Le budget belge 2018 sera le meilleur en plus de dix ans

Sophie Wilmès, la ministre du Budget du gouvernement Michel ©Photo News

La forte hausse des versements anticipés explique ce bon résultat.

D’après les chiffres publiés par l’Institut des comptes nationaux, tout indique que le budget 2018 du gouvernement belge sera le meilleur depuis 2007. Sur la base des trois premiers trimestres de 2018, le budget affiche même un léger excédent de 0,35% du PIB. Au cours de la même période en 2017, il affichait un déficit de 0,9% du PIB. Cela ne signifie pas que le budget 2018 affichera un excédent ou sera à l’équilibre pour l’ensemble de l’année. Les chiffres du quatrième trimestre – qui ne sont pas encore connus – pourraient aboutir à un déficit.

Il est d’ores et déjà acquis que le bilan budgétaire 2018 sera bien meilleur qu’attendu. Le mois dernier, la Banque nationale avait estimé que le gouvernement clôturerait l’année sur un déficit de 0,8% du PIB, soit 3,6 milliards d’euros. Mais les chiffres du troisième trimestre permettent de conclure que le résultat sera au final bien meilleur et que l’année 2018 sera le meilleur exercice depuis 2007, où le pays affichait un léger surplus de 0,2%.

Merci aux versements anticipés

Ce résultat remarquable est à mettre à l’actif des mesures prises par le gouvernement Michel. Il a été décidé de booster temporairement les revenus d’impôts en augmentant les amendes infligées aux entreprises et aux indépendants qui ne versaient pas suffisamment – voire pas du tout – d’impôts anticipés. Résultat: bon nombre de ces personnes physiques et morales ont payé plus rapidement leurs impôts. En 2017, les versements anticipés ont augmenté de près de 3 milliards d’euros, pour atteindre 13,2 milliards. En 2018, quelques milliards supplémentaires sont venus s’y ajouter vu que les amendes ont à nouveau été majorées.

Le déficit budgétaire devrait fortement augmenter cette année.

Mais ce ne devrait être qu’un succès temporaire. Car à partir de cette année, les revenus de l’impôt des sociétés devraient nettement baisser puisque l’impact de ces mesures est par définition temporaire: ce que les entreprises ont payé l’an dernier, elles ne le paieront pas cette année.

Par conséquent, le déficit budgétaire devrait fortement augmenter cette année. La BNB s’attend à un déficit de 1,6% du PIB, soit 7,2 milliards d’euros. Le problème, c’est que depuis la fin de l’an dernier, le gouvernement est en affaires courantes et n’a donc aucune légitimité pour modifier le budget.

Si la formation d’un nouveau gouvernement après les élections se fait attendre pendant des mois, 2019 pourrait être une année perdue sur le plan budgétaire.

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