Le crédit-temps au plus bas depuis 10 ans

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La baisse structurelle s’explique par le durcissement de l’accès à l’allocation qui compense la perte de salaire.

Avec quelques semaines d’avance sur la publication officielle de son rapport d’activité, l’Onem vient de livrer sur son site internet quelques données chiffrées révélatrices en matière de crédit-temps et d’interruptions de carrière. Rappel, le premier cité concerne le secteur privé. Les secondes, la fonction publique pour ces dispositifs d’allocations visant à permettre aux salariés de réduire leur temps de travail au profit de leur vie privée. Imaginés au début des années 2000, ils continuent de rencontrer un vif succès, malgré une politique du gouvernement visant à freiner un peu la machine pour éviter un risque d’emballement budgétaire.

La politique restrictive du gouvernement porte apparemment ses fruits.

Cette politique restrictive porte apparemment ses fruits puisque le nombre moyen de personnes jouissant d’un crédit-temps en 2018 s’élevait à 122.028, soit le chiffre le plus bas de ces 10 dernières années. Année de pic, 2012 affichait près de 143.000 personnes en crédit-temps en moyenne. La chute est encore plus spectaculaire pour les interruptions de carrière. De plus de 73.000 agents publics concernés en moyenne en 2017 on est passé à un peu plus de 60.000 fin 2018. Cette chute est toutefois partiellement expliquée par le fait que la Communauté flamande ait repris cette politique, transférée par la sixième réforme de l’État, pour ses propres fonctionnaires. Ce que n’ont encore fait ni la Wallonie ni la Région bruxelloise. Précision importante: en vertu des différentes formules qui se sont succédé ces dernières années, toutes ces personnes ne bénéficient pas pour autant d’allocations. C’est le cas pour plus de 3.000 fonctionnaires en moyenne en 2018 et plus de 10.000 salariés du secteur privé, toujours en 2018.

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Motif obligé

On l’a dit, le gouvernement a choisi de durcir les conditions d’accès au crédit-temps et aux interruptions de carrière. Ainsi, depuis 2017, toute demande de crédit-temps, pour être acceptée, doit être dûment motivée et rendue possible par la convention collective de travail. En avril 2017, le gouvernement supprimait purement et simplement le crédit-temps sans motif. En outre, les formules associées aux fins de carrière ne permettent plus de bénéficier d’allocations avant 60 ans.

Résultats, les travailleurs se sont plus volontiers tournés vers une autre possibilité: le congé thématique qui, lui, ne cesse d’augmenter depuis 10 ans. Des quelque 52.000 personnes concernées en 2009, on en est à près de 90.000 en 2018. L’Onem confirme cet effet de vase communicant vers les congés parentaux et les congés pour s’occuper d’un proche sérieusement malade.

Si les possibilités d’obtenir des allocations de l’Onem pour partiellement compenser la perte de salaire diminuent, cela n’enraye en rien le succès de ces dispositifs. "Le système d’interruption de carrière et de crédit-temps reste très populaire en Belgique, écrit l’Office national dans une publication interne. En 2018, pas moins de 428.793 demandes ont été introduites, soit le deuxième nombre le plus élevé depuis 2008. Seule l’année 2014 a fait mieux avec 462.956 demandes. Entre 2016 et 2017, on note une baisse de 4%, mais une augmentation de 7% a été constatée en 2018 par rapport à 2017. Cette augmentation se situe principalement en décembre 2018, probablement en réponse à la suppression annoncée des exceptions existantes à la condition d’âge permettant d’accéder à un crédit-temps fin de carrière avec allocations d’interruption."

Les analyses économiques de la Banque nationale


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