10 grandes entreprises prêtes à délocaliser

Belga ©BELGA

Les signaux d’alerte se multiplient pour la Belgique. Le nombre d’entreprises étrangères qui ont des projets d’investissement en 2013 chute. Et un nombre croissant d’investisseurs envisage de quitter le pays.

"SOS. Navire en difficultés. Mer de plus en plus houleuse". Permettez-nous cette métaphore maritime: elle reflète bien l’état de l’attractivité de la Belgique aux yeux des investisseurs étrangers, selon un sondage réalisé pour le compte d’Ernst & Young.

Il s’agit donc d’une enquête de perception, réalisée auprès de 205 entreprises internationales (dont 60% sont déjà présentes en Belgique). Conclusion: le bateau belge reste solide. Mais les vents contraires s’accumulent, menaçant à terme de faire chavirer l’embarcation.

• Commençons par le positif. À peine 17% des chefs d’entreprise interrogés sont d’avis que la Belgique est insuffisamment armée pour traverser la crise. Notre pays reste une terre d’investissement fiable et dynamique. L’étude cite nos points forts habituels (formation de qualité, pouvoir d’achat, présence d’institutions internationales, etc). Les agences d’investissement et la commission de ruling sont aussi considérées comme très efficaces. Dans les prochaines années, les principaux investissements seront réalisés dans la recherche (44%) et la logistique (24%). Les secteurs pharma et biotech sont considérés comme des atouts majeurs.

Bruxelles, plébiscitée par 36% des investisseurs, est, pour la première fois, perçue comme plus attractive que la Flandre (33%), et loin devant la Wallonie (14%). Mais le beau résultat de la capitale est faussé par la renommée de la marque "Brussels" auprès des entrepreneurs étrangers qui ne sont pas présents dans notre Royaume. Les deux autres Régions sont quasiment "terra incognita" pour eux. Vu de loin, ils ne perçoivent d’ailleurs pas quelles sont les différences entre les différentes entités.

• Voyons maintenant ce qui est plus négatif. Les signaux d’alerte se multiplient. Le nombre d’entreprises étrangères qui ont des projets d’investissement en 2013 chute à 20%, loin derrière la moyenne européenne (38%) ou le score de 2010 (30%). Pour la première fois depuis la création du baromètre en 2005, il y a davantage d’entreprises qui n’ont pas investi au cours des trois dernières années que d’entreprises qui ont investi.

Délocalisations

Plus inquiétant encore: un nombre croissant d’investisseurs envisage de quitter la Belgique. À peine 84% d’entre eux sont encore à peu près sûrs de rester, soit un recul de 7% par rapport à 2012. 8% envisagent de délocaliser. "On peut raisonnablement penser qu’une dizaine d’entreprises présentes dans notre pays vont délocaliser leurs activités", souligne Ernst & Young. 9% des entreprises interrogées ayant une activité industrielle déclarent qu’elles ne produiront plus dans notre pays dans 10 ans.

Pour expliquer cette désaffection, le baromètre d’Ernst & Young pointe nos faiblesses traditionnelles: pression fiscale, coûts salariaux, paperasserie, etc. Ce qui laisse penser qu’avec la crise, elles sont moins supportables pour des entreprises dont la rentabilité est sous pression.

Si le capitaine Di Rupo veut redresser la barre, il doit prendre des mesures structurelles, et non pas ponctuelles, en conclut Ernst & Young. La première priorité aux yeux des investisseurs est de diminuer les charges salariales. Piquant: les sondés ne condamnent pas l’indexation automatique des salaires en tant que telle, dans son principe (seulement 2% la mettent uniquement en cause). Ce sont plutôt ses effets sur les coûts, associés aux cotisations sociales élevées, qui sont pointés du doigt. Autrement dit, l’indexation est surtout rejetée par pragmatisme économique et pas par idéologie.

Passons d’une thématique controversée à une autre pour évoquer les intérêts notionnels. Remanié plusieurs fois ces derniers mois, le système reste très apprécié, par trois quarts des multinationales. Ernst & Young conseille toutefois vivement de ne plus jouer avec les nerfs des investisseurs: les changements incessants du mécanisme et l’incertitude sur son devenir sont préjudiciables.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content