Plus de la moitié des Belges refusent le travail après 60 ans

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D’après une enquête réalisée par Tempo-Team, la motivation et le plaisir au travail sont les principaux freins à l’emploi des plus âgés.

Le Belge rechigne à repousser l’âge de son départ à la retraite. Le constat n’est pas neuf. Tempo-Team l’a réobjectivé par des chiffres dans une nouvelle enquête. Seules 25% des personnes interrogées sont partantes pour rester au boulot jusqu’à 67 ans. Moins de la moitié acceptent de travailler jusqu’à 60 ans, même en bonne santé.

Modèle scandinave

Tempo-Team a été plus loin en tentant de comprendre les raisons de cette démotivation des travailleurs âgés. L’étude met notamment en lumière que les salariés travaillent par obligation, pas par plaisir. Et cette notion de plaisir au travail serait pourtant déterminante pour l’allongement des carrières. Un emploi captivant: ce facteur serait sous-estimé par la moitié des travailleurs, et un quart des employeurs. Et pourtant, dans les pays scandinaves, le plaisir au travail couplé à une bonne formation, un encadrement sur-mesure et une bonne motivation des aînés, ont fait leurs preuves. L’allongement des carrières y a été réalisé avec succès. La durée moyenne d’une carrière y est aujourd’hui de 41 ans, contre seulement 32 ans en Belgique…

41 ans
La durée moyenne d’une carrière dans les pays scandinaves est de 41 ans, contre seulement 32 ans en Belgique.

Les entreprises belges n’investissent pas suffisamment pour garder les travailleurs plus âgés, constate Valérie Denis, CSR advisor de Tempo-Team. Moins d’une sur trois adapte le cadre, la teneur et les conditions de travail à l’âge du personnel.

S’inspirer des Scandinaves, c’est ce que Tempo-Team recommande donc à ses clients employeurs et à leurs travailleurs. En portant une attention particulière à la motivation des aînés. Laquelle passe aussi par une bonne collaboration avec leurs collègues plus jeunes. "Mais seule une entreprise sur trois accorde de l’importance à la transmission des compétences", déplore Valérie Denis.

Coacher les jeunes

50%
La moitié des travailleurs belges disent travailler par nécessité, et pas par plaisir…

Ce coaching des plus jeunes par des seniors, l’ASBL Duo for a Job l’a mis en place, en sollicitant les entreprises pour participer à son projet. Ici, il ne s’agit pas de coaching en interne de jeunes collègues, mais de coaching de demandeurs d’emploi issus de l’immigration ou de primo arrivants, par des travailleurs seniors. "Cette personne va pouvoir partager son expérience de terrain, aider les jeunes en situation difficile à se forger un projet professionnel, à accéder à un réseau, ou simplement à rédiger un CV et se vendre sur le marché de l’emploi. Cela valorise le senior, et lui permet aussi de donner un sens à sa fin de carrière", explique Frédéric Simonart (Duo For a job).

Mais pour allonger leur carrière, cela risque de ne pas suffire. Car les travailleurs belges réclament surtout un meilleur équilibre entre emploi et vie privée (60%) et plus d’attention pour la formation et l’encadrement. Ils déplorent par ailleurs être davantage jugés sur des aspects secondaires que sur le contenu de leur tâche. D’après le sondage de Tempo-Team, les travailleurs ne sont pas prêts non plus à faire de concession sur leur salaire ou à perdre des responsabilités…

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