre bruxellois de l’Emploi Bernard Clerfayt (DéFI) à l’occasion du lancement du numéro vert dédié à la discrimination à l’embauche. Accessible gratuitement du lundi au vendredi de 9h à 16h30, ce numéro gratuit permettra aux chercheurs d’emploi d’entrer directement en contact avec des collaborateurs d’Actiris spécialisés dans ces questions.

Pour le directeur de l’office régionale de l’emploi, la lutte contre les discriminations n’est pas une mission périphérique, au contraire. "Le cœur du cœur du métier d’Actiris est d’aider les gens à trouver un emploi sur base des seuls critères de motivations et de compétences. Or, 80% des demandeurs d’emploi bruxellois sont d’origine étrangère et sont dès lors concernés par une discrimination potentielle. Dans les 20% restants, il y a des femmes, des personnes porteuses d’un handicap, d’autres un peu plus âgées, ce qui nous amène à 97% d’usagers potentiellement concernés par la discrimination", a souligné Grégor Chapelle.

L’inspection régionale a réalisé deux tests de situation en 2019.

L’équipe du service anti-discrimination sera chargée d’accompagner les chercheurs d’emploi discriminés en leur proposant une écoute attentive ainsi qu’un accompagnement misant sur l’empowerment avec le soutien de partenaires et non sur la victimisation. Actiris entend aussi sensibiliser les professionnels de l’emploi et de la formation et formuler des avis et recommandations aux décideurs. Même si ce n’est pas l’objectif premier, la création de ce numéro vert pourrait aussi déboucher sur la hausse du nombre de tests de situation visant à déterminer si un employeur fait preuve ou non de discrimination à l’embauche. Pour rappel, les inspecteurs régionaux peuvent, depuis le 1er janvier 2018, procéder à deux types de tests: l’envoi de deux CV avec un critère modifié (origine, âge, sexe…) et l’appel mystère permettant de s’assurer que les agences intérim n’accèdent pas aux demandes discriminantes d’un client.

Deux ans après le lancement de cette mesure initiée par Didier Gosuin (DéFI), le bilan reste cependant un peu maigre avec un total de 18 dossiers ouverts en 2019 contre 15 l’année précédente. Sur ces 18 dossiers, seulement deux procédures de testing (envoi de CV) ont été initiées. Les dossiers contenaient des motifs de discrimination variés: sexe (8 dossiers), convictions religieuses (4), âge (3), origine ethnique (1), handicap (1) et naissance (1). Au cabinet du ministre Clerfayt, on explique que la mesure fera l’objet d’une évaluation, comme le prévoit la déclaration de politique générale, mais qu’il faut laisser le temps aux nouvelles mesures du plan anti-discrimination de faire leurs effets.

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