reportage

Un apéro bruxellois pour sensibiliser à la qualité de l'air

La rue de la Loi était un choix très symbolique, car il s'agit d'une des rues les plus polluées de Bruxelles. ©Kristin Myshkin

Plusieurs centaines de citadins se sont donné rendez-vous ce jeudi soir sur une partie de la rue de la Loi pour prendre… l’apéro. Un afterwork estival pour convaincre les politiques de dédier plus d’espaces aux usagers faibles et améliorer la qualité de l’air.

Quelques décorations, un petit bar, des transats et de la musique se sont révélés suffisants pour donner à la rue de la Loi une ambiance tout à fait inhabituelle. Le collectif Bruxsel'air a décidé de profiter des travaux sur une partie de la route pour s'y installer le temps d'une soirée. Mais il n'a pas juste été question de profiter du soleil avec une bière dans un espace incongru: il s'agissait d'une rencontre pour défendre la qualité de l'air bruxellois. On a bu à la santé de la ville et de ses habitants.

Moins de bandes pour autos, plus pour les vélos

"On prend l'espace habituellement dédié à la voiture pour montrer qu'on existe", explique Benoit, un participant. L'objectif du rassemblement est de montrer aux politiques qu'il y a une communauté à Bruxelles qui a besoin davantage d'aménagements pour leurs déplacements: les cyclistes, piétons et utilisateurs d'engins électriques. Les "usagers faibles", comme on les appelle.

"La communauté automobiliste dit qu'on leur reprend de l'espace, mais c'est normal, il n'y a qu'à eux qu'on peut la prendre."
Eric
Cycliste

Ici, on estime qu'il serait pertinent de supprimer des bandes automobiles pour ajouter des pistes cyclables. D'ailleurs, la plupart des conversations tournent autour du manque de ces dernières: "Et même lorsqu'il y en a, elles sont trop étroites ou se coupent soudainement", témoigne Aurélien, ancien livreur en vélo qui a déjà été victime de deux accidents, dont un grave. 

"Il est vrai que ça change, les politiques évoluent, mais pas assez vite. La progression du nombre de cyclistes est plus forte que la progression des aménagements urbains pour eux. Il y a un réel problème, au moins 80% de la surface routière est dédiée à la voiture. La communauté automobiliste dit qu'on leur reprend de l'espace, mais c'est normal, il n'y a qu'à eux qu'on peut la prendre", explique Eric, cycliste depuis 20 ans et bénévole chez Bruxsel'air.

"J'ai toujours aimé ce genre d'endroit et je ne vais pas arrêter d'y aller maintenant que je suis ministre."
Alain Maron

Les ministres du gouvernement bruxellois étaient spécialement conviés pour rencontrer les citoyens. Alain Maron (Ecolo) et Elke Van den Brandt (Groen) ont répondu présents, se réjouissant de cette initiative. "Pour moi, c'est une priorité, il faut en effet revoir les grands axes structurants", commente Elke Van den Brandt, qui sort elle-même du travail. "C'est une chouette ambiance et ça motive de voir que ce n'est pas que mon ambition personnelle, mais qu'il y a aussi le soutien de la ville", ajoute-t-elle.

Alain Maron, pour sa part, n'a pas réfléchi longtemps avant de venir: "J'ai vu l'événement Facebook et j'ai cliqué sur participer. J'ai toujours aimé ce genre d'endroit et je ne vais pas arrêter d'y aller maintenant que je suis ministre."

Plus de participants que de place 

Les organisateurs ne s'attendaient pas à un tel succès. Voyant le nombre grandissant de citadins se joignant à l'afterwork, la police a autorisé ceux-ci à également occuper le trottoir. Beaucoup sont ensuite descendus vers le parc avoisinant. Katia Xenophontos, une des organisatrices et membre de Bruxsel'air, s'est réjouie de voir autant de monde: "C'est génial. Après, il ne faut pas se mentir, il y a le beau temps qui joue. Mais d'un autre côté, il y a plein d'autres endroits plus organisés que nous pour profiter du soleil!"

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