Les Brésiliens d'AB InBev donnent un signal d'achat sur le titre

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BRC, le holding grand-ducal des principaux actionnaires brésiliens du premier brasseur mondial, lance la 3e vague d’achats d’initiés depuis le rachat de SABMiller.

Les grands actionnaires brésiliens d’AB InBev se sont portés à l’achat sur les titres du premier brasseur mondial la semaine dernière. BRC, le holding luxembourgeois qui réunit les participations des familles Telles, Sicupira et Lemann dans Stichting AK Netherlands, la fondation qu’ils co-contrôlent avec les grands actionnaires belges, a acquis pour 87,9 millions d’euros d’actions d’AB InBev en trois opérations réalisées entre le 14 et le 16 août.

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Même si les montants représentent peu de choses en regard de la capitalisation du groupe, ils n’apparaissent pas dénués de sens dès lors qu’on sait que BRC n’avait plus acquis d’actions AB InBev depuis trois ans. Le cours du brasseur est historiquement bas depuis des mois; il a atteint son plus bas sur les douze derniers mois le 15 mai dernier, à 78,61 euros. Il se porte un peu mieux depuis lors, allant jusqu’à refranchir la barre des 90 euros le 25 juillet. Ce lundi, il oscillait autour de 87,2 euros. De son côté, BRC a effectué ses trois achats la semaine passée aux prix de 85,77, 86,12 et 86,58 euros.

Trois vagues

On assiste en réalité à la troisième vague d’achats d’initiés importants depuis le rachat du brasseur anglo-sud-africain SABMiller en 2016.

♦ La première s’était produite peu après l’acquisition. Elle était le fait de Bevco, le holding grand-ducal d’Alejandro Santo-Domingo, qui avait amassé pour 530 millions d’euros d’actions en huit opérations. Il s’agissait manifestement, pour l’ancien actionnaire de référence de SABMiller, d’assurer que sa participation dans le nouvel ensemble dépasse un certain pourcentage, synonyme de siège au conseil d’administration du groupe.

♦ La deuxième vague, plus étendue dans le temps, était le fait d’Alexandre Van Damme, qui concentre ses intérêts en AB InBev dans Patrinvest, en amont d’EPS Participations où ceux-ci convergent avec ceux des autres familles belges, les de Spoelberch, de Mévius et consorts. Après avoir acheté pour 104 millions d’euros d’actions AB InBev en 2017, puis 50 autres millions l’an dernier, Patrinvest est reparti à la charge au premier semestre de cette année: il a pris pour 222 millions d’euros de titres supplémentaires, sa dernière opération ayant eu lieu le 22 juin. Ces achats "reflètent la confiance de Patrinvest dans le développement du brasseur", selon la porte-parole de ses détenteurs.

Les Brésiliens semblent donc avoir fait déferler une troisième vague d’achats. On verra ces prochains jours s’ils poursuivent le mouvement et lui donnent de l’ampleur, ou s’ils s’estiment "servis".

Comme les opérations orchestrées précédemment par le holding d’Alexandre Van Damme, on peut interpréter celles de BRC comme un signal d’achat. Ils considèrent plus que vraisemblablement le niveau du cours comme faible, ce qui peut avoir motivé leurs opérations. Si l’on jette un oeil dans le rétroviseur, toutefois, on observera que si tel était son objectif, Patrinvest n’y est pas entièrement parvenu. Des trois achats qu’il a effectués en 2018, pour l’heure un seul s’avère payant en termes de cours: il a en effet payé au prix moyen de 84,223 euros le paquet d’actions de 84 millions acquis le 22 juin dernier.

Ses deux autres réalisations s’étaient avérées nettement plus onéreuses: un prix moyen de 90 euros pour le paquet de 90 millions d’euros acquis en mars, et pire encore, un prix moyen de 95,9 euros pour les titres (47,9 millions d’euros) achetés en janvier. La dernière fois que le cours a atteint 95 euros, c’était le 12 mars 2018.

Des investisseurs de la trempe d’Alexandre Van Damme jouent toutefois sur le long terme. Nul doute que les Brésiliens font de même. Et l’on peut parier qu’à long terme, ils estiment tous jouer gagnant. A 84,2 comme à 95,9 euros par action.

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