Les libéraux partiront en campagne électorale avec leur cheval de bataille fiscal

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Si un gouvernement fédéral Michel II doit voir le jour, ce sera pour faire diminuer davantage la pression fiscale, avertissent les libéraux. Qui affûtent leurs arguments avant la très longue campagne électorale qui va s’ouvrir.

Back to basics. Tandis que la campagne électorale XXL 2018/2019 va être lancée, les formations politiques du gouvernement fédéral prennent position sur l’échiquier afin de capitaliser au mieux sur les acquis de l’exécutif et – pour l’écrire platement – transformer tout cela en électeur sonnant et trébuchant.

Côté francophone, les libéraux sont donc au four et au moulin. Il s’agit – et l’affaire est compliquée – de mieux faire passer leur message en Wallonie et à Bruxelles.

Un message, oui, mais quel message?

Il y en a plusieurs, en vérité.

D’abord, le message fiscal. C’est le principal et c’est un refrain qui sonne particulièrement bien aux oreilles libérales: certes, un tax shift a été posé, certes la pression fiscale a, va-t-on répéter, été corrigée à la baisse, mais il en faut plus. "Ce sera très clairement notre cheval de bataille pour 2019", assure un libéral. "Il faut aller beaucoup plus loin en matière fiscale et certainement pour ce qui concerne l’imposition des personnes physiques".

"Nous voulons poursuivre la diminution de la pression fiscale."
Un libéral francophone

Un autre: "On ne va pas dire qu’on n’a rien fait, on va mettre l’accent sur les réalisations, mais on va dire qu’il faut aller plus loin. C’est notre ADN". Et les libéraux avancent les chiffres de la BNB: entre 2014 et 2017, les recettes fiscales et parafiscales sont passées de 45 à 44,2% du PIB. Et les recettes fiscales liées au travail ont, dans cette enveloppe, chuté de 26,3 à 24,8% du PIB.

"Quoi qu’en dise le PS, avec le MR, les impôts baissent et si on nous en donne l’occasion, nous allons aller plus loin, on a rattrapé le handicap salarial, maintenant on veut aller plus loin que les pays voisins". Moins de fiscalité, moins de charges, plus d’emplois, moins de chômeurs et donc davantage de pouvoir d’achat. Ne cherchez plus le slogan libéral pour les campagnes électorales à venir, vous l’avez sous les yeux.

Bref. Voilà du grain à moudre pour la prochaine législature – car il ne fait guère de doute que les quatre partis de la coalition prolongeraient bien l’expérience gouvernementale.

Pour le reste, le champ est relativement ouvert dans les mois à venir pour l’exécutif fédéral.

Il lui reste (encore) à négocier le virage de l’IPO de Belfius et le remplacement des avions F-16, ainsi qu’à détailler la liste des métiers pénibles pour les pensions.

L’introduction en Bourse d’une partie de la banque publique est suspendue à l’aval de la Commission européenne sur le dédommagement des coopérateurs Arco. La commissaire Vestager est en contact étroit avec les services du Premier ministre et on attend le verdict de la Commission.

Côté francophone, la portée politique du dossier ne revêt pas la même importance que côté flamand mais, l’un dans l’autre, même si l’exécutif européen empêche un dédommagement des coopérateurs, la banque devrait entrer en partie en Bourse.

Pas question que le gouvernement se mette dans l’illégalité en dédommageant des coopérateurs si l’Europe le lui interdit. En revanche, la banque devra entrer pour partie en Bourse. Ce qui – symboliquement – pourrait aussi faire descendre l’endettement de la Belgique sous la barre des 100% du PIB.

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Deux autres dossiers à gérer idéalement d’ici les vacances. Celui de la définition précise des métiers pénibles pour la pension; les discussions sont entamées avec les syndicats. L’exécutif discute avec CSC et CGSLB mais avec la FGTB, les couteaux sont définitivement tirés. Au-delà de la pénibilité des métiers, certains, au sein de la majorité fédérale, jugent que le gouvernement n’a pas été suffisamment loin au cours de la législature avec les syndicats – par exemple en leur ôtant le paiement des allocations.

"C’est à analyser et c’est une piste éventuelle à explorer pour une autre législature", souffle un libéral. Cette voie-là n’a jamais été explorée par la coalition dans le but de préserver le CD&V, très lié au syndicat chrétien flamand, mais au sein de ce parti, les mentalités évoluent. Ainsi, le vice-Premier ministre Kris Peeters n’attend plus grand-chose de l’ACW. "Kris Peeters est progressivement revenu à ses fondamentaux de centre droit", dit un observateur des us et coutumes gouvernementaux. "Il vient des classes moyennes, c’est son cœur de cible et son électorat". À confirmer.

À côté des pensions et de Belfius, le Fédéral doit trouver une issue au dossier du remplacement des F-16 et – sincèrement – c’est le dossier politiquement pourri par excellence. S’il sort des clous de la procédure et penche pour l’offre française du Rafale, l’exécutif prend le risque plus que probable de se faire crucifier juridiquement et s’expose à des pénalités très importantes exigées par les candidats ayant suivi la procédure normale. S’il écarte la proposition française, le gouvernement se verra reprocher de ne pas avoir correctement considéré la proposition d’un pays ami. Avec ce dossier, comme un crabe, le gouvernement est pris dans la nasse.

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