La BEI a octroyé 1,9 milliard d'euros à la Belgique l'an dernier

bassin d'orage (Hydrobru) ©RV DOC

Jamais la Banque européenne d’investissement n’a accordé autant d’argent aux Belges qu’en 2014. Cela s’explique notamment par la recapitalisation de la BEI.

Jamais, depuis sa création en 1958, la Banque européenne d’investissement (BEI) n’avait accordé autant d’argent aux Belges. En 2014, la BEI a déboursé pour 1,92 milliard d’euros de prêts en faveur de projets belges, apprend-on auprès de deux sources proches de la banque. Au fil des cinq dernières années, le bras financier de l’Union européenne aura ainsi consacré 7,6 milliards d’euros à la Belgique. Officiellement, la BEI se refuse cependant à confirmer le chiffre pour l’instant ou à livrer de plus amples détails. L’analyse des données pour l’année dernière est encore en cours d’analyse, ressort-il, et la ventilation des chiffres par objectifs stratégiques (recherche, cohésion sociale, climat, etc.) n’est pas encore disponible.

L’offre et la demande

Le chiffre de 2014 est d’autant plus frappant qu’il tombe après plusieurs années à bas régime. Le volume des prêts octroyés dépend à la fois de la capacité de financement de la banque et de la quantité de projets éligibles qui lui sont soumis. L’augmentation des montants octroyés l’an dernier semble être le résultat de l’effet conjugué de ces deux facteurs.

Après une forte intensification des volumes prêtés dans les premières années de la crise, la BEI a dû lever le pied en 2011 pour ne pas risquer de perdre son "triple A" – son capital de confiance sur les marchés. Ce coup de frein a eu un impact visible sur les activités de la banque en Belgique. En 2012, la BEI s’est vu recapitaliser à hauteur de 10 milliards d’euros, ce qui devait lui permettre, par effet de levier, d’augmenter son volume de prêts de 60 milliards d’euros sur la période 2013-2015. La forte intensification des prêts accordés en Belgique en est la conséquence.

©Photo News

Se pourrait-il que ce chiffre soit également le reflet d’un regain d’intérêt de la part des acteurs belges, pour la palette de possibilités qu’offre la BEI? La présence du Belge Philippe Maystadt à la tête de la Banque pendant la dernière décennie, a assuré une visibilité particulière aux services qu’elle propose, et son départ en 2011 a pu détourner l’attention des petits opérateurs, ce qui pourrait contribuer à expliquer le faible niveau des prêts octroyés ces trois dernières années. D’aucuns voient dans la hausse observée en 2014, le résultat d’une meilleure communication de la Banque auprès des acteurs de terrain. Rien ne nous permet d’étayer cette hypothèse, mais l’implantation en Belgique d’un bureau opérationnel de la Banque chargé de démarcher les acteurs (lire ci-contre) devrait amplifier la visibilité de la BEI.

Projets ponctuels

Dans un pays de la taille de la Belgique, le chiffre total des crédits octroyés est très sensible aux opérations ponctuelles. Ainsi, la signature par la Banque d’un financement à concurrence de 250 millions d’euros d’un programme de réhabilitation des égouts de Bruxelles (Hydrobru) aura marqué le bilan de 2014… Mais le projet s’étale jusqu’en 2019 et ne se reflétera pas dans les bilans des signatures des cinq prochaines années.

Parmi les grandes signatures de 2014, on peut par ailleurs citer un projet du biopharmacien UCB, qui a reçu 75 millions d’euros pour développer de nouvelles molécules. La BEI a apporté 200 millions d’euros au projet "Smart Cities" en collaboration avec la banque Belfius, qui vise à faire des prêts à taux préférentiels aux villes et communes. Et l’on peut encore citer le prêt de 250 millions d’euros fait à BNP Paribas Fortis en vue du financement des PME et midcaps belges.

Le volume des prêts pourrait connaître une nouvelle accélération cette année avec la mise en place du "Plan Juncker". Le plan d’investissement – qui mobilise notamment la BEI pour tenter d’injecter 315 milliards d’euros sur trois ans – devrait être opérationnel cet été.

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