Faillite demandée... mais suspendue pour Durobor: plus de 200 emplois menacés

©Tim Dirven

La verrerie Durobor à Soignies (plus de 200 emplois) a demandé la faillite ce mardi soir lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire. Lors d'une audience au tribunal du commerce de Mons ce mercredi matin, la Sogepa n'a pas accepté cette déclaration de faillite et annonce qu'elle supportera le passif de la société jusqu'au 30 juin.

C'est une annonce qui était pressentie depuis plusieurs mois mais qui a été confirmée ce mercredi matin: l'entreprise Durobor se déclare en faillite. La verrerie située à Soignies et qui emploie plus de 200 personnes a annoncé la nouvelle lors d'un conseil d'entreprise ce mardi soir.

Lors d'une audience au tribunal de commerce de Mons ce mercredi à 11h, la faillite n'a pas été acceptée par le Sogepa, la Société wallonne de Gestion et de Participations, qui détient la plupart des actifs de la société (immobilier, outils de production, la marque, les brevets). Une nouvelle audience sera convoquée le 24 avril pour réévaluer la situation. La Sogepa a en tout cas fait savoir qu'elle supportera le passif de l'activité jusqu'au 30 juin. L'activité continuerait donc encore jusque là, dépendant toutefois de l'audience du 24 avril.

Une période très difficile

Depuis plusieurs semaines, on parlait d'une trésorerie exsangue, sans production et des expéditions qui n'étaient plus que des opérations de déstockage. Dans un courrier envoyé aux syndicats au mois de mars, Guy Kuipers et Frédéric Jouret, les deux administrateurs délégués, évoquaient "une période très difficile", alors que la sursaturation du marché du verre à boire avait, une nouvelle fois, obligé les actionnaires à remettre au pot en 2016.

Du côté des syndicats, on a appris la position de la Sogepa avec grande surprise. Le sentiment est toutefois partagé entre satisfaction et inquiétude. "Nous sommes rassurés par cette annonce", a indiqué Marc Moreau de la CSC Bâtiment-Energie. "Il n'y a donc pas de faillite immédiate chez Durobor et il y aurait des pistes de reprise de l'entreprise, ce qui sont des bonnes nouvelles. Par contre, nous ne savons rien au sujet de ces potentiels repreneurs, rien sur les conditions de reprise ou sur le nombre de travailleurs qui seraient concernés."

Un passage obligatoire par la faillite

Depuis plusieurs mois, la Sogepa était particulièrement inquiète pour les quelque 200 emplois occupés. Ses responsables affirmaient il y a quelques semaines avoir noué des contacts avec plusieurs investisseurs potentiels en vue de sauver ce qui pouvait l’être. Parmi eux: un industriel européen, un acteur du private equity épaulé par des cadres et ex-cadres de Durobor et un distributeur "verre creux".

Certains candidats exigaient alors un passage préalable par la case "faillite", compte tenu de dettes notamment vis-à-vis de l’ONSS. Les besoins pour pérenniser l’activité sont estimés à quelque 7 millions euros. L’an dernier, Durobor affichait encore une perte de l’ordre de 3 millions avec un chiffre d’affaires de quelque 22 millions d'euros.

"Un rendez-vous avec la Région wallonne devrait être programmé en fin de semaine pour nous permettre d'y voir plus clair", précise-t-on à la CSC. "Mais nous préférons de loin que l'outil soit maintenu, que le nouveau four électrique continue à fonctionner car l'éteindre signifierait la mort de l'entreprise."

La CSC pointe notamment le marché difficile dans lequel évolue Durobor. "Les difficultés viennent du fait que l'entreprise subit des pressions de la part des gros acheteurs, comme Inbev, qui veulent toujours tirer les prix vers le bas. Mais les travailleurs se posent par ailleurs beaucoup de questions sur la direction en qui ils ont perdu confiance. Ils se demandent notamment quel est le véritable projet industriel de l'entreprise", a encore souligné le syndicat chrétien.

--> Pour retrouver plus de développements sur ce dossier, lisez notre article Durobor ou les rêves brisés en éclats

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