AmCham : "Ne plus toucher aux notionnels"

Scott Beardsley, président de l'AmCham en Belgique. © Van Hoof ©Sofie Van Hoof

Une fois par an, la Chambre de commerce américaine en Belgique (AmCham), formule ses recommandations à l’adresse du monde politique belge. Quatre domaines sont passés au crible.

Les recommandations de l’AmCham portent sur quatre domaines principaux : le marché de l’emploi, la pression fiscale sur les entreprises, la recherche et développement et, enfin, l’énergie.

1. Marché de l’emploi. L’AmCham estime que les charges patronales sont "dramatiquement élevées" en Belgique. Les niveaux de contributions de sécurité sociale atteignent environ 35% du salaire brut. Compte tenu des nombreuses possibilités d’obtenir des taux réduits (pour les jeunes ou les chômeurs par exemple), l’AmCham propose d’harmoniser l’ensemble de ces dispositifs en tendant vers un taux unique de 29%. Elle se dit en outre inquiète à propos de la future harmonisation des statuts entre ouvriers et employés, "qui pourrait bien résulter dans une augmentation des coûts pour les employeurs". Enfin, la Chambre de Commerce réitère son souhait de voir l’indexation automatique des salaires abandonnée. Censé protéger les bas salaires, ce système pénalise en réalité ceux-ci, comme l’a montré récemment une étude réalisée par l’Ires, le service d’études de l’UCL.

2. L’impôt des sociétés. Les aménagements successifs des intérêts notionnels agacent au plus haut point les employeurs américains présents en Belgique. "Il est temps de mettre fin à cette controverse nuisible." L’AmCham plaide pour que les intérêts notionnels, qu’elle considère comme "une incitant majeur pour les multinationales désireuses de s’installer en Belgique", soient "conservés dans leur forme actuelle le plus longtemps possible". Supprimer les intérêts notionnels ne serait envisageable que moyennant par une réduction drastique du taux – actuellement de 33,99% - de l’impôt des sociétés.

3. Recherche et développement. La Chambre de commerce félicite la Belgique pour les incitants qu’elle prévoit pour stimuler la recherche. Il s’agit principalement d’une exemption partielle des cotisations patronales pour les chercheurs et du régime fiscal spécifique pour les brevets. Mais les procédures pour obtenir ce coup de pouce sont souvent lourdes et complexes, déplore l’AmCham. Une simplification du dispositif serait dès lors appréciée.

4. Energie. Une récente étude de Deloitte montre à quel point les prix énergétiques élevés en Belgique menace la compétitivité des entreprises. En 2013, la facture moyenne est de 48 EUR/MWh en France, contre 66 EUR/MWh en Flandre et 81 EUR/MWh en Wallonie. Contrairement aux pays voisins, la Belgique ne propose pas de tarifs régressifs pour les industries intensives en énergie. "La Belgique doit réformer ses taxes sur l’énergie afin de pouvoir proposer des prix compétitifs", plaide l’AmCham.

Enfin, les entreprises américaines présentes sur notre territoire sont sensibles à l’environnement politique qui leur est proposé. "Les entreprises vont suivre de près les développements au plan politique, en particulier l’impact sur les taux d’intérêt. Ils souhaitent que l’on évite un blocage durant la période qui arrive", prévient Scott Beardsley, président de l’AmCham en Belgique.

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