Une baisse de 88% des véhicules polluants à Bruxelles

Instaurée depuis le 1er janvier 2018, la zone de basses émissions bruxelloise interdit la circulation des véhicules les plus polluants afin d'améliorer la qualité de l'air. ©BELGA

Dans son deuxième rapport consacré à la zone de basses émissions, Bruxelles Environnement relève un impact très net sur la composition du parc en circulation. Ce qui se traduit par une réduction des émissions d'oxyde d'azote, de particules fines et du black carbon.

La zone de basses émissions bruxelloise avait beaucoup fait parler d'elle en début d'année. Logique au regard du nombre important de nouveaux véhicules frappés par l'interdiction de circuler par rapport aux années précédentes. Au 1er janvier 2020, près de 47.000 voitures diesel Euro 3 immatriculées en Région bruxelloise étaient, en effet, bannies de la Low Emission Zone (LEZ). Il sera donc particulièrement intéressant de connaître l'impact des restrictions de l'année en cours. En attendant, le rapport d'évaluation 2019 livre déjà plusieurs constats.

L'année 2019 était celle la maturité pour la LEZ bruxelloise: site web doté d'un simulateur plus intuitif pour la conformité des véhicules, dispositif de contrôle renforcé passant de 211 à 272 caméras ANPR réparties sur le territoire régional, levée de l'obligation d'enregistrement pour les automobilistes néerlandais... Et puis surtout le nombre de véhicules bruxellois concernés par l'interdiction était nettement plus élevé que lors de l'année de lancement: 19.000 au total contre seulement 2.300 en 2018. Aux diesel de la norme Euro 0 et 1 se sont ajoutés les diesel Euro 2 et les essences Euro 0 et 1.

Bilan: le dispositif est opérationnel. Que des amendes de maximum 350 euros par trimestre puissent suffire à convaincre des automobilistes de ne plus accéder à la LEZ n'était pas un principe acquis. Mais cette deuxième évaluation confirme la réduction très importante du passage sur le sol bruxellois de véhicules interdits. Entre septembre 2018 et décembre 2019, Bruxelles Environnement a constaté une réduction du nombre moyen de véhicules impactés par les critères de 2019 en circulation par jour de 88%. Pour les véhicules les plus anciens déjà interdits en 2018, cette baisse est de 73%.

D'autres chiffres tendent à confirmer l'effet dissuasif des amendes: 86,4% des contrevenants n'en ont reçu qu'une, 10,5% en ont reçu deux et seuls 3% ont écopé de trois amendes ou plus. Depuis le début de la LEZ, 10.499 amendes ont été dressées dont 9.936 en 2019. Pas moins de 77% de celles-ci concernaient des véhicules immatriculés en Flandre et en Wallonie contre 23% à Bruxelles.

Réduction drastique du black carbon

On constate en outre un effet d'anticipation. À savoir une baisse de la circulation des véhicules qui ne sont pas encore concernés par la LEZ mais le seront bientôt. Ainsi entre septembre 2018 et décembre 2019, la part des véhicules en circulation concernés par les critères de 2025 avait déjà diminué d’environ 15%.

Selon Bruxelles Environnement, cette évolution de la composition du parc se traduit par une réduction des émission de polluants. "Entre juin 2018 et décembre 2019, on estime que les émissions provenant de l’ensemble des voitures en circulation a diminué d’environ 11% pour les oxydes d'azote (NOX), 11,5% pour les particules fines (PM2.5) et 77% pour le black carbon (BC). Les émissions des camionnettes en circulation auraient quant à elles diminué d’environ 3,5% pour les NOX, 21% pour les PM2.5 et 73% pour le BC. Même s’il est difficile de distinguer l’effet de la LEZ d’autres facteurs pouvant influencer la composition du parc, il est clair que la mesure contribue à ces réductions observées."

Entre 2018 et 2019, les concentrations annuelles de dioxyde d'azote (NO2) ont diminué de 10% en moyenne sur toutes les stations de mesure régionale permettant à Bruxelles de respecter pour la première fois depuis son entrée en vigueur la norme européenne pour le NO2 pour les stations rapportées à l’Union européenne.

Futurs jalons à définir

S'il juge positifs les résultats de la zone de basses émissions, le ministre bruxellois de l'Environnement insiste sur son caractère évolutif. Alain Maron (Ecolo) cite par exemple la dérogation automatique désormais accordée aux PMR qui bénéficient d'une allocation majorée ainsi que l'achat rétroactif d'un pass d'une journée. Prochain chantier: réformer Bruxell’air même si on note un regain d'intérêt pour cette prime depuis 2018. "Au-delà du motor shift encouragé par la LEZ, on vise un modal shift. On veut donc que la prime puisse être utilisée pour de multiples alternatives à la voiture, avec des montants plus importants et des correctifs sociaux. Cela doit être prêt avant les prochaines restrictions en 2022."

"Il est important d'avoir de la prévisibilité. Le gouvernement devra donc définir un échéancier clair d'ici la fin de l'année pour déterminer à quel rythme on sort du diesel et de l'essence, avec 2030 et 2035 comme dates butoirs."
Alain Maron (Ecolo)
Ministre bruxellois de l'Environnement

Reste aussi à définir l'après-2025. "Il est important d'avoir de la prévisibilité. Le gouvernement devra donc définir un échéancier clair d'ici la fin de l'année pour déterminer à quel rythme on sort du diesel et de l'essence, avec 2030 et 2035 comme dates butoirs. Et parallèlement à cela, on travaille sur notre stratégie électrique pour qu'il y ait des alternatives crédibles avant l'interdiction des moteurs thermiques", rappelle l'écologiste.

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