L'économie belge plus résiliente que prévu

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Malgré le contexte d'incertitude, la croissance restera stable de 2019 à 2021, selon la Banque nationale, mais il reste 11 milliards d’euros à assainir.

"Les nouvelles ne sont pas trop mauvaises, l’économie belge s’est montrée assez résiliente face à l’incertitude ambiante", s’est félicité le gouverneur de la Banque nationale Pierre Wunsch, lors de la présentation, ce matin, des nouvelles prévisions semestrielles.

Les prévisions de la BNB peuvent se résumer en quatre chiffres-clé.

1,2% de croissance

La Banque a certes adapté légèrement à la baisse ses prévisions de croissance par rapport à décembre 2018, mais pas de façon comparable à l’Allemagne, par exemple, qui est pourtant notre premier partenaire commercial. L’économie belge devrait ainsi croître de 1,2% en 2019, 1,1% en 2020 et 1,2% en 2021.

Les exportations apporteront une contribution moins importante à la croissance, mais ce sera compensé par la consommation. On note même en 2019 un effet de formation de stocks au Royaume-Uni dans la perspective d’un Brexit sans accord en mars 2019. Cet effet a profité aux exportations de la Belgique.

120.000 emplois

Les inégalités se sont très peu creusées, il faudra poursuivre dans cette voie inclusive.
Pierre Wunsch
gouverneur de la Banque nationale

La BNB prévoit la création de 120.000 emplois supplémentaires sur la période 2019-2021. Avec une croissance aussi faible, cela reste un résultat appréciable. Le résultat, c’est un chômage qui devrait chuter à un niveau que l’on n’avait plus connu depuis les années 70.

Le revers de la médaille, c’est que la productivité est tombée très bas. Pour y remédier, il faudra des réformes structurelles. "Jusqu’ici, les différents gouvernements ont mis en œuvre des réformes de façon équilibrée. Les inégalités se sont très peu creusées. Il faudra poursuivre dans cette voie inclusive", préconise Pierre Wunsch.

3,5% de pouvoir d’achat en plus

La BNB prévoit une progression de 3,5% du pouvoir d’achat par habitant de 2019 à 2021. C’est dû à deux mouvements. D’une part, les salaires vont progresser grâce à l’indexation automatique alimentée par la récente poussée d’inflation et à la mise en œuvre de la dernière phase du tax-shift. D’autre part, la hausse des prix de l’énergie va ralentir, ce qui libérera du pouvoir d’achat supplémentaire.

11 milliards d'euros à trouver

Comme déjà évoqué par le Bureau du Plan et la Commission européenne, le déficit budgétaire, à politique inchangée, va repartir à la hausse. C’est le résultat de deux facteurs. D’une part, l’effet bénéfique de l’accélération des versements anticipés des entreprises va s’estomper. D’autre part, les dépenses sociales vont continuer à croître mécaniquement. Avec le vieillissement, les dépenses de pension augmentent de 1,7 à 2 milliards d’euros chaque année. Or, sans gouvernement, il est difficile d’intervenir de manière structurelle.

11 milliards est un effort tout à fait réalisable.
Pierre Wunsch

Le déficit de 11,1 milliards d’euros envisagé par la BNB équivaut à 2,3% du Produit intérieur brut (PIB). Le gouverneur préfère, pour sa part, ne pas s’avancer sur la façon de résorber ce déficit. "Ce n’est pas à la BNB de se prononcer là-dessus, il y a des élections pour cela. Mais, il est clair qu’il s’agit d’un effort tout à fait réalisable, si on le compare avec les efforts qui ont été fournis par le passé dans notre pays et dans d’autres pays."


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