MeDirect aussi va doubler les frais de transfert de titres

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Imitant BNP Paribas Fortis, MeDirect va doubler les frais demandés lors d’un transfert de titres vers une autre banque, à 150 euros par ligne. Déraisonnable selon Test Achats, qui demande la fixation de plafonds.

On n’a pas fini de parler de la hausse des frais bancaires. Cela se passe un peu tout le temps, un peu partout. La dernière en date, repérée par Test-Achats, se situe chez MeDirect. La banque a décidé de doubler, à partir du 7 avril, le coût du transfert de titres vers une autre banque, pour le porter à 150 euros par ligne. MeDirect imite ainsi BNP Paribas Fortis , qui en a fait autant au 1er janvier.

"En prévoyant des frais aussi élevés, BNP Paribas Fortis et MeDirect prennent leurs clients en otage", s’insurge Test Achats. L’association de consommateurs y voit une sérieuse entrave à la liberté de mouvement des clients. "Parce qu’un investisseur qui désire un portefeuille de placement diversifié peut facilement détenir cinq lignes de titres ou plus. S’il souhaite transférer ses titres dans une autre banque, il devra cracher 750 euros! Autant dire qu’il y réfléchira à deux fois avant de prendre cette décision."

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"Disproportionnés"

Test Achats ajoute qu’à ses yeux, "ces coûts sont disproportionnés et n’ont que peu de rapport avec le coût réel supporté par les banques. Celui-ci se situe en moyenne entre 25 et 50 euros". L’organisation va d’ailleurs demander à Alexander De Croo, ministre des Finances (Open Vld), et à Kris Peeters, ministre des Consommateurs (CD&V), "de limiter ces coûts en fixant des plafonds", de sorte que les tarifs pratiqués "ne soient pas déraisonnablement plus élevés que ceux réellement encourus par les banques".

On notera que cette hausse de tarifs chez MeDirect interviendra alors que la maison mène une action pour attirer de nouveaux clients en leur promettant de rembourser… les frais de transfert facturés par la banque d’origine, jusqu’à 500 euros.

La hausse des frais est une tendance lourde dans le secteur bancaire. L’un des premiers à l’avoir annoncée est Max Jadot, CEO de la BNP Paribas Fortis. En 2016, il déclarait notamment: "Les marges sur notre activité traditionnelle la transformation des dépôts aux prêts sont sous pression. Cela doit être compensé par des tarifs plus élevés sur les services." Au même moment, la banque doublait (à 700 euros) les frais de dossier liés à un refinancement hypothécaire.

Plus récemment, ce sont les retraits d’argent aux distributeurs (autres que ceux de la banque du client) qui sont devenus payants auprès de plusieurs banques, du moins pour leurs comptes… "gratuits". La semaine dernière, bpost banque a même voulu facturer (50 centimes) les retraits à ses propres distributeurs. Un déluge de critiques l’a poussée à faire machine arrière.

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