Avec le départ de Didier Reynders, le MR redoute une guerre de succession

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Une période délicate s’ouvre pour le MR bruxellois. Certains cadres redoutent une guerre de succession pour mettre la main sur la tête de liste aux prochaines élections. La relève pourrait cependant créer la surprise.

Le départ possible de Didier Reynders pour Strasbourg où il espère occuper le poste de secrétaire général du Conseil de l’Europe est forcément un sale coup pour les libéraux déjà empêtrés dans le bourbier fédéral depuis que la N-VA a claqué la porte. Mais au-delà de la perte d’un pilier du Mouvement réformateur à quatre mois des élections, le pas de côté du vice-Premier ministre dont le désir de s’éclipser de la scène politique belge est officiellement annoncé, va créer un grand vide à Bruxelles où il ambitionnait de reprendre la Région aux socialistes.

Entre zizanie et tiraillement

Le problème, c’est que le geste posé par Didier Reynders va rapidement soulever la question de la relève. Une question dont la réponse est à double tranchant car évoquer de ce que certains nomment les figures montantes du parti tant en Wallonie qu’à Bruxelles préfigure une période à risque au sein de la famille libérale avec des tiraillements entre les prétendants au trône bruxellois laissé vide par Didier Reynders.

"Il est urgent que Charles Michel et Olivier Chastel prennent les choses en main. Il n’y a pas de logique collective dans ce parti."

"Cette annonce donne assurément un coup de pied dans la fourmilière et cela va certainement remettre en route la machine des personnalités au sein du parti. Il est urgent que Charles Michel et Olivier Chastel prennent les choses en main car cela pourrait rapidement partir dans tous les sens. Il n’y a pas de logique collective dans ce parti", pointe un cadre du parti.

Il suffit en effet de pointer le cas de Bruxelles avec des Vincent De Wolf, Françoise Schepmans, Alain Destexhe dans les starting-blocks pour imaginer les tiraillements si ces trois ténors revendiquent chacun la tête de liste à Bruxelles.

"Le départ de Didier Reynders remet en effet tous les satellites en marche. Cela montre une nouvelle fois qu’au MR, les personnalités passent avant l’idéologie", estime un autre libéral.

Sans surprise, l’épisode du combat entre les reyndersiens et les micheliens revient sur toutes les lèvres et prouve qu’au-delà de la tendance de centre droit du parti, ce sont les personnalités qui priment sur le courant. "Le MR dépend beaucoup de la réussite ou non de ses personnes", reconnaît un autre cador du MR qui rappelle que Didier Reynders a été adulé dans le parti quand il a remporté les élections en 2007. "Mais il a été rapidement critiqué après avoir échoué à mettre sur pied l’orange-bleue". La fronde interne qui a suivi cet échec s’est notamment déclinée par la création du courant Renaissance autour de Charles Michel. "Il s’agit bien d’un groupe autour d’une personnalité et non d’une idéologie", confirme encore ce libéral.

La cocotte-minute bruxelloise

La question que beaucoup se posent maintenant est de savoir si le départ de Didier Reynders va agiter les couches libérales et propulser de nouvelles figures à l’avant-plan de la "vieille" garde? "A priori, cela ne devrait pas trop bouger en Wallonie. Les personnalités (Borsus, Crucke, Jeholet…) quadrillent le territoire. C’est surtout à Bruxelles que cela va jouer des coudes pour se placer en haut des listes."

Le cas bruxellois n’est a priori pas une surprise car l’assise libérale est beaucoup plus contrastée dans la capitale depuis le scrutin d’octobre. Un rapide tour des barons locaux laisse même apparaître une situation en demi-teinte. "C’est vrai que les personnalités en place n’ont pas réussi à émerger. Boris Dilliès a remporté une petite victoire à Uccle et le MR est coupé en deux; Philippe Pivin vient de perdre sa commune à Koekelberg tout comme Françoise Schepmans à Molenbeek. Et il faut se demander si Vincent De Wolf a vraiment convaincu à Etterbeek", analyse un libéral.

Cette photographie chancelante pourrait ainsi faire émerger une nouvelle garde avec des Alexia Bertrand (Woluwe-Saint-Pierre), Clémentine Barzin (Bruxelles-Ville), David Leisterh (Watermael-Boitsfort) ou Gautier Calomne (Ixelles), Laura Hidalgo (Anderlecht) ou Valentine Delwart (secrétaire générale du MR).

Figures montantes wallonnes

Cela dit, si tous les regards sont braqués sur le fief adopté par Didier Reynders après avoir quitté Liège, la Wallonie n’est pas en reste avec quelques belles figures montantes comme Georges-Louis Bouchez (Mons), Alice Leeuwerck (Comines), Adrien Dolimont (Ham-sur-Heure-Nalinnes), Caroline Taquin (Courcelles) ou Gilles Foret (Liège). "Mais dans l’absolu, il y a peu de jeunes. La politique n’attire plus, tellement elle est décriée. Ce constat, on pourrait évidemment le poser pour d’autres partis", veut rassurer un des acteurs du parti qui regrette cependant que ce problème ne soit pas pris à bras-le-corps par les instances du MR. "Au MR, il n’y a pas un management des ressources humaines qui va chercher les jeunes pour les guider. Le MR reste un parti très empirique. Forcément, cela n’aide pas à lancer les jeunes."

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